Plainte présidentielle pour diffamation : Ould Abdel Aziz sur la défensive !

Vingt jours se sont écoulés sur cette sortie impromptue de la COD contre le président de la République, dans laquelle, elle exige des explications urgentes de l’homme fort de Nouakchott ainsi que de arcanes de son système sur les présumées accusations régulièrement relayées par les médias sur des supposées implications à caractère narcotique de Mohamed Ould Abdel Aziz avec des réseaux de trafic de la drogue, pressant le chef de l’Etat de lever le coin de voile sur ces graves charges.

Equipe plainte aziz Sans se précipiter dans le démenti catégorique de ces inculpations, le dirigeant mauritanien qui tient fermement à asseoir son pouvoir et à préparer sa reconduction pour un second quinquennat présidentiel en veillant à soigner au bien son image fortement écornée auprès d’une opinion assaillie par les communiqués de ses opposants, vient de porter plainte pour diffamation contre le député français Noel Mamére, principal auteur de ces accusations.

Une procédure judiciaire de portée internationale destinée à laver l’affront subi mais visant aussi, si elle a les moyens de ses ambitions, à porter un sérieux discrédit à la COD, laquelle surprise récemment du prompt rétablissement d’un chef d’Etat qu’elle donnait pour infirme pour le restant de sa vie, pourrait aussi être otage de fausses pistes sur son ennemi juré toujours au plein de sa forme, même si par les temps qui passent, et au vu des risques élevés sur sa propre sécurité, Ould Abdel Aziz a, contrairement à son habitude, la phobie des bains de foule.

En refusant de se prononcer publiquement sur ces accusations de liaisons avec les barons narcotrafiquants et en mandatant l’avocat Eric Diamantis pour poursuivre en justice le député pour diffamation, Ould Abdel Aziz tient, comme à sa sortie de sa convalescence à l’Elysée depuis sa chambre de convalescence à l’hôpital Percy de Clamart, à montrer qu’une fois encore, après s’être leurrées sur sa fausse mort, puis sur son renversement du pouvoir, ses opposants se trompent de nouveau en cherchant à l’accabler par des charges nulles et non avenues.

Certes, le député français ne mâche pas ses affirmations, mais seules les preuves irréfutables font foi en lieu et place de présomptions de tout acabit surtout quand ils proviennent de protagonistes politiques mauritaniens fermement hostiles l’un à l’autre, au point de rejeter la moindre concession pour fumer ensemble le calumet de la paix et mettre la main dans la main pour mener le pays vers la berge du salut, préférant plutôt verser dans les inimitiés stériles aux dépens de l’intérêt général.

Rappelons que le député français (Europe Ecologie-Les Verts), avait accusé à plusieurs reprises ces dernières semaines, le président de la république de « parrain de la drogue » avant de susciter des interrogations chez la COD, elle aussi intriguée par le mutisme du pouvoir sur ces charges « « qui garde le silence, consentit» a requis des éclairages de l’homme fort de Nouakchott.

Cette plainte au pénal pour diffamation déposée à Paris lundi dernier par les avocats de Mohamed Ould Abdel Aziz Eric Diamantis et Jemal Ould Mohamed, du cabinet Watson, Farley & Williams pour aller jusqu’au bout » des poursuites contre le parlementaire français, même si elle n’est pas une réponse indirecte aux doutes de la COD, peut être considérée comme une arme à double tranchant à travers laquelle le président cherche à tout prix à remporter une autre manche contre ses opposants, mais faut-il que cette accusation soit totalement infirmée et que son auteur condamné malgré son immunité parlementaire relative pour que l’opposition prenne une fois encore conscience de ses balbutiements précipités.

Enfin, est-on également en droit de savoir, si ces accusations contre le président de la république, citées aussi par l’opposant en exil Moustapha Limam Chaavi n’ont pas suscité de la part du pouvoir d’autres poursuites judiciaires parallèles contre ce concitoyen s’ajoutant au mandat d’arrêt international émis contre lui depuis quelques mois.

Md O Md Lemine

Source : Le Rénovateur Quotidien (Mauritanie)

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