Quarante-neuf nouveaux magistrats prêtent serment : Combien échapperont au parjure durant leur carrière ?

Quarante-neuf nouveaux magistratsLauthentic : Le président de la Cour Suprême, Yahefdhou Ould Mohamed Yousouf, entouré de ses collaborateurs, a supervisé il y a quelques jours la cérémonie de prestation de serment de 49 nouveaux magistrats frais émoulus de l’Ecole nationale d’administration, de magistrature et de journalisme. Une seule femme, Tekeïber Mint Awdeïka, la première magistrate du pays, se trouve dans le groupe.

Tous ont juré, la main sur le Saint Coran qu’ils exerceront leur mission en toute impartialité, et dans tout le respect de la Constitution et des lois en vigueur dans le pays. Ils ont aussi juré de garder le secret des délibérations et de n’afficher ni de promulguer publiquement un avis personnel dans des affaires pendantes devant les autres cours de justice. Ils ont également juré de s’abstenir de toute activité pouvant influer sur n’importe quel autre magistrat et qu’ils feront preuve totalement de probité, d’honneur et de retenue conformément aux exigences de leur profession.

Le Parquet a été représenté à la cérémonie par le Procureur général près de la Cour Suprême Ahmed Ould Wely et le greffier en chef près de la Cour Suprême Mohamed Yeslem Ould Khaled. Etaient également présent le Président de la Cour d’Appel, le Secrétaire général de la Cour Suprême, le président de l’Association des greffiers et le Secrétaire général de l’Ordre national des avocats.

Tous les magistrats en fonction dans le pays ont eu à prêter, au début de leur carrière, le même serment que celui tenu aujourd’hui par leurs cadets qui entament leurs premiers pas dans le monde judiciaire, avec tout ce que la fonction de magistrature renferme de charge terrible car portant sur la vie, la liberté et les biens des autres.

Durant sa carrière de juge en Mauritanie, le magistrat est soumis à des pressions d’ordre familial, tribal, clanique, mais encore plus terrible, à ses propres pulsions, et aux pressions implacables de l’Etat qui détermine les carrières, les promeut ou les brise. Dans un pays où l’Exécutif coiffe tous les autres pouvoirs et exerce sur eux un diktat régalien sans nul autre pareil, les juges réfractaires et soucieux d’appliquer la loi dans toute sa rigueur et dans toutes les affaires qui leur sont soumises, ne peuvent rêver à une longue carrière. Les exemples de juge licenciés ou rétrogradés, ou parqués dans d’obscurs postes de scribouillard dans les remises du ministère de la Justice ou affectés dans d’obsolètes tribunaux, sont légions. Ceci est valable surtout dans des affaires où est impliqué un proche d’une personnalité importante, dans certaines affaires politiques ou de règlement de compte.

Ainsi, l’histoire judiciaire de la Mauritanie est remplie de cas de complaisance ente juges et justiciables au détriment d’autres citoyens, de cas de sentences iniques, de prolongation de période préventive, d’emprisonnement arbitraire de prisonniers ayant consommé leur peine, de complicité et d’arrangements familiaux au préjudice de la loi… Beaucoup de magistrats ont eu ainsi à rendre des sentences qui heurtent leurs convictions, sentences qu’ils auraient pu prononcer autrement, s’ils n’avaient succombé aux pressions.

Toutes ces considérations font que le parjure dans les tribunaux mauritaniens est rarement évitable. Ils sont rarissimes les juges qui peuvent s’enorgueillir d’avoir ficelé leur carrière judiciaire avec la conscience sereine et tranquille, ceux qui sont prêts à rejoindre leur Créateur, assurés qu’ils n’auront aucune crainte à lui rendre compte.

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