Pleins feux sur l’esclavage à Massy : Comment finir avec le mal ?

Le dossier de l’esclavage prend aujourd’hui le devant de la scène politique avec cette guerre irréversible lancée tout azimut par les Ong défenseurs des droits de l’homme, notamment engagées dans ce domaine qui ont contraint indirectement les autorités à prendre au sérieux de cette bombe sociale à retardement très dangereuse, pour la désamorcer à temps avant qu’elle ne démolit tout sur son passage.

MOMLLe dossier a été aussi le thème central de cette conférence animée récemment à Massy, dans la capitale française par notre confrère Seydi Moussa Camara dans laquelle il établit le diagnostic de ce mal du siècle et fait une esquisse des thérapies possibles, affirmant l’existence de ses séquelles aussi bien dans les communautés haratin que négromauritaniennes. (Extraits)

Camara évoque dans son exposé les diverses formes d’esclavage partant du travail gratuit, à l’esclavage par ascendance en passant par la privation de l’être humain, soulignant que l’Administration Territoriale est inféodée aux chefferies traditionnelles, encourageant la pratique au lieu d’œuvrer à son éradication.

Le conférencier a évoqué dans ses développements l’absence d’engagement dans cette lutte de l’aval en amont de tout le dispositif de criminalisation de l’esclavage depuis le policier, aux acteurs politiques et religieux. Après avoir abordé l’esclavage des Haratines que tout le monde connaît, Seydi Moussa Camara a cité à cette occasion les cas des enfants Said et Yarg libérés de ce joug et hébergés aujourd’hui par Biram comme des gosses libres, allant à l’école, débarrassés de tout asservissement.

Il a illustré aussi l’esclavage sexuel en rappelant le calvaire de Mbarka, utilisée par ses ex maîtres depuis le père aux enfants comme un instrument pour satisfaire leurs pulsions et quand elle est tombée enceinte, ils tout nié jusqu’à la paternité des enfants. L’esclavage dans le milieu négro-africain que d’aucuns nient a été aussi l’un des axes de cette conférence très suivie.

« Dans la communauté négro-africaine, si la pratique de l’esclavage en tant que tel a pratiquement disparu, ses séquelles restent encore vivaces. La communauté des anciens esclaves dans la société négro-africaine souffre de la stigmatisation et des stéréotypes » souligne Camara, précisant que « l’ancien esclave n’a pas droit à la terre de culture » indiquant que « ces gens, considérés inférieurs, ne peuvent prétendre aux chefferies traditionnelles.

Pour cette communauté, à l’image de ce qui se passe chez les Haratins, travailler pour ses « maîtres » est un acte islamique qui va être récompensé au jugement dernier » que les s mariages sont proscrits entre les groupes sociaux ou castes, car les nobles se considèrent supérieurs aux anciens esclaves. « Un exemple se passait dans vos murs, ici à Paris, il y a quelques années. Toutefois, plus riche et plus lettrée, la nouvelle génération s’émancipe du joug communautaro-traditionnel et ne peut plus être réduite à l’esclavage.

Dans certains villages, le mot esclave ne peut plus être prononcé. C’est dire que le complot du système esclavagiste et féodal, encouragé et soutenu par l’Etat, est entrain de prendre un rude coup dans certains segments de cette communauté » a-t-il.

S’essayant à une esquisse à l’éradication de l’esclavage, le conférencier estime que pour finir avec l’esclavage, le pouvoir doit reconnaître l’amère vérité de son existence, comme il vient de le signifier relativement à travers la création de l’ANLSESIPL, précisant qu’il faut absolument abolir l’esclavage dans les livres, soulignant qu’ils sont « la base de la formation des magistrats en Mauritanie, des officiers de police judiciaires, des administrateurs, des imams, et des érudits ;ces livres restent aussi inscrits dans la constitution mauritanienne comme principale source de loi ». Il a indiqué également qu’il faut appliquer les lois en vigueur et en la matière.

« Ces actions doivent être accompagnées par une action d’un programme national de sensibilisation contre cette pratique et la vulgarisation des lois criminalisant ces pratiques. Et pour ce travail, l’homme mauritanien libre doit prendre son bâton de pèlerin pour mener campagne car la liberté des esclaves ne peut provenir seulement de l’Etat. En effet, tant que l’Etat n’est pas en face de la nécessité de libérer les esclaves, il ne le fera pas. L’exemple des Etats-Unis et de Haïti sont là pour nous édifier ».

Synthèse MOML

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