Périple présidentiel : La fuite… vers l’Orient ?

a la une de site 787Le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz est  à sa dixième journée de son périple dans les deux régions orientales du pays, le Hodh Echarqi et le Hodh El Gharbi. En amont de la visite, on en a, peut-être, un peu trop parlé. Au cours, un peu moins. Et en amont, on ne risque pas de  beaucoup en parler. Le périple s’apparente plus à une lugubre armada romanesque qui ne fera certes pas date dans l’histoire des visites républicaines ni monarchiques.

C’est supplice ou presque, sans raison objective. Ni pour le premier citoyen du pays, ni pour les populations visitées et donc mobilisées, pour l’occasion, à accompagner l’hôte entre monts et vals.

Le président n’a fait aucune annonce spectaculaire. Il n’a inauguré le démarrage effectif d’aucun projet structurant ou même de service public lors de son périple. On a évoqué, c’est vrai, l’usine laitière, dont le décret de création a été adopté récemment au cours d’un conseil des ministres, justement, en amont de cette visite. Mais, on est encore en phase préparatoire de l’avant-avant projet.

C’est une affaire qui risque de ne pas voir le jour de sitôt, si on procède par analogie à tous les mégas projets annoncés en grande pompe depuis 2009, et qui, jusqu’à ce jour ne parviennent pas à se produire.

Hormis, le projet d’Aftout Echarqi, dont le financement est assuré par les bailleurs de fonds, et  qui est en cours d’exécution, la quasi-totalité des projets annoncés sur les frais de l’Etat connaissent rarement ou presque pas de fin heureuse. ‘’ Aucun projet financé sur le budget de l’Etat, depuis 2009, n’a été finalisé, confie un entrepreneur à Biladi. L’Etat ne paie tout simplement plus, dit-il.’’ ‘’ Dans le secteur de BTP on ne peut pas compter le nombre d’ouvrages dont l’exécution s’enlise à cause, surenchérit cet opérateur économique, ou bien de l’incompétence de la nouvelle administration ou bien de l’irresponsabilité des décideurs.’’

‘’En tout cas, la visite des deux Hodhs n’a pas servi à dégommer  cette mauvaise image que ne cesse de cultiver l’administration d’Ould Abdel Aziz à Nouakchott, chuchote-t-on dans les sphères des affaires nouakchottoises. On n’a rien vu qui puisse redonner un quelconque espoir.’’ Il faut bien qu’il y ait une raison tout de même pour ce périple. En l’absence d’un discours officiel devant les populations, une habitude, qui jusqu’à une date récente habitait pourtant l’actuel président, on ne saurait faire dire à un président ce qu’il a, lui-même, tu délibérément.

L’image retransmise par la télévision publique mauritanienne ne cesse de reproduire la même mise en scène. Un président qui salue à peine, comme pour éviter  une contagion mortelle en serrant la main d’un compatriote. Des réunions, dit-on, avec les cadres des régions, qui versent dans des généralités, ou des choses qui n’ont rien d’essentielles. On n’en retient, de toutes les façons, aucun intérêt apparent.

Circulez, rien à voir…

Le président était attendu, il faut le signaler, sur beaucoup de dossiers, autant de questions. La plus actuelle est celle de la crise qui fait rage à Zoueratt et Nouadhibou et menace l’existence d’un fleuron de l’économie nationale, la SNIM, où un mouvement de grève s’éternise depuis plus de quarante cinq jours. Ironie du sort, qu’on ne saurait comprendre, ce même président, trop enclin aujourd’hui à s’enquérir de la situation des populations, a été témoin passif à l’éclatement de cette crise.

Il était, alors, au moment où la grève naissait et se durcissait,  au cœur de la cité minière, lui, à côté, à quelques campements près, en villégiature princière avec son comparse et homme à tout faire le maire de Zouerate. Il aurait pu, pendant qu’il y était, réservé, au moins une petite pensée à ces milliers de travailleurs floués par les promesses non tenues par l’administrateur de la SNIM.

A l’Est du pays, les populations vivent sous le poids d’une période de soudure anticipée par une mauvaise pluviométrie. Qu’a-t-il apporté dans ses valises, en dehors des promesses ? Concrètement et pour venir en aide à des populations, dont l’essentielle de la richesse animalière a été décimée par à la bande frontalière entre le Mali et la Mauritanie.

Ne pouvant pas rester en territoire national, le malien de la frontière proche est frappé par la même sécheresse, plus loin dans les terres maliennes prévaut, on le sait, l’insécurité d’une guerre sans fin ni terme. Que faire ? Et vers où conduire le bétail affamé et assoiffé, pour le prémunir contre les tenailles de la terreur et la misère ? Vers un président qui fuit déjà d’autres problèmes d’autant plus cruciaux que vitaux ?

On aurait, au moins espéré, là-bas, que les populations de l’Est trouvent, à l’issue de ce périple présidentiel,  une réponse qui soulage  leurs moult inquiétudes sur le sort précaire de leur patrimoine animalier, en cette néfaste année de sécheresse. Ou bien la destination de l’Est n’aurait été qu’une fuite des soucis du nord. Tout comme le serait la destination du Sud, une fuite des déboires et ratés de l’Est !

Source: Alakbar

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