HISTOIRE: Première dissidence des Haratines au sein de l’armée mauritanienne…


« Cette nouvelle a été relatée sous la plume de Ben Abdalla dans les colonnes du journal mauritanien, « Le Calame N° 482 du 6 avril 2005 ». Ce numéro a été censuré par le Ministère de l’intérieur, des Postes et Télécommunications. Il a aussi été brûlé dans les locaux de l’imprimerie nationale. Cet article fait mention de la révolte des rares officiers haratines au sein l’armée mauritanienne.

Militaire hartaniLa raison de leur mécontentement est la ségrégation raciale du pouvoir en place qui survit grâce à la répression, à l’autoritarisme et son caractère policier.

Le Lieutenant colonel Ould Kaza (hartani), opérant dans le commandement Nord a profité de la
visite du chef d’état major, Elarbi Ould Sidi Ali, pour tenir un langage virulent à son égard, le qualifiant de raciste et de chauvin, l’accusant de mener une politique ségrégationniste dont les haratines sont les premières victimes. Il a aussi mentionné les entraves à leurs avancements et leur recrutement dans l’armée.

Jemal Ould Maouloud, Commandant et ingénieur en informatique, Directeur du centre militaire de traitement informatique, victime lui aussi cette politique de discrimination, a démissionné de ses fonctions pour protester contre son ajournement injustifié alors que d’autres Maures, sans bagages intellectuels, ni force physique bénéficient de promotions et d’avancements rapides.
L’intéressé a fait remarquer qu’en 2005, 60% des bénéficiaires de promotion sont issus de la même tribu qui est celle d’El Arbi, le chef d’état major. Ils sont tous membres de la tribu Idaouali. Parmi les 40% autres restants, il n’y a aucun noir. Ce qui veut dire que cette promotion n’a concerné que les Maures.En ce qui concerne les sept (7) officiers promus au grade de colonel, ils sont tous arabo-berbères. Il n’ y a donc aucun négro-africain, aucun hartani, parmi eux. Tous les postes « juteux » de l’armée sont occupés par les Maures .Les derniers recrutements de femmes, au sein des différents corps de l’armée n’ont concerné que des femmes arabo-berbères ( Blanches de Mauritanie). Au sein de la garde nationale sur les vingt sept (27) retenues, aucune femme noire. Cette promotion a été montrée sur les écrans de la télévision nationale.

Ce sont ces faits et bien d’autres, pratiqués en coulisse qui ont suscité la colère de ces officiers, ainsi que des sous-officiers et des soldats de couleur. Ainsi, Ils se sont décidés courageusement à dénoncer cette politique tribale, raciale, dont seuls les Noirs sont victimes et particulièrement les Haratines.

Le pouvoir tente de camoufler l’appartenance identitaire des contestataires. Il s’agit bien d’officiers et de sous officiers haratines. Dans un gouvernement dirigé par un hartani à savoir Saghaïr Ould M’Bareck, voici le sort qui est réservé aux Haratines et aux Noirs.

Notons que la population mauritanienne est à 70 ou 80% composée de Noirs. Dans cette proportion les haratines représentent 45 ou 50 %.  »

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