Pollution marine : Espagnols et Mauritaniens tentent de limiter les dégâts

dégâtsLe gouvernement mauritanien, par le biais du Premier ministre, Yahya Ould Hademines, et des ministres chargés de la Pêche et de l’Environnement sont mobilisés depuis plusieurs jours pour déterminer les causes de la marée noire à l’origine de la pollution maritime sur ses côtes. De son côté, le gouvernement espagnol par le biais de son ministre de l’Equipement, Mme Ana Pastore, semble avoir lié la cause de la pollution des côtes mauritaniennes au navire russe en flamme que ses services avaient repoussé en avril dernier au large de Las Palmas. D’une part et de l’autre de l’Océan Atlantique, les deux pays tentent de circonscrire les dégâts sans toutefois qu’une quelconque coordination entre les deux pays n’ait encore été annoncée.

Trois hypothèses semblent pour le moment sur la table du gouvernement mauritanien pour déterminer la cause de la marée noire qui pollue depuis quelques jours la façade océanique de Nouakchott à NDiago. Alors que les experts s’activeraient ces jours-ci pour déterminer le genre d’huile à l’origine de la pollution, une constante semble se dégager, l’épicentre de la catastrophe se trouve à NDiago. Pour le moment, l’hypothèse d’une pollution émanant du navire russe échoué aux larges de Las Palmas, même si elle n’est pas écartée, semble peser moins dans les argumentaires retenus officiellement. A cette éventualité, deux autres hypothèses semblent être privilégiées.

La première est celle d’un navire croisant aux larges des côtes mauritaniennes et qui aurait fait sa vidange en haute mer. C’est pourquoi, les autorités mauritaniennes concentrent tous leurs efforts sur l’analyse des échantillons d’huile retrouvés à la surface de ses eaux territoriales pour déterminer le genre de navire susceptible de l’utiliser et de là remonter jusqu’aux responsables. La deuxième hypothèse envisagée est celle d’une négligence dans la maintenance des moyens de production utilisés par les sociétés de prospection opérant en off shore. Plusieurs sociétés étrangères travaillent en effet aux larges de NDiago dans la prospection du gaz et des hyrocarbures. La crainte à ce niveau est que les sociétés de maintenance, travaillant en sous-traitance aient choisi de déverser les huiles frelatées en mer au lieu de les stocker. Or, il serait établi que NDIago est l’épicentre de la catastrophe qui touche plus de 200 Kilomètres des côtes jusqu’à Nouakchott.

Depuis quelques jours, les équipes travaillent ainsi sur le terrain, pour évaluer les dégâts et nettoyer les plages fermées au public depuis lundi dernier. Des voix de plus en plus critiques commencent ainsi à s’élever du côté de certains partis de l’opposition. Les parlementaires du parti islamiste Tawassoul reprochent ainsi au gouvernement mauritanien de continuer à cacher l’ampleur des dégâts causés à l’écosystème et à la faune marine, ce qui selon eux risque de menacer sérieusement la ressource halieutique du pays. Aussi, les parlementaires ont invité les autorités à prendre leur responsabilité en décrétant l’état « de catastrophe environnemental » et d’informer l’opinion sur les causes de la catastrophe, son étendue, l’état des lieux des actions jusque-là entreprises et les solutions envisagées pour faire face à ce qu’ils qualifient de « plus grande catastrophe marine que le pays ait connu ».
Ainsi, l’état de cafouillage qui se dessine au sein du pouvoir en place serait marqué par une guerre de clans, entre ceux qui cherchent à amoindrir l’incident pour ne pas alarmer les investisseurs étrangers et en décourager d’autres qui s’apprêtent à injecter des capitaux dans le secteur maritime en Mauritanie, et ceux qui plaident pour un appel à l’aide internationale et les énormes fonds destinés à ce genre de catastrophe.

Alors que la Mauritanie se débat dans ses conjectures, le gouvernement espagnol n’écarte pas l’hypothèse d’une pollution causée par le bateau russe qui dormirait actuellement à 2.700 mètres de pronfodeur avec une cargaison de 1.400 tonnes de fuel dans ses entrailles. La ministre espagnole des Transports a déclaré que la coque du navire endommagé laisserait échapper son contenu à un rythme et à un volume qui dépasserait les projections, car il aurait atteint les côtes africaines. Ainsi, plusieurs organisations de défense de l’environnement serait mobilisé en Espagne pour limiter les dégâts que pourrait causer le déversement du contenu du navire, qui selon leurs prévisions, pourrait s’étendre jusqu’à 100 kilomètres des côtes espagnoles.

La catastrophe que vit aujourd’hui les côtes mauritaniennes serait ainsi comparable à celui vécu par les côtes franco-espagnols en 2002 lorsqu’un pétrolier y déversa ses 63.000 tonnes d’huile, causant au passage des dégâts écologiques et marins énormes.

Une équipe de parlementaires africains réunis lors d’un séminaire à Nouakchott a visité les côtes et a pu se rendre compte de l’étendue du fléau. Une matière venue à point nommé pour alimenter leurs discussions sur les dangers qui pèsent sur les côtes africaines.

Cheikh Aïdara

Source: Lauthentic

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