Procès Biram Ould Abeid et codétenus : Me Brahim Ould Ebetty « Il s’agit d’un verdict politique »

ME EBETTYRimweb.net: Dans un entretien accordé à rimweb.net, Me Brahim Ould Ebetty a réagi suite à la condamnation à deux ans de prison des militants Biram Ould Abeid (Président IRA), Brahim Ould Bilal (vice président IRA) et Djibi Sow  Président de Kawtal. Il indique que le dit procès est « politique » précisant par ailleurs que la Mauritanie est en recul en matière de libertés d’opinion notamment.
Rimweb : comment réagissez- vous suite à la condamnation des militants antiesclavagistes le 15 janvier dernier et qui ont été transférés à Aleg ?
Me Brahim: C’est une réaction de rejet pour la simple raison que c’est un jugement qui ne reflète pas le niveau des débats, qui s’est écarté complément de différentes thèses qui ont été discutées durant une semaine par la défense et l’accusation. L’accusation a été incapable d’administrer la moindre preuve d’une quelconque offense, d’un quelconque comportement de nature à être interprété comme manquement à l’autorité.
En plus tous les chefs d’inculpation  ont été pratiquement écartés. Il y’a eu une nouvelle inculpation sur laquelle le juge s’est rabattu sans donner la moindre explication sur pourquoi, il l’a rejetée. En plus, il s’est fondé sur la rébellion et le manquement à l’autorité alors que le texte qui l’a visé ne comportait pas le manquement à l’autorité. Cela veut dire qu’il s’est fondé sur un texte qui n’existe pas l’alinéa 2 de l’article 93 qui n’est qu’un seul alinéa. Ce qui nous fait dire qu’il s’agit plutôt d’un verdict politique, d’un verdict de type d’opinion et nous considérons que c’est un recul très grave pour les libertés individuelles et collectives dans notre pays. Cela nous rappelle le début des années 80 lors des procès des périodes des régimes militaires. La Mauritanie aujourd’hui est dotée d’une constitution garantissant toutes les formes de libertés individuelles et collectives et a ratifié l’ensemble des conventions internationales qui garantissent les mêmes libertés. Mais aujourd’hui si on condamne quelqu’un par ce qu’il est activiste contre l’esclavage je pense que la Mauritanie est entrain de reculer, entrain de faire un retour en arrières.
Rimweb : Quelles sont les charges retenues au départ dans le cadre de ce procès ?
Me Brahim: Au départ, ils étaient poursuivis pour attroupement, incitation à l’attroupement, offense à l’autorité, administration d’association non autorisée. Tous ces chefs d’accusations ont été écartés sans qu’on nous dise pourquoi. On les a remplacées par rébellion et manquement dû à l’autorité public lequel manquement n’existe pas dans le texte que le juge a visé.
Propos recueillis par Awa Seydou Traoré
 
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