Procès Habré: un expert d’Amnesty International à la barre

Hissène HabréLe procès d’Hissène Habré entre dans sa deuxième semaine depuis la reprise des audiences. Cette semaine, devraient être entendues des victimes directes du système en place sous le règne de l’ancien président tchadien. Et avant cela aujourd’hui encore, la cour continue d’essayer de comprendre la personnalité d’Hissène Habré, le contexte politique du Tchad des années 1980 et le rôle qu’il y a joué. Ce lundi, la cour donc a commencé à interroger un expert de l’ONG Amnesty International.

Ce matin, une voix a résonné dans la salle d’audience, celle d’Hissène Habré. Si le prévenu garde toujours le silence, le procureur a demandé l’accord du juge pour diffuser les extraits d’une conférence de presse donnée en 1984. A la barre, le témoin du jour Mike Dottrige écoute cette archive. Durant deux heures, l’ancien chef du bureau Afrique d’Amnesty International a présenté son organisation, ses méthodes de travail et indiquer notamment que l’objectif était d’influencer les autorités tchadiennes, d’éviter que de nouvelles exactions soient commises.

« A l’époque, il n’y avait que les télex et les câbles diplomatiques pour communiquer, explique le témoin, la collecte d’informations prenait du temps, notre priorité était de protéger nos sources. Entre 1982 et 1990, Amnesty International a publié des dizaines de rapports, des communiqués pour dénoncer les exécutions massives, les arrestations arbitraires, les conditions dans les prisons. C’est après la chute d’Hissène Habré qu’il a été possible de comprendre l’étendue de la répression et son organisation », analyse Mike Dottrige.

« Pensez-vous que monsieur Habré était au courant de vos rapports et de ceux des Nations Unies ? », demande le procureur. « Tout est possible, mais tout n’est pas probable, répond Mike Dottrige, qui poursuit, nos milliers de lettres étaient adressées directement au président, si ces conseillers décident de ne pas lui montrer ces télégrammes, c’est possible, mais cela serait irresponsables ».

Le procureur demande alors à faire entendre cette fameuse conférence de presse donnée par monsieur Habré en 1984. Amnesty venait juste de publier un rapport sur de nouvelles exactions commises par des militaires. « Il n’y a pas de guerre propre, déclare à l’époque Hissène Habré qui ajoute, ceci dit les accusations d’atrocités, de massacres, se sont des affirmations gratuites, inacceptables, ce ne sont pas nos méthodes. Il y a bien sûr des gens arrêtés, en prison, ceux-là passeront devant les tribunaux ». « Mike Dottrige, avez-vous eu des informations sur d’éventuels procès ? », demande le procureur. « Aucune », répond le témoin.

Une fois de plus, ce procès se concentre sur le cœur du dossier, Hissène Habré était-il le cerveau de la répression ? Le président de la cour lève la séance, le prévenu reste de marbre.

Source: RFI

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