« Peut-on vraiment lutter pour la promotion des couches défavorisées sans porter atteinte à la paix civile ?

contribution - plume

Peut-on rechercher plus d’équité entre les populations de ce pays sans dresser les catégories de citoyens, les unes contre les autres ? Peut-on revendiquer l’égalité, la justice, la démocratie et tout ce qui peut nous passer par la tête sans renoncer à la paix sociale, à l’Etat mauritanien ? Peut-on valablement lutter contre les inégalités sans commettre le crime sacrilège de brûler des ouvrages islamiques et, partant, heurter la conscience de nombreux musulmans à l’intérieur du pays et à l’étranger ?

La lutte pour le triomphe d’idéaux aussi nobles que l’équité et la démocratie ne doit pas être altérée, je crois, par ces impuretés qui, aujourd’hui, font que Biram et ses camarades de l’IRA ont une grande partie de l’opinion sur le dos.

Même si je connais bien des compatriotes qui réprouvent – à juste raison- l’arrestation de militants de droit de l’Homme, j’en connais aussi qui, en même temps, dénoncent les méthodes de Biram qu’ils jugent provocatrices, sarcastiques, voire violentes. 

J’en connais qui, se fondant sur ces mêmes méthodes empreintes d’extrémisme, accusent Biram et l’IRA d’agir en connivence avec Israël qui les aurait chargés de provoquer une guerre civile dans ce pays qui a osé rompre avec Tel Aviv. Vrai ou faux ? Je ne sais. 

Mais ce qui est sûr, c’est que la récente arrestation de Biram et ses camarades a été pour certains milieux bien connus ici l’occasion de vilipender les maures, de les insulter et de les traîner dans la fange. 

Sans raisons. Sans raisons parce que, à ma connaissance, il n’y a plus de nos jours, de milieux maures hostiles à la libération des anciens esclaves ni à l’égalité entre tous les Mauritaniens. Cette levée de boucliers a été si bien immédiate que certains ont été amenés à penser qu’il s’agit d’une action qui se tramait depuis déjà bien longtemps et que l’arrestation des responsables de l’IRA n’a été qu’un alibi et un faux alibi.

Quoi qu’il en soit, je suis d’avis que, dans notre écrasante majorité, nous militons pour l’égalité de tous et pour l’émancipation de l’ensemble des opprimés. Cela étant, nous ne sommes pas censés avoir intérêt à nous entredéchirer ni à nous tirailler. Il n’y a pas alors de raisons à nous laisser prendre gratuitement au dangereux piège de la division.

Ely Abdellah 

Source : Ely Abdellah

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