Promouvoir le brassage interethnique « El Mizaj El Ergh » : L’arme idéale pour l’unité et la cohésion sociale

La société mauritanienne restera constamment, en dépit des politiques engagées et des fonds énormes investis pour son épanouissement et sa brassagecohésion, victime de ses mentalités rétrogrades, conservatrices et sectaires.

Comme l’ANAIR hier, l’agence Tadamoun ne pourra pas espérer parvenir à des résultats concrets, si elle n’use pas de l’arme efficace que représente la promotion du brassage interethnique pour contribuer à l’émergence d’une société homogène et soudée, totalement éradiquée des apesanteurs raciaux.

Une mission difficile mais qui n’est pas impossible, si l’Etat et les religieux conjuguent ensemble leurs efforts pour briser les tabous et engager cette volonté dans la durée pour le long terme, pour que la Mauritanie de 2030 soit totalement débarrassée du complexe d’appartenance ethnique.

Dans cette approche ci-après, circonscrivons en premier le grand mal qui continue de tirer le pays vers la déchirure constante et le chaos, par le fait déplorable qu’un maure, un hartani ou un nègromauritanien, épousent le plus souvent et sans conviction, plutôt une fille issue de leur propre communauté, renforçant inconsciemment la culture du repli sur soi et du déni de l’autre.

Soit une motivation plus dangereuse qu’une épidémie mortelle, puisqu’elle viole gravement l’esprit naturel de l’union entre les êtres, plutôt fondée sur de nombreux facteurs dont entre autres la séduction, les qualités morales et la compréhension réciproque que sur la couleur, la parenté et « Mint Ami » (mariage entre cousins directs ou tribaux) qui est quasiment l’ordre nuptial prévalent dans ce pays.

Autrement dit, l’agence Tadamoun doit en plus de ses actions pour lesquelles elle a été créée, œuvrer à créer un environnement social graduel favorisant le brassage entre les membres des toutes les communautés mauritaniennes condamnées à vivre ensemble pour ne pas s’entretuer demain.

A cet effet, il faut combattre à tout prix les préjugés de noblesse, puisque pour Allah, le meilleur des hommes est le plus pieux « Ekramekoum enda Allah Etghakoum ». Les religieux doivent jouer pour sortir les maures de leurs complexes d’épouser les harataniyates, surtout que la réalité rapportée sur le calvaire de certaines anciennes esclaves, montre que les maîtres esclavagistes se sentent mieux avec leurs asservies qu’avec leurs femmes, mais que c’est le complexe de noblesse érigé en système par la société qui les conduit à agir dans la clandestinité. L’inverse a été également affirmé à travers des récits, affirmant une admiration inouïe des épouses maures pour les hratins plus que pour leurs maris.

Jusqu’ici et à cause d’une société inégalitaire qui a mis tous les moyens matériels à la disposition d’une seule communauté plus que les autres, il en résulte que l’obstacle qui entrave les maures d’opter pour le brassage est plutôt d’ordre culturel d’où la nécessité de le combattre pour le briser et pour donner à la société les chances de promouvoir le brassage. Ce qui ne vaut pas pour le haratni (également pour le forgeron et znagui) qui pour épouser une mauresque doit d’abord franchir l’écueil difficile de noblesse avant de faire front aux exigences matérielles.

A ce stade, les Oulémas doivent encourager par leurs prêches la mixtion et Tadamoun par ses gros fonds, les mariages multiples entre les hratin et les blanches. La même politique doit prévaloir aussi pour des unions intercommunautaires entre maures, hratin et négromauritaniens, toujours à l’aide d’une stratégie incitative et engagée qui vise l’objectif de brassage positif irréversible pour l’avènement d’une nation immunisée contre le syndrome racial.

Si ces brassages sont réussis, ils donneront parallèlement aux autres actions menées par Tadamoun, naissance à des nouvelles générations métissées, bénéficiant de l’affection générale et créant l’espoir de voir profiler à l’horizon 2030, une société unifiée et soudée, mise à jamais à l’abri du cancer fatal de l’ethnicité qui représente aujourd’hui et pour les années prochaines, la plus dangereuse bombe à retardement à laquelle est confrontée ce paisible pays, capable de le mettre à feu et à sang si le terrible taureau de la division n’est pas pris par les cornes.

En effet, si la société demeure à l’état actuel de son repli ethnique, avec des maures, des hratin et des négormauritaniens mus par leur seul intérêt sectaire d’entretenir leur propre communauté aux dépens des autres, le pays se trouvera inéluctablement dans une arène de guerre fratricide et meurtrière qui anéantira cette nation jouissant pourtant de tous les ingrédients religieux et de tolérance pour se reconstruire sur des nouvelles bases d’unité et de cohésion. Alors, vivement, pour un département spécial au brassage interethnique « El Mizaj El Ergh » au sein de l’agence Tadamoum, consacré à la promotion de cette arme efficace pour la Mauritanie réconciliée avec elle-même.

Mohamed Ould Mohamed Lemine

Source : MOML

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