Qui vous a mandaté pour parler au nom du peuple ?

Néma Omar
La langue de bois revient encore dans le langage politique des deux termes de la Bipolarité en Mauritanie démentant ainsi ceux qui pensaient qu’elle était à jamais révolue !

Surtout après que les faucons du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR) aient choisi, d’eux-mêmes, de quitter le premier rang et que la Coordination de l’opposition démocratique (COD) ait compris, elle aussi, que « l’occupation » de la Place Ibn Abass n’est pas suffisante pour provoquer le « rahil » (départ) du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le dernier meeting de la COD, organisé pour apporter son soutien au président de la Communauté urbaine de Nouakchott (CUN), Ahmed Ould Hamza, bousculé par l’Inspection générale d’état (IGE) et sommé de rembourser quelque 350 millions d’UM, a laissé entrevoir deux significations contradictoires : L’une voyant dans ce qui arrive en Egypte un coup d’état, rien de plus, une conspiration contre la démocratie, alors que l’autre voit en la destitution de Morsi un « modèle » applicable ici ou, au moins, porteur d’inspiration ! C’est pour cette raison que le ton du discours était enflammé et rejetant toute chose,  compris la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dont la recomposition parait être une exigence toujours posée par l’opposition et une condition sine qua non pour la participation aux prochaines élections.

La réponse n’a pas tardé du côté du parti au pouvoir, l’Union pour la République qui, comme l’opposition a utilisé un style rustre, pas digne d’Aristote, pour dire que la COD patauge, exhibe son échec patent et ses frustrations.

Tout cela arrive alors qu’on s’apprête à aller à des élections municipales et législatives selon des sources proches du pouvoir. Une situation qui pose plus d’une question dont la possibilité d’organiser ce scrutin dans un climat obscur et dépourvu de confiance de part et d’autre.

Et nonobstant ce que rapportent les médias ces derniers temps, comme opinions et avis, sur une divergence réelle ou supposée entre le président de la République et celui de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, je pense, personnellement, qu’elles sont non fondées. Le processus politique en Mauritanie ne sortira pas du cadre totémique de la mobilisation et du jeu des contradictions ; sauf si les barons de la scène politique – qu’on peut qualifiée de deux rues et de deux boutiques pour la vente au détail – s’emploient à apaiser le climat délétère et à s’éloigner  d’employer des discours qui ne font qu’exacerber les tensions. Sans cela, nous resterons toujours au bord du précipice, avec des hommes et femmes tendus et dont les propos traduisent un état d’esprit digne de la Gestapo, qu’il relève des partis politiques, toute tendances confondues, ou des appareils de l’Etat.

Et certainement que cette image est infamante à plus d’un titre et ne peut aucunement donner lieu à un climat participatif, capable de rapprocher les différents points de vue pour que les protagonistes de la crise politique en Mauritanie daignent enfin s’asseoir autour de la même table, sans mettre en avant des conditions préalables. Ils doivent pouvoir négocier sur l’avenir de la Mauritanie – qui ne se ramène pas seulement à la personne du président Mohamed Ould Abdel Aziz ni celle d’Ahmed Ould Daddah en sa qualité de chef de file de l’opposition démocratique, mais à tous les membres du peuple mauritanien qui n’ont donné de blanc seing à personne pour entrer, en leur nom, dans des futilités sans fin. Mais seulement à travailler pour trouver la meilleure façon de résoudre leurs problèmes de tous les jours. Telles la liberté et une vie décente et digne. Quand nos maîtres comprendront-ils cela ?

Mohamed Néma Omar

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