Prix : le talon d’Achille du gouvernement

On ne cessera jamais de le répéter : les difficultés du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz viendront, de plus en plus, de l’incapacité du gouvernement à juguler la flambée vertigineuse des prix.

Tous les indices le montrent, toutes les discussions de salon, de rue et de taxis le prouvent : le vase est plein et il risque de déborder d’un moment à l’autre.

Certes, il y a encore des circonstances atténuantes pour le président Aziz (construction de routes, lotissements des « gazras »

et autres « kebbas », lutte contre la gabegie, à travers même le refus du faste que des responsables ont voulu perpétuer encore et encore dans les administrations qui jouent aujourd’hui « serré » avec leurs budgets de fonctionnement, autrefois de « ponctionnement » mais la noria du désespoir qu’entretient la difficulté de joindre les deux bouts peut mettre un terme, à tout instant, à cet état de grâce. Tout tourne aujourd’hui autour de la question des prix, particulièrement de ceux du riz, du sucre, du blé, du lait et de l’huile. Un sac de riz ou de sucre à 12.000 UM, c’est quasiment le double il y a deux ans, c’est-à-dire depuis l’arrivée de celui qui s’était autoproclamé «le président des pauvres » !

On se dit même qu’Aziz ne peut garder longtemps le silence par rapport à une question qui, on se le rappelle, a été l’un des principaux éléments déclencheur du courroux des populations contre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, allant jusqu’à provoquer des manifestations de rue dans ce que la fronde parlementaire avait exploité par la suite, outrancièrement, comme la « révolte des affamés ».

Surtout que les prix, quand ils flambent, ne font pas de différence entre partisans de la majorité et militants de l’opposition. Ils prennent à la gorge tous ceux dont le pouvoir d’achat est limité et que la situation de crise économique quasi endémique range dans le même panier.

Même ceux qui pouvaient compter sur les privilèges que confèrent leur proximité avec le pouvoir sont déçus par la tournure des événements : la guerre que le président Aziz mène contre la gabegie a asséché les « sources » de l’argent facile, l’argent sale, qui permettait aux hauts responsables de l’Etat d’entretenir leurs cours et de pouvoir ainsi les fidéliser. Au niveau même de ces responsables, l’inquiétude est perceptible, parce qu’ils sont obligés de revoir à la baisse des dépenses en consommation courante naguère prises en charges par l’argent gagné en commissions et autres prébendes aujourd’hui disparues. Vous les entendez souvent vous dire : « je n’ai que mon salaire comme vous », « je ne gère plus rien » ou « je peux même rester à la maison » pour signifier à ceux qui feignent encore de l’ignorer que rien n’est plus comme avant.

Un bon point pour le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a réussi à limiter les dégâts considérables que la mauvaise gestion faisait subir à l’argent public, mais le revers de la médaille pourrait bien être cette sensation que la vie est devenue plus dure, cette précarité qui tient plus à la détérioration du pouvoir d’achat des populations due au tarissement des sources illicites de l’argent, qu’au condition de ravitaillement d’un marché en train de subir la loi de l’offre et de la demande.

Source:Elhourriya

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