PLAIDOYER POUR UNE MAURITANIE EGALITAIRE, DEMOCRATIQUE ET TOURNEE VERS L’AVENIR

SCENE POLITIQUE - RIMWEB.NETAujourd’hui, l’heure est grave, notre pays vit une situation difficile et incertaine quant à son avenir à cause des militaires qui ne renoncent à rien quitte à hypothéquer l’avenir de tout un peuple. Comme on dit « à quelque chose de malheur est bon » ; c’est vrai que renoncer à participer à des élections c’est une décision lourde et difficile pour un parti politique mais dans ce cas de figure le jeu en vaut la chandelle. En effet, cette situation que nous impose nos valeureux généraux peut nous permettre de poser les fondements d’une vraie démocratie si chacun de nous accepte d’assumer ses responsabilités. Ce ne sont pas des élections qui vont sortir la Mauritanie de cette situation catastrophique qui menace aujourd’hui l’unité nationale. C’est toute la Mauritanie dans son ensemble qui doit se mobiliser pour sauver notre cher pays de la désintégration qui la guette.  Au lieu de souder notre peuple, uni par la religion (l’islam), les régimes militaires successifs n’ont trouvé mieux que de diviser et d’exploiter  les mauritaniens pour leurs ambitions personnelles, mesquines et sordides. Aujourd’hui, cette situation a atteint son paroxysme et que c’est toute la Mauritanie qui subit ces affres à des degrés divers. La situation actuelle nous oblige de regarder cette vérité en face pour pouvoir l’affronter. Pour moi, nous ne devons pas indexer une communauté d’être responsable de ce qui se passe dans le pays, mais ce sont ces hommes en treillis qui nous dirigent et qui sont responsables de tous nos malheurs.

Les autorités mauritaniennes doivent savoir que faire la paix est un attribut de lasouveraineté. En effet, La question qui se pose c’est de savoir : Comment éviter une rechute du pays dans la zone grise de la barbarie des années 90 ?, Comment faire vivre en bonneintelligence, tous les mauritaniens, en reconnaissant à toutes les composantes du pays, le droit de vivre dans la liberté, la citoyenneté et la dignité ? Tels sont les immenses défis que lesmauritaniens devront relever après l’échec des régimes militaires qui se sont succédés depuis 1978.

 

Le problème le plus urgent c’est d’abord celui de l’esclavage qui fait honte à toute notre nation, il y a ensuite, le problème de discrimination et du racisme d’Etat que les militaires ont instauré comme règle en Mauritanie ; ce funeste projet a été inauguré par le régime de Taya et il a atteint aujourd’hui son point culminant avec cet enrôlementbiométrique qui s’apparente à une purge ethnique. Aujourd’hui, les populations mauritaniennes vivent une situation difficile à cause d’un amateurisme politique et l’absence d’une réelle politique de décentralisation, ce qui prouve le degré intellectuel très bas de nos dirigeants. Il suffit de jeter un regard sur ce qui se passe dans nos régions où les ressources naturelles sont exploitées, pour s’en rendre compte : A Tiris Zémour et Inchiri, les populations de ces régions sont confrontées aux difficultés socio-économiques les plus extrêmes et s’y ajoutent des problèmes d’ordre sanitaire et environnemental qui sont les conséquencesdirectes des exploitations minières qui se font dans ces régions et pourtant l’ADG de la SNIM ne cesse de se venter que la SNIM a réalisé un chiffre d’affaire de plus de 40 milliards d’Ougouyas en 2012 et les populations locales n’ont eu que la poussière et des maladies. Les villes de la bande côtière que sont Nouakchott et Nouadhibou n’en profitent pas elles aussides montagnes d’argent versées par les pays qui pillent nos ressources halieutiques avec la bénédiction des autorités mauritaniennes. Les régions de l’est qui sont pastorales et celles de la vallée du fleuve sont tout simplement oubliées. Voici le tableau peu reluisant de la Mauritanie des militaires.

Ce que je ne comprends pas, c’est le silence de Messaoud ould Boulkheir (dirigeant APP) et Ibrahima Sarr (AJD) qui se disent plus patriotes que les pères fondateurs de la Mauritanie face à la décision des autorités mauritaniennes de débloquer plus de 4 milliards d’ougouyas et de distribuer ça aux partis qui participent aux élections. Avec 4 milliards d’ougouyas, nous pouvons réaliser 180 forages sur toute l’étendue du territoire. Mais aussi les dirigeants de Tawassoul qui se croient plus saints que les saints n’ont pas dénoncé cet acte. Tout le monde sait que ces 4 milliards d’ougouyas c’est l’argent du peuple mauritanien et que parmi ce peuple : il y a des orphelins, des handicapés, des malades, des gens qui n’ont pas d’eau, d’autres qui ne mangent pas à leur faim, bref des miséreux. A ce que je sache, aucun de ces responsables politiques n’a dénoncé cette dilapidation des biens de l’Etat.

Pour un Etat qui aspire à la démocratie, avoir un régime militaire c’est une malédiction. La Mauritanie occupe aujourd’hui la dernière place derrière le Yémen en matière de progrès et sur le plan sanitaire nous occupons la dernière place après la Somalie qui est pourtant en guerre civile ; ça suffit pour dire qu’un régime militaire c’est toujours un échec.

Il est urgent que toutes les bonnes volontés se retrouvent pour débattre de ces problèmes qui risqueront dans un future proche de remettre en cause l’existence même de notre pays si des solutions adéquates ne sont pas apportées. Aucune personne ou communauté dans le monde n’accepte aujourd’hui d’être soumise dans l’esclavage, les pratiques discriminatoires ont atteint leurs limites et les populations qui vivent dans les régions où on extrait les ressources naturelles ne vont plus accepter que les revenus qui proviennent de ces ressources soientdilapidés ou détournés au lieu de servir au développement du pays en général et de cesrégions en particulier.

Compte tenu de cette situation chaotique que nos vaillants militaires nous ont soumise, il est urgent que les partis politiques, la société civile (IRA compris), les syndicats et le peu d’experts que nous avons se retrouvent pour faire le bilan de nos cinquante-trois ans d’indépendance et d’imaginer une autre Mauritanie que celle que nous connaissons avec les militaires tout en exigeant une période de transition n’excédant pas 15 mois où la Mauritanie est représentée dans sa diversité. Cette transition doit nous permettre de mettre en place de véritables institutions démocratiques reflétant les réalités mauritaniennes. Aujourd’hui, il n’y a que deux pays dans le monde qui sont dirigés par des militaires : LA MAURITANIE et lAGAMBIE ; le troisième Etat, la Birmanie où une gente militaire dirigeait le pays en main de fer, s’est rendue compte que l’ère de KAKI est révolue et elle a fini par remettre le pouvoir aux civils. Il nous faut un toilettage de nos institutions car elles sont obsolètes et en décalage total avec les réalités du pays. Le cœur de ce débat que je propose doit-être : l’éradicationpure et simple de l’esclavage avec de vraies mesures d’accompagnement pour les victimes de cette barbarie, la question de la cohabitation harmonieuse entre toutes les composantes du pays et une décentralisation très approfondie avec comme conséquence une suppression pure et simple des gouverneurs et des préfets en les remplaçant par de simples délégués représentant de l’administration centrale tout en érigeant les régions en collectivités territoriales, les départements et les communes en collectivités locales.

La Mauritanie ne peut être ni égalitaire ni développée sans une décentralisation approfondie. C’est avec la décentralisation que les populations locales seront les acteurs de leur développement et elles auront leurs mots à dire sur la conduite des affaires dans leurs localités. Un simple exemple pour étayer mon raisonnement : si par exemple 20% des revenus de la pêche sont reversés aux autorités régionales élues au suffrage universel direct et la même chose pour les zones où on extrait les minerais, ces régions n’allaient pas se retrouver dans cette situation lamentable. Les 80% des revenus restant versés directement dans les caisses de l’Etat en toute transparence, cette répartition devra être explicitement mentionnéedans la constitution comme a fait le Ghana et ce pays est sorti des pays sous-développés. Il faut que tout le monde sache où et comment sont dépensés les milliards d’ougouyas qui appartiennent au peuple mauritanien. Le contrôle citoyen sur l’action publique ne peut en aucun cas se faire sans une réelle décentralisation car c’est-à partir de là qu’on va assister à l’émergence d’une société civile capable de s’ériger en contre-pouvoir contrairement à la horde d’ONG que nous avons aujourd’hui et qui sont à la solde du pouvoir. Les autorités publiques à commencer par le président de la république ainsi que les élus ont l’obligation de rendre compte au peuple souverain de leur gestion de la chose publique. Le peuple est beaucoup plus fort que les militaires donc, soit ces derniers(les militaires) comprennent qu’ils ont fait leur temps en exploitant ce peuple ci-docile pendant 35 ans si non ce même peupledoit leur montrer où se trouve la sortie. Ce n’est pas avec ces gens que la Mauritanie sortira un jour du sous-développement.

         

Le destin des mouvements mauritaniens de démocratisation semble montrer que l’effort d’émancipation des peuples, leur tentative de reconstruire leur propre histoire, de reprendre l’initiative en choisissant et en contrôlant leurs dirigeants est brisée, captée et récupérée par une élite militaire active en compétition pour le monopole du pouvoir et de ses privilèges. Cette situation atteste de la pérennité de la conception traditionnelle pré-colonialede l’ordre politique comme ordre inégalitaire et hiérarchisé. Le monopole des pouvoirs politique et économique, le mode de consommation ostentatoire, l’étalage du luxe et de la richesse personnelle, la redistribution clientéliste du produit national selon le principe du lien de dépendance personnel, par lequel le dominant se construit un réseau d’obligés, sont autant de pratiques qui attestent d’une pérennisation active de la culture d’inégalité de ceux qui dirigent la Mauritanie. C’est justement cette façon de gouverner qui a conduit l’ancien président tunisien Ben Ali à l’exil et Moubarak sa destitution.

 

Comme que nos autorités ont failli à leur mission, nous devons le plus vite possible, dégager ce qui unit le peuple mauritanien et écarter tout ce qui la divise. Tel est le prix que notre classe politique devra payer, politiquement, pour sortir le pays du cycle infernal de l’anarchie qui n’a fait que trop durer. Nos vaillants militaires ne voient pas ces dangers qui nous guettent et que c’est normal car ils sont censés protéger nos frontières nationales et non s’immiscer dans la politique.

Les autorités mauritaniennes, à voir de près naviguent à contre-courant de l’histoire, dans un monde où la puissance économique et politique appartient aux grands ensembles sous régionaux. C’est une grande erreur que de vouloir vivre en 2013 autarcie. Et comme disait l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane dans son roman Aventure Ambigüe : « l’ère desdestinées singulières est révolue. On ne peut plus vivre de la seule préservation de soi ». Cetteparagraphe c’est pour souligner la stupidité de nos dirigeants qui font tout pour nous couper de notre région naturelle (Afrique de l’ouest). Ce que nos autorités ne comprennent pas, c’est que le seul cours d’eau que nous possédons c’est le fleuve Sénégal et que nous ne contrôlons ni son amont ni son aval. Si aujourd’hui, la Guinée décide de détourner les chutes d’eau deFouta Djalon, c’est la mort assurée du fleuve et ça sera disparition pure et simple de la Mauritanie. C’est pour dire que nous devons être humble et avoir du respect pour nos voisinset non du mépris. C’est la CEDEAO qui devait dire qu’elle ne veut pas de la Mauritanie et non le contraire. A bon entendeur salut.

La Mauritanie est l’otage des militaires, mais 35 ans de pillage de nos ressources suffisent comme rançon. Mobilisons-nous et exigeons à l’unisson notre  liberté et n’oublions pas que la liberté s’arrache et l’égalité se revendique.

 

sambaardo@yahoo.fr

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