Politique : une feuille de route et un éventuel embarras du choix

taleb_ahmed_moctar_el_sidi_SIEMAT_01Dans l’opposition, personne ne croit au départ du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz au bout de ses deux mandats constitutionnellement prévus. Et pourtant ce n’est pas à cause de ça qu’on avait tenté de cloner chez-nous les soulèvements qui ont secoué le monde arabe, lancé le slogan ‘’Arhel’’ et œuvré pour susciter un coup d’Etat militaire depuis le malheureux accident de Tweila en octobre 2013 jusqu’à présent.
Pour cette opposition, le Président Aziz cache une volonté de changer la constitution pour rester au pouvoir le plus longtemps possible et comment parvenir à cet objectif, est devenu une obsession pour ses ennemis et adversaires plus que pour la majorité présidentielle, les centres d’études stratégiques, la presse, les organisations de la société civile et les personnalités politiques indépendantes.
La dernière visite effectuée dans les deux Hodhs a été l’occasion pour tous ces acteurs d’avancées diverses idées et d’imaginer et décrire différents scénarii sur cette question de changement de la constitution. La synthèse de ce qu’a rapporté la presse, en constitue une la feuille de route suivante et l’embarras du choix qui en découle pour le Président sortant.
La Majorité :
En démocratie, toute constitution peut être changée. En conséquence, on peut aisément changer le nombre de mandats successifs et introduire d’autres petites modifications pour un but formel ou décoratif.
Nos éminents Ulémas et juristes sont capables de justifier, malgré le serment et les fameux verrous mis en 2006, toute modification à introduire dans la présente constitution du pays. Il suffit que l’initiative vienne des députés, d’une organisation de la société civile ou d’un citoyen lambda et qu’on demande l’avis du peuple à travers un référendum populaire; chez-nous, le peuple étant toujours prêt à accompagner le détenteur du pouvoir dans ses choix et ambitions.
Avant toute démarche à ce sujet, les plus prudents suggèrent cependant (i) d’avoir la bénédiction des partenaires de la Mauritanie concernés par le suivi ou le contrôle géopolitique des pays de notre zone et (ii) de tenir compte du niveau actuel d’émancipation des populations et de leur degré de prise de conscience de la nécessité d’une alternance pacifique.
En plus de tels éléments, ces prudents méfient les décideurs de baser leur stratégie sur le fait que notre peuple est comparable à des moutons de panurge et que notre opposition est déjà affaiblie par son hétérogénéité, ses divisions internes, son action sur le terrain et le discrédit de la majorité de ses leaders.
Les Indépendants :
Pour eux, Monsieur le Président de la République doit savoir qu’il a ennemis jurés qui feront tout pour le juger, après son départ, sur sa gestion durant la période 2008-2019. Même en cas du respect de son serment et de son retrait définitif à la date prévue.
Qu’il parte par respect des dispositions de la constitution ou sous une quelconque contrainte, les plus actifs sur la scène politique nationale ne cachent pas en effet leur intention de faire répondre Son Excellence, le moment venu, de ses actes devant la justice.
Les Centres d’Etudes Stratégiques :
Dans les pays où l’ignorance, la pauvreté et la maladie sévirent, l’alternance par la voie des urnes est impossible malgré quelques rares exceptions. L’introduction de la limitation du nombre des mandats successifs dans les constitutions modernes, vise justement à rendre cette alternance possible, voire obligatoire.
Selon cet avis, notre pays doit accompagner la nouvelle mouvance et respecter, en conséquence, les dispositions de la présente constitution ; la durée du mandat resterait toutefois une chose sur laquelle on pourra jouer.
Afin qu’il s’assure une vie tranquille après une sortie honorable et de contrecarrer l’action probable de tous ceux qui sont mus par la haine et l’amour de la vengeance ou du règlement de compte, ces Centres prodiguent à Monsieur le Président de la République trois (3) conseils.
Il s’agit d’abord, de procéder, avant de se retirer définitivement en 2019 et au moment où il maîtrise la situation, à un audit général en vue de disposer d’un quitus. Ensuite, ils rappellent à Son Excellence de ne pas se suffire uniquement dudit quitus quelle que soit la qualité de l’audit et la satisfaction de ses résultats.
Enfin, nos prestigieux Centres d’Etudes Stratégiques insistent sur la nécessité pour Monsieur le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz de choisir, à temps, son successeur parmi ses hommes de confiances les plus sûrs, d’essayer de lui préparer le terrain et de le lancer enfin sur la scène politique.
Tout l’enjeu futur est -et sera- là pour la majorité des mauritaniens. Aussi, une stabilité durable, des réformes pertinentes et des réalisations effectives, seraient des préalables impératifs sachant qu’on est encore en 2015.

Source : Sidi el Moctar Ahmed Taleb

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