Pouvoirs publics / Patronat : A contre-courant !

PouvoirsSelon nos dernières informations, le Premier ministre mauritanien aurait convoqué certains membres du Bureau exécutif du Patronat mauritanien pour leur signifier (ou , plus exactement, notifier), d’une part, l’urgence de tenir le Congrès de l’UNPM et, d’autre part, la nécessité de porter le banquier Isselmou Ould Tajeddine ( malgré lui) à la présidence de l’UNPM, en lieu et place, de l’actuel président, Ahmed Baba Ould Azizi Ould El Mamy dont le Pouvoir « ne semblerait plus en vouloir à la tête du Patronat national ».
Et cela en dépit, d’une part, de l’unanimité des membres de l’actuel Bureau du Patronat mauritanien faite autour de la reconduction de ce dernier pour un nouveau mandat et , d’autre part, du non-désir du candidat pressenti par les Pouvoirs publics de briguer le nouveau mandat de président du Patronat national.
Mais pourquoi cet acharnement dans l’immixtion du Pouvoir dans les affaires intérieures du Patronat ? Un acharnement qui serait allé jusqu’au refus manifeste de respecter la volonté des principaux membres de ce patronat et le choix déjà fait par ceux-ci, s’agissant de l’élection d’un nouveau Président de cette institution patronale.
Un acharnement qui ne servirait ni l’autorité de l’Etat, ni les intérêts supérieurs du secteur privé et qui serait, également, contraire à l’esprit de démocratie et d’Etat de droit.
C’est pour, notamment, ces considérations, qu’il était nécessaire d’épargner à l’UNPM un interventionnisme (de contre-nature) comme celui opéré, récemment, par l’UPR (parti au Pouvoir) à l’endroit de la centrale syndicale UTM (qui a toujours été dans le giron du Pouvoir en place en Mauritanie, quel qu’il soit) lors de la tenue du dernier congrès extraordinaire de celle-ci. Aussi, devrait-on savoir que le Patronat n’est pas comme l’UTM.
En effet, à l’inverse de cette centrale syndicale affilié au parti au pouvoir et monocolore (au plan politique), le Patronat mauritanien est apolitique (n’est affilié à aucun parti fusse-t-il de la Majorité ou de l’Opposition) et regrouperait plusieurs sensibilités politiques.
L’indépendance du Patronat mauritanien devrait donc être préservée, à tout prix, contre les dérives des Pouvoirs publics pour que celui-ci puisse jouer, pleinement, son rôle dans le développement économique et social du pays.
Pour ce faire, l’attitude d’immixtion dans les affaires intérieures de la part de l’Etat (directement ou par le biais de ses antennes politiques ou autres) ne devrait pas continuer, ni avec le Patronat (particulièrement, lors de son Congrès tant attendu), ni, dans le futur, avec ses Fédérations professionnelles membres.
Car, si cette ingérence de la part des Pouvoirs publics ne cessait pas, il ne resterait plus à ceux-ci que de désigner, par décret, les présidents du Patronat, des Fédérations professionnelles, des centrales syndicales, des ONG et, pourquoi pas, des partis politiques (majorité et opposition confondues) et autres structures particulières, mettant ainsi en péril, à contre-courant, les acquis de la démocratie et de la liberté d’initiative. Ira-t-on jusque-là ? Les prochains jours ou les prochaines semaines nous donneront une réponse à cette interrogation.

Source : Kerbely Ould Sidi

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