Politique: manœuvres pour plutôt un départ suffisamment préparé

Sidi El Moctar Ahmed TalebComme certainement beaucoup de lecteurs fidèles au site électronique francophone Cridem, j’ai lu l’article d’Afrimag, intitulé «Mauritanie : Manœuvres pour un 3ème mandat ».
Je partage globalement l’analyse faite de la situation politique et trouve fort pertinente la caractérisation (i) de la majorité, de l’opposition et de leurs rapports de forces, (ii) des risques d’une éventuelle modification de la constitution et (3) du soutien des défenseurs étrangers de la démocratie et de ses valeurs.
Une seule idée a cependant attiré mon attention et suscité la présente réaction. Nul doute que je manque de compétences pour faire des observations sur un travail réalisé par un média de notoriété et de la trame d’Afrimag. A propos de l’idée sur laquelle est faite référence, elle concerne l’intention d’Aziz de se présenter prochainement pour un troisième mandat.
Celle-ci est claire dans le titre de l’article « Mauritanie : Manœuvres pour un 3ème mandat » et est davantage explicite dans les expressions: ‘’En Mauritanie aussi, le spectre du troisième mandat se profile à l’horizon‘’ et ‘’….le prélude à «quelque chose’’.
Dans les détails de l‘article en question, on dit que les journées organisées du 07 au 14 septembre dernier et le dialogue auquel tient la majorité, constituent, avec d’autres actions, des signes révélateurs d’une volonté visant à permettre à Aziz de rester au pouvoir au-delà de 2019.
Ayant participé à de telles journées du début à la fin et en ma qualité d’observateur de l’évolution de la scène nationale, je n’ai rien vu qui puisse nous dire de manière claire et précise que le Président de la République Mohamed Ould Abdel Azizs’oriente vers le changement de la constitution aux fins de briguer un troisième mandat.
Il est vrai que Son Excellence entretient un suspens terrible à ce sujet au point de perturber aussi sa majorité. Mais, des voix plus ou moins crédibles de cette majorité, s’élèvent malgré tout pour soutenir que la constitution sera respectée et que ce deuxième mandat sera le dernier.
Si tel est le cas, le suspens dont on parle s’inscrirait dans une stratégie qui viserait la préservation de l’unité des composantes de la majorité jusqu’au bout, la consolidation de la solidarité entre les acteurs civils et militaires du pouvoir et en enfin la création de la confusion chez l’opposition (voir ce lienhttp://www.cridem.org/C_Info.php?article=677546).
S’agissant précisément de l’expression ‘’ le prélude à quelque chose’’ utilisée dans l’écrit d’Afrimag, son décryptage devrait plutôt renvoyer à la préparation douce, minutieuse et sûre du départ d’Aziz à la fin de son actuel mandat et ce après avoir choisi, évidemment, un candidat de la majorité à l’échéance présidentielle de 2019 et lui assuré les conditions de son élection à la magistrature suprême.
Pour ceux qui soutiennent qu’Aziz prépare un départ au cours (après la retraite de Daddah et de Messaoud) ou à la fin de son dernier mandat, ils partent du fait que l’ambition du Président ne se limite pas, à fortiori, à diriger éternellement laMauritanie sachant que beaucoup d’autres chances lui s’offriront au niveau international.
Et même s’il n’est pas intéressé par ce genre de postes, le respect de la constitution et un petit recul par rapport à l’exercice direct du pouvoir, serviront sûrement toute intention de retour au pouvoir de la manière de gouverner.
Par ailleurs, je saisis cette occasion pour rappeler encore une fois, qu’il est de notre intérêt, dans la majorité, d’organiser le plus vite possible le dialogue politique avec les mauritaniens disposés aujourd’hui, qu’ils soient de notre camp ou du camp opposé.
Qu’on sache que pour l’opinion publique étrangère et même nationale, ce dialogue dont on rêve, ne sera, à tort ou à raison, qualifiable d’inclusif qu’en présence de la personne d’Ahmed Ould Daddah. Et qu’on sache également que ce Monsieur ne fera plus une erreur aussi grave au crépuscule de sa carrière politique.
Il faut enfin comprendre aussi que Monsieur Daddah ne serait intéressé que par l’organisation d’une élection présidentielle anticipée, la modification de l’âge de candidature au niveau de la constitution ou par un changement quelconque (révolution, coup d’Etat, etc.) qui lui offrirait, une fois de plus, une chance de tenter la réalisation d’un vieux rêve.

Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb

Source : Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb

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