Qui n’est pas traitre à la nation ?

Mohamed_Hanefi_rimweb.netLassés d’essayer de placer une orthodontie à Ar, le phacochère, nous pouvons quand même essayer de situer la brèche néfaste et malfaisante par laquelle ce pays a commencé à sombrer dans les couloirs de la division, de la décrépitude et de la décomposition. Lentement la Mauritanie est entrée dans un tunnel, qui s’est précipité à sa rencontre, pour l’engloutir.

Apparemment tout va bien. Un gouvernement cosmétique-ment fort et fortement démocratisé, qui essuie les coups redoublés d’une opposition vieillotte, acariâtre, mais tenace, un mouvement harratins déterminé à en découdre, même avec les morts, avant les vivants et prêt à bruler le sec et le vert pour renverser une situation, qu’il juge injuste et inacceptable.

Une situation qui est déjà renversée par la nature des éléments qui la composent. Des éléments qui la décomposent inexorablement et sans vergogne. Des mouvements de négros mauritaniens, qui bien que dans leur droit absolu dans certain aspects de leurs revendications, ne laissent cependant aucune chance à une réconciliation, qui elle-même, n’est même pas pressée de sortir des tanières de la haine et de l’intéressement politique.

L’entretient du conflit et la réanimation de la haine étaient devenus beaucoup plus urgent que la recherche d’une solution ou l’esquisse d’un rapprochement pour colmater ce qui pouvait l’être.

Cette haine nationale, bien-aimée, Ce filon providentiel, que l’élite a découvert en ces temps de confusion et de trames tentaculaires, qui étranglent les dernières traces de vie de cette société.

La Mauritanie, mise à nu et saignée à blanc, offre un cadre fragilisé et propice au développement de toutes les médiocrités et à la salivation de toutes les convoitises.

Chaque tendance a ses raisons, que la raison tremble à connaitre et répugne à déchiffrer.

Les semences des divisions, jetées sur toute l’étendue du territoire, par des moissonneurs-faucheurs, ont fait germer dans l’esprit du citoyen lambda, des idées conflictuelles qu’il n’avait jamais connues auparavant, et qui perturbent gravement une cohésion nationale, qui, déjà à l’origine, ne reposait pas sur des bases solides.

Toutes nos communautés ne ménageaient aucun effort pour cultiver dans l’esprit de leurs enfants cette peur de l’autre. Qui ne se souvient pas de cette menace du maure pour rabrouer son rejeton: « Jaak el kori », le kori vient? Ou du noir pour le sien: « Tiapato arri », le maure arrive? Qui n’a pas été révolté au seuil du crime, par cette pratique abjecte, du harratin « sale et méprisable », qui n’avait pas le droit et ne peut avoir le culot de s’asseoir sur la même natte, sur laquelle repose le noble postérieur du maitre?

Une méfiance cultivée, peut être inconsciemment, mais qui a essaimé dans les esprits encore tendres d’une société presque primitive, et laissé des traces destructrices et indélébiles, sur les rapports sociaux.

Comment peut-on critiquer des gens qu’on refuse, d’avance de connaitre? Et comment peut-on aimer quand on cultive la haine?

L’hypocrisie peut elle atteindre des limites plus lointaines?

Cette fragilité relationnelle, ne faisait de mal a personne; du moment que personne ne se plaignait de cette différence et qu’aucune différence n’était, du moins de façon arrogante et ostentatoire un préjudice pour personne. Mais les choses ont changé brutalement; et gravement changé.

C’était très subitement et de façon brutalement dramatique, que certaines familles, certes majoritaires, ont opéré ce ralliement en catastrophe vers les origines tribales et les appartenances ethniques. Un Eldorado de mauvaise foi, qui ne demandait et ne demande, que le petit effort malicieux et malhonnête de brandir le vrai pour protéger et faire prospérer le faux.

Certaines familles, qui naguère, vivaient à l’ombre d’autres, vont réaliser cette force substantielle, qu’offrait cette solidification des éléments de la tribu autour d’un ancêtre commun, qui a donné à la tribu son nom.

Ceci pouvait être bénin, voire bénéfique, si cette solidarité n’avait été érigé en instrument extrêmement malhonnête et séparateur, pour s’accaparer de privilèges de toute nature, sans considération de leur légalité ou non.

Les vieux démons de la médisance et de l’éloge, vont se réveiller brutalement pour élever ou rabaisser selon un code généalogique, qui fera fi des règles de l’islam, de la morale et même de la bien saillance. L’essentielle était de paraitre LE noble, qui caracole au sein de vassaux qui obéissent aux doigts et à l’œil. Et quelle piètre supériorité quand on jette un rapide coup d’œil sur certain comportements.

Les premières mains à mordre, seront bien sur, celles qui nourrissaient; car celles là sont témoins gênants d’une autre époque! Une autre histoire d’une autre chaine de valeurs qui pointe son doigt sur la gamme de supercheries qui a dénaturé la noblesse de nos principes et la piété de nos rapports.

Il était désormais, devenu une fierté et une sérénité morale d’être harratins, zenaga ou esclave, si cela pouvait éloigner de cette noblesse de la traitrise et de l’ingratitude.

Beaucoup de principes et de codes moraux auxquels nous croyons et pour la défense desquels nous étions prêts à payer par la vie et la fortune, ont été troqués, sous le silence d’une hypocrisie digne du plus félon des tartuffe, et par le biais de codes de commerce sociaux, qui donnent la nausée.

Ce séisme global de trahisons nationales va affecter tous les intérêts de la nation et au-delà. Même l’enfant, encore refugié dans l’utérus de sa mère, en sentira les répercussions.

La mutation morale la plus spectaculaire, reste cependant et sans conteste cette dance simiesque autour des centres du pouvoir. Une nouvelle discipline techno-comédienne, qui consiste à tout mettre en œuvre pour se mettre le responsable en poche. Le responsable et son influence avec.

Devant l’œil scrutateur des cameras, made in Japan, les pantalons de la décence furent tout simplement accrochés aux portemanteaux d’une autre époque, l’époque de la simplicité naïve, mais pure, pour qu’ils ne gênent pas le profit boulimique de l’ère actuelle. L’ère de « Si l’âne s’abreuve, que le puits s’écroule. »

Qui n’est pas traitre à la nation???

Qui peut sortir les mains et dire qu’il n’a pas participé aux malheurs, à la dislocation et à l’affaiblissement de ce pays? Qui peut lever le doigt et dire: « Je n’ai pas touillé jusqu’au sang cette pauvre carcasse nationale?

Qui?

Qui n’a pas trahi les ancêtres, la religion, les principes, la morale, l’intégrité nationale, l’enfant dans l’utérus de sa mère, les générations passées, présentes et futures? QUI?

C’est ainsi que se déclarent les symptômes de la décomposition d’un pays. Les entrailles de la terre se vident dans le fond, sans que rien de substantiel n’apparaisse à sa surface.

Le sang du mauritanien, devenu bon marché, sera troqué sur tous les étalages et tronqué à n’importe qui contre n’importe quoi. La terre du mauritanien, propriété de n’importe qui et la mer du mauritanien à la disposition de corsaires-prédateurs.

Que reste t-il d’espoir pour ce pays? Et quel crime odieux a-t-il commis pour mériter un tel sort?

Les pauvres ruminent les douleurs lancinantes de leur mauvaise étoile et guettent une éventuelle faiblesse pour savourer une éventuelle vengeance. Ne serait-ce que dans une imagination droguée par les ingrédients macérant de la potion du désespoir.

Les féodaux, forts d’une supériorité héritée gratuitement d’un système, qui n’a que trop fait de mal, se refugient derrière une assurance trompeuse et refusent obstinément à assimiler les dires du derniers de prophètes: « Le pays peut prospérer dans la mécréance, mais ne peut s’équilibrer sur le tort. » Les conflits tribalo-ethno-religieux prolifèrent sans inquiétude et impunément sur l’échiquier national.

Les petits groupes politico-ethniques commercent la chair du pays dans tous les marchés du monde. Que la Mauritanie périsse, pourvu qu’ils arrivent à leurs fins égoïstes et mesquines.

Les citoyens, matière première et chair à canon de ces bras de fer plus qu’intéressés, sont ballotés selon les circonstances dans un camp ou dans un autre en attendant la déflagration finale.

Ce que beaucoup d’acteurs de la « magouille nationale » ne savent pas, c’est que d’autre facteurs entreront en jeu dans leurs conflits marionnettistes et brouilleront à jamais les aiguilles de ce jeu.

Quand on lance la pierre, on ne sait plus ou et sur qui elle va tomber. La paix, l’entente et le respect des recommandations de Dieu; la justice sociale, le service pour servir et non pour se servir; le respect des droits et l’application dans les devoirs, valent mieux que les prêches de ceux de qui Allah a dit sur la langue du prophète Nouh : « Si Tu les laisses sur terre, ils perdront des serviteurs et n’enfanteront qu’un mécréant pervers. »

Je ne souhaite pas que la Mauritanie arrive à ce vers quoi on la pousse, mais je suis sur que si ses fossoyeurs réalisent leurs desseins, le châtiment sera assez lancinant et assez global pour faire mal à tout le monde. Dieu nous garde. Les chinois disent que quand tout va bien, on peut compter sur les autres, mais quand tout va mal, on ne peut compter que sur soi-même.

Mohamed Hanefi. Nouakchott.

Source : Mohamed Hanefi

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