RCA: les rebelles de la Seleka aux abords de Bangui

Les rebelles centrafricains de la Seleka ont annoncé le 23 mars être aux portes de Bangui. Ils ont même revendiqué être entrés dans la capitale, mais les autorités ont démenti. La Seleka exige que le président François Bozizé quitte le pouvoir, et que les Forces armées centrafricaines ne combattent pas. Le chef de l’État n’a fait aucune déclaration samedi. Les habitants de Bangui attendent désormais dans la peur la suite des évènements. Retour sur la journée d’hier.

rebele salekeLes tirs se sont tus hier au soir à la lisière de Bangui mais toute la journée de samedi a été marquée par une sérieuse progression des éléments de la Seleka. Selon plusieurs sources, une colonne de rebelles était hier soir postée au niveau du PK 12, soit à 12 kilomètres du centre ville et du palais présidentiel.

Un habitant du quartier PK 12 (entrée principale de Bangui)

Témoignage

J’ai vu la Seleka entrer dans Bangui

24/03/2013 par Sonia Rolley

La journée de samedi a été marquée par des accrochages à répétition entre les rebelles et les forces gouvernementales appuyées par des soldats ud-africains et l’on peut craindre qu’aujourd’hui une nouvelle vague de combat éclate.

Le président Bozizé a remis ses habits de général en partant au front au nord de Bangui. Les habitants de la capitale, eux, vivent dans la terreur. Les plus riches, c’est-à-dire une infime minorité, ont pu faire quelques réserves. Les autres attendent la suite des événements naviguant entre peur et fatalisme.

Des soldats de l'armée centrafricaine à Bangui le 8 janvier 2013.
22/03/2013 – Centrafrique

Bangui appartient désormais aux hommes en armes. Tout l’après midi, des soldats équipés de lance-roquette, de kalashnikov ou de mitrailleuses patrouillaient sur des pick-up.

La France, qui se voit accusée pêle-mêle de ne pas intervenir ou de soutenir en sous main la déstabilisation, a commencé à renforcer son dispositif pour évacuer ses ressortissants le cas échéant. Des militaires ont commencé à arriver de Libreville. Bangui a désormais les allures d’un volcan prêt à entrer en éruption à tout moment.

Pour sa part, le général Noël Léonard Essongo, représentant du médiateur Dénis Sassou Nguesso, s’adresse à la Seleka afin qu’elle ne s’en prenne pas à la population.

Le général Noël-Léonard Essongo

Représentant du médiateur Denis Sassou Nguesso

Nous demandons aux troupes de la Seleka, qui sont aux abords de Bangui, de ne pas commettre d’impair. Elles ont certainement des objectifs ciblés. Mais il ne faudrait pas que les populations auraient à souffrir des affres de cette guerre-là.

24/03/2013 par Sonia Rolley

Les habitants de Bangui ont peur

Bangui a l’image d’une ville militaire. Dans les rues, les civils ont laissé la place aux militaires bien armés, sur des voitures surmontées de mitraillettes. Dans les quartiers de la capitale, la peur a envahi tous les esprits. Les habitants, qui ont encore en mémoire les évènements de 2003 avec l’arrivée au pouvoir du président Bozizé, craignent que ce scénario se répète.

Il y a dix ans, la capitale a été le théâtre de tueries, de viols, de pillages. Et les promesses de la Seleka d’une entrée dans la ville sans exactions ne convainquent guère. Aucun couvre-feu n’a été officiellement décrété, mais passé 18h00, personne ne se hasarde dans les rues. Plutôt dans la journée, quelques personnes sont sorties faire des provisions. Mais il s’agit là d’une infime minorité de la population qui détient un peu de revenus.

La journée d’hier a été une longue journée pour de nombreux habitants de Bangui. Beaucoup n’ont plus les moyens de se nourrir et tous redoutent de voir leur ville transformée en champ de bataille.

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