- Question et guerre du Sahara mauritanien (suite)

 

foucault

 

suite des publications de documents diplomatiques français, voir Le Calame des 14 & 28 Décembre 2010 – 4 & 25 Janvier, 8 & 22 Février 2011 – 22 Juillet,12 Août & 14.28 Octobre 2014 )
Les débuts de la contestation de l’anomalie espagnole au Sahara

Le « mouvement des hommes bleus » comme beaucoup de phénomènes au désert, même en politique, apparut inopinément et a disparu sans faire part. Pas étudié ni pour son époque ni pour ce que sont devenus ses chefs et ses militants, notamment vis-à-vis du Front Polisario, le Morehob est intéressant par lui-même parce qu’il indique la complexité des attitudes et mouvements au Maroc à propos de la question saharienne.

L’Algérie, au contraire, est simple à déchiffrer, et habile puisque c’est chez elle que s’abritent les mouvements indépendantistes, feignant de la croire désintéressée territorialement : elle a une stratégie d’Etat voulue par son chef du moment, Houari Boumedienne à qui la vie a été ôtée (Décembre 1978) très vite après sa victoire sur la Mauritanie (Juillet 1978) dont il n’avait pas vu qu’elle était la seule à pouvoir le faire profiter un peu quoiqu’à terme du condominium économique sur l’ancienne possession espagnole.

Quoiqu’elle ait évidemment intérêt à éloigner la ligne de son chemin de fer minéralier de toute frontière, la Mauritanie, dans la question puis le drame du Sahara occidental, n’est pas un Etat – qui se révèlera très faible – mais un peuple aspirant à la réunification.

La suite et l’actualité montrent ensemble que la stratégie indépendantiste du Front Polisario n’a abouti qu’à une absorption de la possession espagnole par le pays le moins saharien de ses riverains ou voisins.

La chronologie dans ces années d’avant-guerre fait comprendre fait comprendre que les réunions et échanges de visite entre les trois gouvernements algérien, marocain et mauritanien n’ont abouti ni à une réelle divination mutuelle des objectifs de chacun ni à une relation collégiale avec les mouvements de décolonisation.

L’unité de vue et d’actions n’est qu’éventuelle entre les Etats riverains de la possession espagnole. Chacun a d’abord sa dialectique propre qui laisse à Madrid, mais aussi aux Sahraouis, l’initiative. Ce sont donc ces derniers qui, par défaut autant que par la nature du fait « colonial », ont la maîtrise du calendrier jusqu’en Novembre 1975 en réponse aux événements de Juin 1970 – encore mal connus pour ce qui les provoqua.

17 Juin 1970

à El Ayoun, chef-lieu du Sahara administré par l’Espagne, manifestations sahraouies et sanglante répression ; Khattry Ould El Joumani (qui avait participé au congrès d’Aleg) et Be Cheikh Ould Ba Ely sont arrêtés par les autorités espagnoles

6-9 Juillet 1970

à Rabat, négociations mauritano-marocaines aboutissant à la signature entre Maroc et Mauritanie d’accords de coopération : commerce, transports aériens, transports maritimes et pêche ; une commission mixte est instituée

14 Septembre 1970

à Nouadhibou, sommet « tripartite » : Maroc, Algérie, RIM

le roi Hassan II, les présidents Boumedienne et Moktar Ould Daddah examinent les problèmes régionaux, et « après une étude approfondie de la situation qui prévaut au Sahara sous domination espagnole, ils ont décidé d’intensifier leur collaboration étroite pour hâter la décolonisation de cette région et ce, conformément aux résolutions pertinentes de l’Organisation des Nations Unies »

29 Avril 1972

communiqué commun des présidents Moktar Ould Daddah et Houari Boumedienne à Alger : « renforcer les efforts et établir une plus grande coordination dans le cadre des décisions du sommet de Nouadhibou afin de hâter la libération de ces terriroires » espagnols ;

12-15 Juin 1972

à Rabat, sommet annuel de l’O.U.A. : résolution sur le Sahara ; en marge, accord frontalier entre le Maroc et l’Algérie ; en marge aussi, principe du partage de la possession espagnole entre Maroc et Mauritanie : échange de lettres signées devant Boumedienne

14-15 Juillet 1972

voyage surprise du président Moktar Ould Daddah à Rabat : « les deux chefs d’Etat ont convenu de procéder à l’avenir à d’autres rencontres de même nature, visant à consolider les relations entre les deux pays et à renforcer davantage leur coopération »

22 Juillet 1972

le gouvernement espagnol déclare que désormais toutes les nouvelles concernant le Sahara seront considérées comme confidentielles

15 Août 1972 coup militaire avorté au Maroc : tentative d’abattre l’avion royal à un retour de France du roi Hassan II

20 Octobre 1972

à Rabat, l’Opinion quotidien de l’Istiqlal publie un entretien d’Allal el Fassi : « Notre position à l’égard de la Mauritanie n’a pas changé. Bien entendu l’indépendance de ce pays est actuellement légale par la reconnaissance de notre gouvernement, mais elle n’est pas légitime.

Lorsque nous parlons de l’unité du territoire marocain, nous parlons du Maroc tel qu’il était au moment du pacte d’Algésiras évidemment. C’est ce Maroc-là que la France a partagé avec l’Espagne et c’est ce Maroc-là que ces deux pays doivent nous rendre. »

Unité du Maghreb : « Dans ce cas, le problème des frontières ne sera pas posé. Mais quand nos frères algériens, tunisiens, mauritaniens présentent un esprit national étroit et demandent à récupérer des territoires qui ne sont pas à notre point de vue, les leurs, il ne reste alors qu’une seule voie : celle de défendre notre territoire »

23-26 Décembre 1972

dans le cadre des consultations périodiques entre l’Algérie et la République islamique de Mauritanie, communiqué commun relevant « la qualité exceptionnelle des rapports politiques entre les deux pays (examinent) toutes les possibilités d’institutionnaliser leurs relations en vue de leur donner une dimension nouvelle », la République islamique de Mauritanie décide de « confier à l’Algérie le soin d’entreprendre les démarches nécessaires en vue de son adhésion aux divers organismes de coopération mis en place afin d’apporter sa contribution à l’édifice de l’ensemble maghrébin » - les parties conviennent de « poursuivre leurs efforts pour déjouer toutes manœuvres colonialistes visant à briser la solidarité des trois pays frères sur le problème du Sahara »

14-15 Février 1973

le secrétaire d’Etat français à la Coopération, Pierre Billecocq vient en Mauritanie signer les nouveaux accords de coopération

20 Février 1973

la Djemaa du Sahara sous administration espagnole adopte une résolution sur le « droit du territoire à l’exercice de son autodétermination quand il le demandera et sans influence étrangère »

10-13 Avril 1973

5ème congrès de l’UTM – réunification et intégration au Parti, 73% des travailleurs adhèrent à la nouvelle Union

4 Mai 1973

à Nouakchott, au cours d’un rassemblement populaire, Ahmed Ould Mohamed Salah fait état de l’existence en Mauritanie d’un mouvement politique clandestin, dit Mouvement démocratique national M.D.N. soutenu de l’étranger et bénéficiant de la complicité de fonctionnaires et agents de l’Etat

10 Mai 1973 au Sahara occidental sous administration espagnole, dans la clandestinité, congrès constitutif du « Front Polisario » (Front pour la libération de la Seguiet-el-Hamra et du Rio de Oro)

23-24 Juillet 1973

sommet tripartite d’Agadir = le président Boumedienne, le président Moktar Ould Daddah et le roi Hassan II : intégration de la Mauritanie au Maghreb arabe et réalisation en commun d’un axe routier Agadir-Tindouf-Atar

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