POLITIQUES: Les promesses non tenues


A la veille du  » Direct avec le Peuple  » (Liqa’echaab), le site proche des islamistes  » Alakhbar  » passe à l’offensive en publiant une série de dossiers qui contredisent toute la propagande gouvernementale en cours, notamment en ce qui concerne  » les réalisations grandioses accomplies en si peu de temps par le président Mohamed Ould Abdel Aziz « . Une occasion pour ce site de passer en revue tous les grands projets annoncés, depuis 2009, mais qui n’ont jamais vu le jour ! Traduction libre de cet important dossier.

L’immeuble  » Khaïma  » n’est plus le plus grand édifice au centre de Nouakchott, tout comme la  » Mosquée saoudienne  » n’est plus le plus grand lieu de prière de la Capitale. De même, à quelques 28 kilomètre au sud de Nouakchott se trouve une zone industrielle avec une offre d’emploi pour 2000 personnes et réalisée grâce à une enveloppe de plus de 2 milliards d’ouguiyas. De plus, de grands projets ont été réalisés à Aleg (fourrages), à Kaédi (pour la tannerie) et à Néma (pour la production de la viande rouge). La route Kiffa-Tintane est achevée et la ville de Maghta-Lahjar ne souffre plus de soif.

Pour le site arabophone proche des islamistes, Alakhbar, il s’agit-là, en réalité, de promesses non tenues du pouvoir en place. Des projets pourtant annoncés par les plus hautes autorités du pays, du président Ould Abdel Aziz, au Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf, en passant par les ministres des Affaires islamiques, Ahmed Ould Neinni, de l’Habitat, Ismaïl Ould Bedde Ould Cheikh Sidiya, des Affaires économiques et du Développement, Sidi Ould Tah.

Dans son discours devant le Parlement, le 7 janvier 2011, le Premier ministre Ould Mohamed Laghdaf, annonce l’obtention par son gouvernement de 15 millions de dollars US (4,264 milliards d’UM) pour le financement de projets dans l’industrie de transformation des produits provenant des ressources animales au niveau de certaines wilayas du sud. Et parmi les projets annoncés par le PM dans son discours on peut citer : Une unité de production laitière d’une capacité de 30.000 litre par jour à Néma, un abattoir moderne (encore à Néma) d’une capacité de production de 40 à 50 tonnes/jour, une unité de fabrication de fourrages à Aleg d’une capacité de 15 tonnes à l’heure, une tannerie dans la ville de Kaédi et une unité de fabrication de grillages à Maghta-Lahjar produisant 40 à 50 mètres à la minute.

Et Alakhbar d’ajouter :  » aucun de ces projets n’a d’existence réelle et même, pour certains, le terrain devant l’abriter n’a même pas encore été choisi  » ! Et pourtant, Une année et sept mois sont déjà passés depuis l’annonce de ces projets par le Premier ministre !

alakhbar poursuit son énumération des  » projets restés encore à l’état de projet « . Telle cette nouvelle faculté de sciences vétérinaires qui devait être édifiée à Kiffa, sur financement libyen pour absorber le trop plein de nouveaux bacheliers dont l’Etat ne sait plus quoi faire, les études à l’étranger devenant, de plus en plus, un véritable parcours du combattant.

La zone industrielle de pêche.

Autre éléphant blanc cité par Alakhbar : la zone industrielle de pêche devant créer quelque 2000 nouveaux emplois, 28 kilomètres au sud de Nouakchott, et annoncée, le 27/11/2010, par le secrétaire général du ministère des Pêches, Sidi Mohamed Ould Sidi, lors de la pose de la première pierre de ce projet qui attend encore de voir le jour. Le haut responsable avait alors donné le chiffre de 2 milliards d’UM pour cet important projet et annoncé l’existence d’offres d’autres investisseurs ! Le président du GIE (Groupe d’intérêt économique), Ahmed Ould Towmy, auquel ce  » projet  » était destiné, avait alors renchéri en disant que ces investissements  » auront un impact positif sur l’emploi et les exportations de la Mauritanie « . Mais le maire de la localité qui devait accueillir ce projet, Lemrabott Ould Gleïguem, qui avait prononcé un discours de bienvenue, attend toujours, 18 mois après, que les premiers travaux débutent ! Ou qu’on lui dise d’informer ses administrés que ce n’étaient que vaines paroles de politiciens en campagne.

Un rêve touristique pas plus.

Mais le projet qui a eu le plus grand effet d’annonce reste, sans doute,  » la Tour de Nouakchott « . Un édifice de 16 étages dont la pose de la première pierre s’est déroulé, le 24 novembre 2010, en présence du ministre des Affaires économiques et du Développement, Sidi Ould Tah, et du président de la Banque islamique pour le développement (BID), Ahmed Mohamed Ali, tout heureux que le rez-de-chaussée de ce bâtiment qui devait être  » le plus beau, le plus haut et le plus moderne  » de la capitale Nouakchott, serve de siège à sa banque et que les autres étages vont être loués à d’autres sociétés financières et commerciales !

A l’occasion, la construction de la  » Tour de Nouakchott « , qui devait être réalisée par la société  » Injaz « , le directeur de cette dernière, Ahmed Ould Hamadi, avait annoncé un délai d’exécution de 18 mois, précisant tout de même que c’est  » à partir du début de travaux  » qu’on attend toujours ! La Tour qui devait être érigée sur l’avenue Moctar Ould Daddah devait être là depuis mai dernier !

Le grand retard de ce  » rêve touristique  » grandiose est passé sous silence. Ni le gouvernement n’a donné d’explication à ce qui ressemble bien à un abandon du projet, dix-huit mois après la pose de la première pierre, ni la BID n’a demandé à ce qu’on lui montre le siège futur de sa banque ! De même, la société  » Injaz  » (réalisation) n’a plus donné signe de vie pour dire, officiellement, que le projet était mort-né.

On attend toujours  » la plus grande mosquée de Nouakchott « 

Le 01/06/2010, le ministre des Affaires islamiques, Ahmed Ould Neini, annonçait à la TVM, lors de l’émission  » Le gouvernement dans la balance  » (! !!) la construction, sur budget de l’Etat, de ce qui allait être  » la plus grande mosquée  » de la capitale Nouakchott. Un lieu de prière qui devait accueillir, selon le ministre, 10.000 fidèles et faire passer au second plan les mythiques mosquées saoudienne, marocaine et qatarie, jusque-là les plus grandes de Nouakchott, construites par des pays arabes frères. Il annonçait, par la même occasion, que le nombre de mosquées construites en Mauritanie atteignait le chiffre de 7.724 édifices religieux et que l’Etat a décidé de mettre un terme à un semblant d’anarchie que connaissait ce secteur.

Mais le 21/11/2010, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, Ismaïl Ould Bedde Ould Cheikh Sidiya, est revenu à la rescousse pour porter le nombre de prieurs de la  » plus grande mosquée de Nouakchott  » à 15.000 ! C’était à partir de la toute nouvelle ville de N’Beïket Lahwach, au fin fond du Hodh Chargui, et qui donnait l’occasion au ministre des  » infrastructures  » d’annoncer de nombreux projets dont les études et les financements étaient presque bouclés et dont les travaux devaient débuter incessamment !

Après avoir rendu plus  » salée  » la facture de construction de cette mosquée, six mois après l’annonce du ministre des Affaires islamiques, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, n’a pas encore dit pourquoi deux ans après, l’édifice n’a pas encore vit le jour, alors même que le site  » Alakhbar  » dit détenir des informations selon lesquelles l’emplacement de cette mosquée n’a même pas encore été choisi ! Le site va même plus loin en disant avoir des informations comme quoi des ordres venus de  » très haut  » ont été donnés au ministre Ould Neïni, de ne plus évoquer cette question qui ne devrait plus être citée parmi  » les réalisations grandioses du président Ould Abdel Aziz « .

Sneiba Mohamed.

Source: Lauthentique

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