Privatisation de la Somagaz : Les grands groupes du pays dans les starting-blocks

Tijani Ben Houssein, directeur général de Star Oil MauritanieIl ya trois semaines, nous révélions en exclusivité la lettre du ministre des Finances par laquelle il informait les actionnaires de Somagaz, de l’intention du gouvernement mauritanien de se désengager de cette entreprise à l’importance stratégique.

Nous avions par la même occasion affirmé que dans certains cercles, des manœuvres avaient commencé en vue de faire tomber l’entreprise publique dans l’escarcelle de Tijani Ben Houssein, directeur général de Star Oil Mauritanie. Déjà le délai, très court, ne permettait aux éventuels repreneurs  de faire des offres réalistes. Toujours est-il qu’hier, le Ministère du Pétrole de l’Energie et des Mines a réceptionné quatre  offres de quatre actionnaires sur la quinzaine que compte la société. Ces offres viennent de Tijani Ben Houssein, du Groupe Noueiguedh(MAON), du groupe MAOA et d’Ahmed Ould Mogueya. Il semble, d’après nos sources que le ministre du Pétrole serait enclin à préférer l’offre de Tijani Ben Housssein qui se chiffrerait à un peu plus de 800 millions d’ouguiya. Bien entendu si cette information se confirmait ce serait l’un des plus gros bradages de toute l’histoire de la Mauritanie. En effet rien qu’en 2012, l’Etat mauritanien à injecté prés de sept milliards dans cette entreprise pour assainir sa trésorerie. Comment, une année plus tard l’entreprise serait si mal cotée ? Rien que ses trois sphères, ses cigares et son parc de plusieurs centaines de bonbonnes valent beaucoup plus que cette offre. D’ailleurs le vice président du groupe BSA, a déclaré à notre reporter à sa sortie de la séance d’ouverture des plis   qu’ « en cas d’appel d’offre ouvert et si la somagaz répondait à un certain nombre de critères tels que la réponse aux normes de ses sphères et autres installations techniques, de son parc de bouteilles et de ses installations de stockage à l ‘intérieur et sous réserve du nettoyage de son bilan au 31/12/13, son groupe serait disposé, avec d’autres partenaires à l’acquérir entre 3 et 7 milliards d’ouguiyas » Alors pourquoi tant de précipitations ? Il est certain que le président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a fait de la lutte contre la gabegie son crédo et qui dans tous ses discours a toujours vilipendé  les conditions dans lesquelles les entreprises publiques étaient privatisées ne donnera pas son extrême-onction à un bradage au profit de l’un des fossoyeurs d’Air Mauritanie qui lui facturait le Kérosène au double de son prix. Tijani Ben Houssein semble pourtant avoir mis toutes les chances de son cotés. Il a, à cette occasion mis en œuvre une stratégie qu’il a murement préparée. En partant de l’acquisition d’un parc de bonbonnes qu’il alimentait auprès de somagaz en se le faisant facturer moins que son prix de revient, en passant par l’embrigadement de hauts fonctionnaires et en finissant par une offre de rachat au rabais. C’est une autre variante de cette stratégie qu’il avait mis en œuvre après le départ des algériens de Naftec pour se poser en principal distributeur des produits pétroliers en Mauritanie. Pour arriver à cette fin, il avait réussi à faire nommer à la Direction de Hydrocarbures Raffinées un de ses agents qui refusa obstinément d’accorder les licences de distribution alors que des mauritaniens qui remplissaient toutes les conditions, s’étaient portés candidats.  Tijani ben Houssein va-t-il réussir à mettre sous sa coupe tout le secteur énergétique du pays ?

Rappelons que les parts du gouvernement mauritanien dans  le capital social de SOMAGAZ représentent 67% tandis que les 37% restant sont détenus par 14 personnes physiques ou morales de Droit mauritanien.   Conformément à la lettre adressée aux actionnaires  l’ouverture des devait avoir lieu initialement le 26 décembre 2013 elle fut repoussée jusqu’au 14 Janvier puis jusqu’au 15 janvier.

Rappelons aussi que depuis quatre ans, la Somagaz a coûté aux contribuables mauritaniens près de 20 milliards d’ouguiyas, hors subvention produit. Ce qui en fait l’un des plus grands gouffres financiers du pays.  Alors que lorsque son directeur général était choisi dans le sérail elle dégageait des bénéfices. Depuis plus de deux ans les ventes de la Somagaz sont  en chute libre au bénéfice de ses deux concurrents que sont BSA Gaz et Rimgaz. La société qui vendait quotidiennement plus de 110 tonnes fin 2009, a vu sa production chuter à partir de 2010 et elle est aujourd’hui à 50 tonnes seulement avec en prime des installations désuètes et une capacité de stockage ridiculement basse qui fait vivre le pays constamment sous l menace d’une rupture des stocks.

Source : Mauriweb

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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