QUI FINANCE MACKY SALL ?

La campagne électorale exige des moyens. Entre caution à payer, militants à ‘gérer’ et logistique à assurer, il y a de quoi vider son compte en banque. Sauf si on est adossé à un matelas financier.

(Envoyé spécial à Matam) – Si Abdoulaye Wade, du fait de son statut de président sortant, dispose d’une marge de manœuvre à même de lui garantir une certaine assurance, tel n’est, théoriquement, pas le cas pour son challenger au second tour. Théoriquement, parce que Macky Sall de 2012 n’est pas Abdoulaye Wade de 2000, obligé de recourir à des ‘caravanes bleues’ pour combler son manque de ressources.

L’adversaire de Wade pour le scrutin du 25 mars 2012 ne doit pas, lui, être dans la dèche. Vu l’impressionnant cortège de berlines qui le suivent dans ses déplacements, le standing de son ‘quartier général’ et sa garde rapprochée dont l’entretien doit lui valoir une fortune. Mais, d’où tire-t-il ses ressources ? Cette question, le microcosme politico-médiatique dakarois se la pose. Sans réponse. A Matam, proches et anti Macky Sall reconnaissent le financement de sa campagne par des Sénégalais établis l’étranger.

‘Il semble qu’ils ont financé la campagne de Macky Sall. Ils l’ont renforcé même si je ne peux pas l’attester. C’est une information que j’ai reçue, mais que je ne peux pas vérifier’, affirmait, jeudi matin, le président du Conseil régional, Abdoulaye Dramé. Mais, un ‘Modou Modou’ vivant au Congo et présent actuellement au Sénégal qui avoue, lui-même, avoir cotisé, a déclaré, dans l’après-midi du même jour, au détour d’une conversation informelle, que des compatriotes vivant en Afrique centrale ont bel et bien mis la main à la poche, chacun, selon ses moyens, pour financer la campagne électorale de Macky Sall. ‘Certains ont donné un million, d’autres plus et d’autres moins’, révèle notre interlocuteur. Apparemment bien au fait de la chose, il ajoute que les ‘Congolais’ de Brazzaville ont offert au rival de Wade la bagatelle de 70 millions. Un ressortissant de Bokidiawé, l’équivalent d’un Bocar Samba Dièye au Congo, a casqué, à lui seul, 32 millions de francs, nous informe ce Sénégalais qui, vu son accent congolais, doit avoir duré dans cette partie de l’Afrique centrale.

Au Burkina Faso, un homme d’affaires, originaire du village de Wendou Bosséa, qui s’est fait dans le secteur du poisson a cotisé, à hauteur de 50 millions de francs, dans la campagne, ajoute notre source. Selon qui, des compatriotes vivant en Angola ont donné 70 millions de francs et ceux de la Côte d’ivoire 30 millions.

Au Gabon, Abdoulaye Sally Sall, originaire de Boyinadji aurait participé au financement de la campagne. Il s’agit de ce proche de Macky Sall qui, courant 2009, avait eu maille à partir avec la justice du fait d’un présumé blanchiment d’argent. ‘Cuisiné’ au Commissariat central, son passeport avait été confisqué avant de lui être restitué. Transitaire ayant pignon sur rue au Gabon, son apport financier au sein de l’Apr, est, disent des sources anonymes, appréciable. Rencontré par Wal Fadjri, à Matam où il se trouve présentement, il refuse de confirmer tout ‘rapport financier’ avec Macky Sall. Même si nos interlocuteurs sont convaincus du contraire.

Récemment, Me Wade, en visite à Matam, a débauché un de ses frères du nom de Ibrahima Sally Sall, émigré aux Etats-Unis.

Au pays de Ali Bongo Ondimba, un autre émigré ayant pignon sur rue, figure parmi les ‘bailleurs de fonds’ de Macky Sall. Spécialisé dans l’import-export, il est cousin utérin du leader de l’Apr.

Ce ne sont là que les plus fortunés parmi les soutiens du candidat de Bennoo Bok Yakaar. Reste seulement à savoir si ces ‘bailleurs’ ne vont pas réclamer un retour sur investissement si Macky Sall accède au Palais de l’avenue Senghor.

Source : http://www.seneweb.com

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