Présidentielle 2014: Le compromis politique impossible

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Après plusieurs tentatives sous forme de jeux d’obstacles, le pouvoir, la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) et le Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), semblent avoir échoué définitivement à nouer une concertation crédible pouvant déboucher sur une élection présidentielle 2014 « consensuelle, ouverte et transparente ».

Ils se rejettent la responsabilité de l’échec du dialogue mort-né. Et tentent, chacun, de faire valoir ses thèses auprès d’une opinion de plus en plus lasse de leurs querelles interminables.

Le film des événements des dernières 48 heures et les déclarations ayant servi à les commenter renvoient à cette triste réalité. Ainsi, un décret de la présidence de la République, publié dimanche soir, a convoqué le collège électoral à la date du samedi 21 juin 2014, pour la tenue du premier tour de l’élection présidentielle, et celle du samedi 4 juillet en cas de deuxième tour.

Tombée comme une réponse du berger à la bergère, une déclaration du FNDU rendue publique le lendemain, lundi en début d’après midi, a rejeté « l’agenda unilatéral » du gouvernement et pris à témoin l’opinion nationale et les partenaires internationaux, à l’effet de constater que les agissements du pouvoir portent « un coup fatal » à toutes les tentatives visant à instaurer une véritable négociation entre les acteurs politiques pour créer les conditions d’une élection présidentielle consensuelle et crédible.

Sans trop croire à une option désormais reléguée à la rubrique du cas de figure hautement improbable, le collectif de l’opposition a cependant rappelé son attachement à un dialogue sérieux quand les conditions en seront réunies. Juste une astuce pour ne pas paraître comme empêcheur de tourner en rond de la République. C‘est-à-dire éviter d’être le coupable aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale de l’échec d’un dialogue vanté par tous les acteurs et auquel personne ne croit sérieusement.

Exactement 24 heures après la sortie du FNDU, le pouvoir a réagi sur la voix de maître Sidi Mohamed Ould Maham, ministre de la Communication, porte parole du gouvernement, vice président de l’Union Pour la République (UPR) et négociateur en chef de la mouvance pouvoir/majorité.

S’exprimant au cours d’une conférence de presse organisée au Centre International des Conférences de Nouakchott (CICN-palais des congrès), le porte-parole du gouvernement a justifié la convocation du collège électoral par des contraintes liées aux dispositions constitutionnelles.

Il a réitéré les dispositions du pouvoir au dialogué et fustigé l’absence de bonne volonté d’un FNDU, qui a voulu faire du consensus sur l’agenda électoral « un préalable aux négociations » alors qu’il ne pouvait être que le résultat d’un accord politique.

De la même manière que l’opposition, le pouvoir cherche, lui aussi, à dire que l’échec du dialogue incombe à ses adversaires. Pas important de savoir qui est le principal responsable du blocage. Ils sont tous responsables de cela. Certes à des degrés différents. Même si le résultat est le même : nos acteurs politiques ont échoué à aller vers l’essentiel. Une situation devenue une seconde nature pour la classe politique et une nouvelle occasion de pacifier la scène politique ratée.

Scrutin à sens unique ?

Au finish, la Mauritanie file à toute vitesse vers une élection présidentielle sans une grande partie de l’opposition, celle qu’on appelle l’opposition radicale, qui avait déjà adopté la politique de la chaise vide à l’occasion des élections législatives et municipales de novembre/décembre 2013.

Ce boycott est une nouvelle fois le signe d’une « démocratie » immature dans un contexte où le pouvoir dispose de toutes les cartes en main, avec la posture d’un candidat dont la victoire ne fait l’ombre d’aucun doute, mais qui refuse des concessions pourtant de nature à donner plus de crédit à son « triomphe » annoncé.

Certes le constat est clair, mais il faut dire que le pouvoir, tous les pouvoirs qui se sont succédé en Mauritanie depuis un triste 10 juillet 1978, partagent une seule chose, celle de ne pas accepter de concéder le moindre espace vital à leurs adversaires. C’est la politique du tout ou rien. D’un côté comme de l’autre. Et jusqu’ici, rien n’a apparemment changé sous nos cieux. Quel gâchis ?

Mohamed Mahmoud Ould Targui

Source : Biladi

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