Problème d’électricité : Délestages sans précédents à Nouakchott.

La ville de Nouakchott connaît depuis quelques jours des délestages intempestifs que les techniciens de la Société d’électricité mettent sur le dos d’une panne récurrente au niveau de quelques générateurs, notamment dans les stations du Wharf et à la centrale d’Arafat.

Cette situation s’est traduite par un déficit inédit en électricité de 25 Mégawatts. Ainsi, à Arafat, ce seraient trois générateurs sur les six que compte la centrale qui seraient tombés en panne. Résultat, la station n’offre plus que 15 Mégawatts d’électricité jour.

D’autre part, quatre des neuf générateurs d’électricité de la nouvelle centrale du Wharf sont en panne, entraînant une baisse sans précédent de production en électricité, qui est passée de 36 Mégawatts à 18 Mégawatts seulement.

Il faut dire que la ville de Nouakchott tire essentiellement sa fourniture en électricité à partir de la Centrale d’Arafat 2, une petite unité qui fonctionne avec une énergie propre de 8 Mégawatts renforcée par 17 Mégawatts fournis par le barrage de Manantali. Selon les techniciens, la ville de Nouakchott a besoin de 85 Mégawatts pour couvrir d’une manière confortable ses besoins en électricité.

Or, la quantité disponible actuellement ne dépasserait pas les 58 Mégawatts. Résultat, la Somelec (société mauritanienne d’électricité) est incapable d’alimenter convenablement tous les quartiers de Nouakchott. D’où cette fourniture tournante de l’électricité, chaque secteur vivant à tour de rôle un délestage de deux heures par jour.

Selon des informations rapportées par quelques sites électroniques, des pourparlers seraient engagés depuis mardi dernier pour augmenter le quote-part de la Mauritanie dans l’électricité de Manantali, ne serait-ce que le temps que le président Aziz puisse réussir son One Man Show sans prêter le flanc aux critiques de ses adversaires politiques dans le volet énergie. Ces mêmes sources parlent de relents de corruption qui commencent à se faire sentir dans le secteur de l’électricité en Mauritanie, notamment dans le marché de la nouvelle centrale électrique du Wharf. En 2010, cette centrale aurait absorbé quelques 60 Millions de dollars US.

C’était lors de la crise politique qui sévissait et au cours duquel le pouvoir avait tout fait pour gonfler son tableau de réalisation, en tablant notamment sur la fourniture pour tous de l’énergie électrique. Il s’agirait d’un marché de gré-à-gré, accordé par l’actuel gouvernement du premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf à une société étrangère ainsi qu’à un proche du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Aux termes de ce contrat, la société en question et son pendant national devaient importer des générateurs déjà utilisés en provenance des Emirats Arabes Unis. A remarquer que ces mêmes générateurs auraient été refusés par un pays africain.

Selon les sources, ces générateurs n’ont jamais totalement fonctionné ni leur capacité énergétique entièrement utilisée à cause de leur vétusté. Dans le meilleur des cas, ils ne fournissaient pas plus de 4 Mégawatts à l’unité, selon les techniciens. Trois citernes d’emmagasinement pour le mazout auraient également été construites en béton près de la nouvelle centrale, malgré leur coût exorbitant. Ainsi, des milliers de Mauritaniens seront sans nul doute privés d’électricité pendant le « Direct présidentiel «  et ne pourront pas de ce fait écouter ou suivre le cérémonial du Show.

Ce déficit en électricité constitue ainsi un sérieux point noir dans le tableau idyllique que le pouvoir ne cesse de peindre pour le pays. Il remet en cause tout un discours présidentiel sur l’autosuffisance énergétique en Mauritanie. En effet, lors de sa visite à Nouadhibou, Mohamed Ould Abdel Aziz avait porté un coup de trait sur les délestages et miroité un avenir radieux pour les Mauritaniens, qui selon lui, passeront de déficitaires en énergie en importateurs.

Comme pour démentir toutes ces « rumeurs », le gouvernement mauritanien vient de signer mardi dernier avec ses homologues sénégalais un protocole d’accord aux termes duquel, la Mauritanie va alimenter le Sénégal en électricité à gaz à partir de 2015. Il faut rappeler que la Mauritanie a créé récemment une société de production d’électricité à partir du gaz tiré du puits Banda. L’usine envisagée aura ainsi une capacité de production de 350 Mégawatts capable de couvrir l’ensemble des besoins énergétiques du pays et le surplus exporté aux pays voisins.

Ahmed B.

Source: lauthentique

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Comments

  1. le vrai says:

    les preuves svp 😀

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