Pourquoi Mohamed Cheikh et non notre système judiciaire ?

Néma OmarJ’ai suivi, comme beaucoup de mauritaniens, suivi la polémique suscitée par l’article du jeune Mohamed Ould Mohamed Cheikh, intitulé « Religion, religiosité et les forgerons ». Article dans lequel il a essayé de mettre en doute la sacralité de la « Raison totale », allant de la sorte plus loin que ceux qui ont voulu interpréter la période dite de la « religiosité », sans prendre en compte les conditions d’éclosion de cette période et des évènements qu’elle a connus.

Et du fait que mon objectif ici n’est pas de répondre ici à l’article incriminé, je tenterai plutôt d’évoquer le « milieu » qui fait qu’on a de, plus en plus, tendance à enfreindre à la personne – je dirai à la sainteté – du Prophète Mohamed (PSL) – je considère que les marches de désapprobation et les appels au lynchage du jeune Mohamed Ould Mohamed Cheikh s’apparente à des scènes d’hypocrisie religieuse, précédées, il n’y a pas longtemps, d’autres relevant de l’hypocrisie politique, qui épouse les contours de la scène, par crainte ou envie, au sein d’un régime qui, officiellement, a consacré politiquement et judiciairement, le tribalisme et l’appartenance sociale, en lieu et place de l’Etat de droit, qui applique les mêmes textes à l’ensemble des citoyens et non s’ingénie à les soumettre à la terreur, de crainte d’être taxé, à l’extérieur, d’Etat raciste et d’enfreinte aux droits de l’homme. Des droits censés être indivisibles, qu’ils soient politiques ou civiques. Tels le droit à la vie, à l’égalité devant la loi et à l’expression, ou encore, les droits sociaux et culturels, tels le droit au travail, à l’assurance social et à l’éducation. Ou encore des droits collectifs, tel le développement.

Il s’agit là de droits indivisibles et liés entre eux et donc l’absence d’égalité entre les citoyens devant la loi peut être considéré comme la plus grande atteinte « aux droits humains », et, peut être bien, à la religion, si certains se mettent à douter de notre « religiosité », essence première de notre foi.

Si certains se mettent même de douter de la sunna du Prophète (PSL), c’est à cause de l’absence d’impartialité de la loi et à son manque d’indépendance. On peut, par là, craindre le pire. Et pour ne pas aboutir à ce stade où nous allons nous retrouver incapables à faire face aux insanités de ceux qui doutent et cherchent leur être dans ce qu’ils écrivent de choquant et d’inacceptable.

Il faut donc traiter cette question d’atteinte à la religion, par le biais de la réponse de l’Islam et par la loi, non par la politique. Et s’il faut mettre la pression sur le pouvoir, ce n’est pas pour pendre Ould Mohamed Cheikh ou tout autre, mais pour réformer la justice et faire en sorte qu’elle soit indépendante et se prononce, en toute impartialité, sur des cas pareils.

C’est seulement ainsi qu’on  mettra fin à cette situation de « prise en otage de l’Etat » et de surenchères, quelques soient les motifs et les slogans brandis par certains qui trouvent justification de leurs crimes dans leurs droits à l’expression.  Un droit qui incrimine un peuple tout entier et protège l’individu par la force d’une loi indélicate qui est à l’origine des maux de l’Etat et du peuple.

Mohamed Néma Omar

Traduction : Elhourriya

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