Pr. Abraham Bengaly à propos du mariage sur renouveau FM : « Le système actuel fait augmenter le divorce »

Abraham_Bengaly-Invité de la Radio du « Groupe Renouveau » 98. 1, le samedi dernier, dans le cadre l’enregistrement du 1er numéro de l’émission « Gwakoro », le Pr. Abraham Bengaly n’a pas fait dans la dentelle pour dénoncer ce que ce que certains appellent « les tares »  du mariage actuel. Infidélité conjugale, violences dans le couple, immigration et insuffisance financière…, l’ampleur du divorce s’explique par plusieurs facteurs.

Abraham Bengaly

La problématique du divorce dans les grandes villes a inspiré le « Le Renouveau FM 98.1″ qui y a consacré samedi dernier un débat dans le cadre de son émission « Gwakoro ». Le thème a réuni autour du plateau Daouda Kouyaté, sociologue et homme de tradition, Adam Niamé Bah, présidente de l’Association Nioumakè, et Abraham Bengaly, professeur à l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) et coordonnateur du projet de recherche sur la rupture du lien matrimonial en Afrique de l’Ouest.

D’entrée de jeu, le représentant coutumier a reconnu que le divorce est un sérieux problème dans les grandes villes du Mali. Daouda Kouyaté d’expliquer que le divorce a pris trop d’ampleur ces dernières décennies. « Le mariage qui était une affaire de société, basé sur le principe fondamental de la tradition s’est transformé en un sentiment matériel. Les coutumiers ne sont plus les voix officielles à jouer le rôle de premier plan pour le bon déroulement du processus », a déclaré Daouda Kouyaté.

Abondant dans le même sens, Adam Niamé Bah, présidente de l’Association Nioumakè, a rappelé que la manière par laquelle le mariage se fait donne plus de chance au divorce. Pour elle, le manque de concertation entre les autorités traditionnelles et les religieux a des impacts négatifs dans liens matrimoniaux.

« Dans un mariage où les parents ne sont pas impliqués, ce couple résiste difficilement devant des situations de conflit », a ajouté la présidente de l’Association Nioumakè.
Mais, pour Abraham Bengaly, professeur à l’USJPB et coordonnateur du projet de recherche sur la rupture du lien matrimonial en Afrique de l’ouest, il faut sortir de la langue de bois. « La jeune génération ne fait généralement pas le mariage. Or, pour parler du mariage, il faut être dans le mariage », a souligné Abraham Bengaly.

Comme causes du divorce, il a rappelé que les récentes études menées par son ONG les estiment à plusieurs niveaux : infidélité conjugale, violences dans le couple, immigration et insuffisance financière… A cela, expliquera-t-il, il faut ajouter le manque de recherche sur la société, où l’éthique et la déontologie ne sont plus une rigueur dans la majeure partie des cas.

Selon les résultats de la recherche, Bamako bat le record de divorce, avec au total 23 cas par semaine. Ségou et Sikasso viennent en deuxième position et Kayes ferme la manche. Si à Bamako et à Kayes, les femmes sont les plus demandeurs, à Ségou les deux parties se partagent. Tandis que Sikasso les hommes sont accusés. Que faut-il faire pour résoudre la problématique ?, ont relancé les présentateurs de l’émission.
En réponse à cette interrogation, les invités ont été unanimes pour dire que le système de mariage doit changer et que les parents doivent être appelés à plus d’éthique. Pour Abraham Bengaly, il faut agir.

Les parents se doivent de prendre leurs responsabilités et mettre la situation sous contrôle. Daouda Kouyaté de plaider pour outiller les chefs coutumiers et renforcer les cadres de concertation entre les religieux. La présidente de l’Association Nioumaké, Adam Niamé Bah, a proposé une recherche poussée sur les sociétés et le renforcement de l’éducation familiale.

Ibrahim Sogoba

SOURCE:

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge