Quand l’hypocrisie étrangla la presse

« L’hypocrisie est seulement un hommage à l’intérêt. »

El Wely Ould Sidi Haiba El Wely Sidi Haiba : Depuis plus de deux semaines que les chaines de télévisions et de radios rivalisent d’ardeur dans la diffusion de débats sur la liberté de la presse et la condition morale et professionnelle des journalistes. Mais autant ces débats n’apportent dans leur majorité rien d’édifiant à un domaine mal en point, autant les invités se subdivisent dans la plupart des émissions en deux catégories que rien ne rapproche et moins encore ne rassemble dans la pensée, dans la méthode, dans la langue et dans la pratique. D’un coté les vieux ténors du métier sans en être issus pour la plupart d’entre eux même s’ils ont été en réalité les témoins  d’un changement politique sans précédent arrivé à la faveur du souffle d’un vent impromptu de démocratique lui-même parvenu suite à la dislocation du bloc communiste jadis pesant dans un équilibre planétaire et aujourd’hui à jamais faussé. De l’autre coté les arrivants, dont la plupart ne parviennent eux-aussi professionnellement pas du métier, sur un sol mouvant et glissant aux contours peu balisés et poreux qui laissent filtrer toute les velléités sur un métier de journalisme que si tout montre simple à priori, ne cache pourtant en rien qu’il est un métier fort difficile et de saisie et d’exercice qui appelle à beaucoup d’aptitudes intellectuelles facultatives et de dispositions physiques et mentales à toutes épreuves; Tant ses exigences, en matière de professionnalisme et d’observance d’un code déontologique solennel, sont nombreuses et obligatoires pour la stricte sécurité et à l’indispensable équilibre d’un pays somme toute fragile et dans la tourmente d’un contexte régional et international difficile. Ne dit-on pas d’ailleurs que la presse est le quatrième pouvoir dans les systèmes démocratiques? Certes le journalisme, mode d’expression propre à la presse, est sans doute l’activité qui consiste à recueillir, vérifier ou commenter des faits pour les porter à l’attention du public dans les médias en respectant un code déontologique du métier, reposant sur la protection des sources d’information, du correspondant au journalisme d’investigation, sans oublier les autres appartenant aux spécialisations de dessinateur de presse ou caricaturiste, de journaliste reporter d’images (JRI), de photojournaliste, de secrétaire de rédaction, de critique d’art ou d’éditorialiste. Étant entendu que dans le monde autour de nous, le journalisme a permis d’arrimer dans les pays où il a pris toutes ses lettres de noblesse les populations aux sphères des pouvoirs et systèmes politiques en ligne de leurs gestion et conduite. Théoriquement, la presse s’exerce en Mauritanie dans un environnement marquée par une grande liberté allant même jusqu’à lui faire obtenir la première place dans la classification sur l’ensemble des pays arabes et une autre très en devant dans le continent africain. Ceci est d’autant plus vrai qu’il contraste d’avec l’impact pourtant négatif que cette liberté mal utilisée continue d’avoir sur l’évolution du pays au plan politique et par rapport aux grandes questions nationales latentes, à l’état social statique et sur le suivi de l’action de développement fortement demandée pour sortir du marasme d’un sous développement persistant et de déséquilibres jamais assez bien combattus. On peu observer deux types de journalisme. Le premier aux mains de la vielle garde s’exerce dans la plupart des cas avec une hypocrisie latente au détriment du métier et de ses règles déontologiques. Il est par elle rentabilisé pour des fins mercantiles égoïstes et mis au service des acteurs politiques les pus offrant de tout bord, de toute confession et obédience ainsi que des milieux d’affaires mafieux et crapuleux œuvrant à pérenniser leur main mise sur les deniers publics et sur la chose économique. Ne dit-on pas que L’hypocrisie est seulement un hommage à l’intérêt. » Le deuxième type, lui récent et regorgeant d’excellent talents mais souffrant de l’absence d’un modèle propre et professionnel, loin de s’attaquer aux problèmes de fond et de créer un environnement journalistique capable de s’arrimer aux exigences réelles de la conjoncture, s’attardent comme de désœuvrement sur la couverture des séminaires, des ateliers, des colloques, des conférences, des symposiums et autres conférences sans aucun fond d’analyse ni de critique. Il reste le type de presse et le genre journalistique le plus en vogue dans le pays et, maigre consolation hélas, comme dans la plupart des pays d’Afrique. Là où les médias occidentaux, lassés de cette actualité institutionnelle, ne consacrent plus qu’une brève ou un entrefilet à ce type de manifestations, nos médias publient souvent un compte rendu complet, voire un sujet de plusieurs minutes aux journaux télévisés, sur les ondes de radios diffusion et dans les colonnes de journaux sans âmes. Ceci étant, il reste bien évident que malgré cette situation qui est loin de satisfaire les exigences de l’Etat moderne et de son développement, une certaine presse engagée et responsable tente de se frayer un passage au milieu de la cacophonie d’un environnement encore malsain, et de faire entendre sa voix même balbutiante et à peine audible.

El Wely Sidi Haiba

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