Pour une Mauritanie unie et indivisible : « Prendre le taureau par la queue »

Dans votre article intitulé « Promouvoir le Brassage Ethnique » paru dans le N° 1541 du Rénovateur en date du 21 mai 2013, vous contributionestimez que ce brassage « est l’arme idéale pour l’unité et la cohésion sociale ».
Sans renier votre bonne et noble opinion, je vous rappelle que ce « brassage », tant évoqué et sollicité entre toutes nos différentes communautés (Pulaar, wolof, Maures, Haratines, Soninkés, Bambaras et même avec les européens), a bien eu lieu pendant la colonisation et au lendemain des indépendances et a bien porté ses fruits en donnant à la Mauritanie des générations métissées qui vivent encore parmi nous et qui ont servi dignement, dans l’unité et la cohésion, l’administration coloniale et l’administration mauritanienne indépendante.

Cependant, l’Etat et les religieux que vous sollicitez pour « briser les tabous » ont au contraire conjugué leurs efforts pour anéantir cette union entre nos ethnies au nom du principe de diviser pour mieux régner.

Les uns, dans leurs discours au nom d’une idéologie politique, les autres dans leurs prêches au nom de dogmes religieux et même de préjugés de noblesse. Au fil des années, nos gouvernants et nos Ulémas ont réussi leur pari, celui de semer de tous temps la zizanie entre nos communautés. La plaie de notre société est encore béante et souhaitons qu’elle se cicatrisera un jour (je passe sous silence les douloureuses années 1986, 1987, 1988, 1989 et 1990 et les années 2011, 2012, 2013 relatives à l’enrôlement ).

« Le terrible taureau de la division » est bien passé par là.

De nos jours, nous sommes plus divisés en maures, Pulaar, wolof, soninkés, haratines et bambaras où chaque groupe ethnique se sent minoritaire et revendique sa position à l’Etat, en prônant la forte représentativité de sa communauté ethnique au niveau des instances de la République. Pour une Mauritanie réconciliée avec elle-même, il est plutôt du devoir des Organisations de Droits Humains et des Organisations de la Société Civile de multiplier la sensibilisation sur le civisme, la cohésion sociale, l’unité nationale.

D’ici là, espérons que « le terrible taureau de la division » aura perdu ses cornes ; et s’il devait réapparaitre, il suffirait désormais de le « prendre par la queue. » (Expression peulh).

Nouakchott, le 23/05/2013

Nguiril Bâ

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