Plainte de l’ex PCA de Mauritania Airways contre des hauts fonctionnaires

Mauritania AirwaysIl vise notamment le commissaire à la retraite, Fodé Dramé, ex responsable de la police chargée des investigations sur les infractions à caractère économique, le commissaire Sidi Ould Baba El Hassan, Directeur de la Sûreté d’Etat (DES) et Cheikh Baba Ahmed, ex procureur de la République prés le tribunal régional de Nouakchott.

Le plaignant accuse l’ex directeur de la police chargée des investigations sur les infractions à caractère économique « de faux et usage de faux en écriture publique ». Il lui reproche notamment « la falsification » du procès verbal d’audition établi dans le cadre  de  l’enquête préliminaire ayant précédé son placement en détention début 2013.

Quant au responsable de la police politique et au magistrat, l’ex PCA soutient qu’ils sont  les instigateurs de la détention « arbitraire » dont il a été victime entre le 05 février et le 09 mai 2013, pour avoir eu un tête à tête de plus de 4 heures d’horloge le jour de son placement sous mandat dépôt.

L’arrestation de Mohamed Ould Debagh a été précédée d’une procédure de mise en liquidation de la compagnie aérienne Mauritania Airways par  le tribunal de commerce de Nouakchott. Mesure prise alors  que   tous les responsables tunisiens, véritables gérants de la société, se sont volatilisés dans la nature.

Décidées « à  enquêter sur  les conditions de faillite » de la compagnie,  les autorités mauritaniennes prennent alors  un  raccourci  en visant le PCA.

Peu importe le fait que ce  responsable soit  dépourvu de  prérogatives en matière de gestion.

Mohamed Ould Debagh se retrouve dans les liens d’un chapelet d’accusations: «dissipation d’actifs, non tenue de comptabilité régulière  faillite frauduleuse…». Il est  placé en détention provisoire pendant 3 mois et 6 jours.

Pourtant au cours de son audition préliminaire, il a clairement expliqué aux enquêteurs n’avoir jamais eu à gérer la compagnie aérienne en faillite, se cantonnant exclusivement à sa qualité de PCA.

Une seule fois il a demandé à  Mauritanie Airways  de  transporter  des troupes dans des circonstances particulières. C’était pendant les affrontements  entre l’armée nationale et des groupuscules terroristes islamistes en territoire malien en 2010, avec à la clé une facture entièrement réglée sur  les deniers du Groupe BSA.

Mais au-delà des arguments portant sur la forme et le fond de ses différentes plaintes,  les chances d’aboutissement de la  démarche de l’ex PCA de Mauritania Airways sont nulles. On a la quasi-certitude qu’elles  seront classées sans suite.

Mais l’intérêt de sa stratégie  sur le plan du droit,  est de permettre « une interruption des délais de prescription », explique un avocat proche du dossier.

Par ailleurs, au même  moment, la Fondation Bouamatou  (présente dans le domaine de la lutte contre  la cécité grâce à un hôpital ophtalmologique de référence) compte  assigner en justice l’ancien gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM), et actuel ministre des affaires économiques et du développement.

L’institution  soutient avoir été privée il y a quelques années,  d’un virement de 400 millions d’ouguiyas, soit plus d’un million d’euros, don provenant des dividendes  de l’homme d’affaires et banquier, Bouamatou,  dans le cadre de l’exploitation de la Mauritano-Tunisienne des Télécommunications (MATTEL).

Une  enveloppe bloquée depuis lors par  la BCM « sans explication ».

Au rayon de la  série des différends entre le Groupe BSA et les  administrations publiques, figure également le conflit entre le fisc et  la Compagnie Générale d’Automobile (CGA)-concessionnaire des véhicules  Nissan et Volvo, fermée depuis quelques mois.

 Une autre affaire pendante devant la justice.

Ainsi, l’action combinée   du vice président de BSA contre  le commissaire à la retraite, le DES et l’ancien procureur de la République, apparaît comme un nouvel épisode dans la guerre sans merci que se livrent deux ex alliés,  le président Mohamed Ould Abdel Aziz et le banquier  Mohamed Ould Bouamatou, en exil doré à Marrakech (Maroc) depuis prés de 4 ans.

Source : FINANCIALAFRIK

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