Planification familiale « C’est un problème, les enjeux ne sont pas toujours bien cernés »

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Selon Aliou Diop président de la coalition ENEM « Ensemble espaçons nos naissances en Mauritanie »

Rimweb.Net: Du 2 au 5 juin dernier, la capitale Burkinabé (Ouagadougou) a abrité la

rencontre des OSC (Organisation de la société civile) sur la planification

familiale. Pour mieux saisir les enjeux de cette rencontre Rimweb s’est entretenu.

Aliou Abdoul DIOP président de la coalition « ensemble espaçons nos

naissances en Mauritanie » ayant pris part à cette réflexion sur la planification

familiale.

Rimweb : quel est l’enjeu de cette recentre rencontre de Ouagadougou

(Burkina Faso) ?

Ces dernières années en Afrique de l’Ouest, comme dans la plupart des pays

africains, les avancées considérables observées en matière de réduction de la

séroprévalence du VIH SIDA, ont été aussi l’œuvre d’une contribution toute

particulière des organisations de la société civile (OSC). Cette performance fort

appréciée, a également permit la participation directe de la société civile aux

mécanismes de financement du fonds mondial. A l’image de la lutte contre le

VIH Sida, promouvoir la planification familiale représente aujourd’hui un enjeu

important pour contribuer à la lutte contre la mortalité maternelle.

Quatre années après la conférence historique sur la population et

développement : Urgences d’agir, organisée à Ouagadougou en février 2011, il

est bien important de mener une consultation régionale afin d’évaluer les acquis

ainsi que les défis à relever pour une meilleure promotion de la Planification.

Familiale en Afrique de l’Ouest. A noté que la société civile s’est véritablement

engagé lors de la conférence de septembre 2011 à M’bour à travers trois

engagements :

- Travailler en étroite collaboration avec les gouvernements à travers les

points focaux pour la mise en œuvre le suivi et l’évaluation des plans

d’action pays.

- Mettre en place une coalition de la société civile régionale pour le

repositionnement de la Planification Familiale.                              unnamed (13)

- Assurer un plaidoyer pour un environnement favorable à la promotion de

la PF et pour un financement accru de la PF

La présente consultation a permis alors de noter l’évolution de la contribution,

de structurer la participation de la société civile au niveau pays comme au

niveau régional et d’échanger sur les bonnes pratiques dans les neuf pays du

partenariat de Ouagadougou.

Rimweb: Quelles sont les préoccupations soulevées?

Nous avons mis en lumière les rôles, les responsabilités et les missions qui

doivent être assignés aux différents acteurs de la société civile, à savoir :

Les points focaux, les coalitions pays, la coalition régionales, les journalistes et

les jeunes ambassadeurs.

Il faut noter que durant la conférence de M’bour en septembre 2011, les

délégations des pays avait élus des points focaux et des suppléantes pour

coordonner la mise en œuvre des engagements pris et mettre en place la

coalition régionale en marge de la rencontre de M’bour.

Il était temps alors d’évaluer le travail et de tirer des enseignements de

l’expérience passée pour mieux envisager l’avenir avec plus d’efficience.

Rimweb: quelle est l’Opportunité de la Mauritanie de prendre part à de

telle rencontre?

La Mauritanie est un des pays du partenariat de Ouagadougou, elle a pris des

engagements devant ses pairs et naturellement devais présenter son expérience

et échanger pour tirer profit des bonnes pratiques des autres pays. C’est aussi

une opportunité de voir où est ce qu’elle se situe dans la réalisation des

engagements pris.

Rimweb: Quelles sont les difficultés liées à la promotion de la planification

familiale(PF) ?

C’est un problème, les enjeux ne sont pas toujours bien cerner. La Mauritanie

parle d’espacement de naissance et non planification familiale et il n’est pas

question dans notre pays que les jeunes non mariés accèdent aux produits

contraceptifs. Cette situation réduit un peu les champs et dans une certaine

mesure la cible. Parce qu’il est question de sauver des vies en définitive et/ou

d’améliorer les conditions de vie des populations :

- Réduire la mortalité maternelle et infanto juvénile.

- Eviter les grossesses précoces et non désirés.

- Maitriser la pression démographique (Les infrastructures de base manque

et la population accroit, les écoles manques, les structures de santé,

l’enseignement supérieur, l’emploi, pratiquement tout manque).

Rimweb : ya t-il des chiffres sur la PF ?

Oui, il y’a des chiffres sur la PF, même si ce n’est pas souvent actualisé.

La Mauritanie se caractérise par une croissance très rapide de sa population,

avec un taux d’accroissement démographique de 2,4% par an, un indice

synthétique de fécondité de 4,6 enfants par femme et une prévalence

contraceptive de 10% en 2011 en ce qui concerne les méthodes modernes.

Le pays enregistre des taux élevés de mortalité maternelle (6261 pour 100000

naissances vivantes), de mortalité néonatale (43 pour mille)2, de mortalité

infantile et infanto-juvénile (respectivement 77 pour mille et 122 pour mille)3.

La prévalence contraceptive par les méthodes modernes est passée de 8,1% en

2007 (EDST I), à 10 % en 2011 (MICS 4). Le PNDS 2012-2020 s’est fixé un

objectif de prévalence contraceptive de 60% à l’horizon 2020. Une telle

ambition nécessite des interventions à haut impact et un engagement plus

prononcé de l’ensemble des acteurs dont le gouvernement.

Si les besoins exprimés en PF sont estimés à environ 48,6% chez les femmes en

âge de procréer, 37,2% restent des besoins non satisfaits avec un Indice

Synthétique de Fécondité (ISF) de 4,6 enfants par femme4 en 2011.

Le taux de prévalence a connu une évolution lente en Mauritanie

Propos recueilli par Awa Seydou Traoré

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