RDC: des militants toujours détenus, Lucha poursuit sa mobilisation

Arrestation d'un manifestant à GomaEn RDC, cela fait six jours qu’une dizaine de militants et artistes congolais sont détenus pour avoir participé à une rencontre avec des activistes des mouvements citoyens Y’en a marre et du Balai citoyen. Alors que les quatre Sénégalais et Burkinabè ont été libérés et renvoyés dans leur pays jeudi 19 mars, les Congolais attendent toujours de savoir s’ils vont être jugés ou libérés. Les autorités avaient pourtant annoncé que le procureur prendrait sa décision vendredi. A Goma les membres de l’organisation lutte pour le changement compte bien continuer à se mobiliser pour obtenir la libération de leurs camarades à Kinshasa.

Installés autour d’une table, ils sont une dizaine à chanter en l’honneur de l’anniversaire de l’un des leurs, Fred Bauma arrêté dimanche dernier et 25 ans depuis vendredi. Une bougie est soufflée. Un anniversaire symbolique en signe de soutien face à une injustice pour son ami Reagan Miviry, militant de la Lutte pour le changement (Lucha) : « Fred n’a rien fait. C’est un citoyen, nous ne cesserons de le dire, un citoyen engagé n’est pas un terroriste. Il n’a fait qu’exprimer ce qu’il pense, que la démocratie doit être défendue dans ce pays. »

Défendre la démocratie et le respect de la constitution, c’est bien ce que compte continuer de faire les autres membres du mouvement Lucha, et ce même si c’est risqué comme l’explique Serge Civia : « On continue à lutter, c’est de notre responsabilité en tant que citoyen et surtout en tant que jeune. La démocratie, c’est quelque chose que nous devons construire dès aujourd’hui. »

Maître Sylvain Lumu, à la tête du collectif d’avocats censé les défendre, demande à les voir au plus vite. Il se dit déterminé à porter plainte pour détention arbitraire : « Malgré la promesse faite par la voix du ministre de la Communication, le parquet n’a pas bougé jusqu’à ce jour. Peut-être qu’il est en train d’attendre les injonctions des autorités beaucoup plus élevées que lui malgré l’indépendance proclamée de la justice au Congo. Nous vivons une logique de criminalisation des défenseurs des droits humains. Je demande absolument d’entrer en contact avec mes clients. Il est important qu’ils soient déférés devant le juge compétent. Plutôt que d’arrêter d’abord les individus et se mettre ensuite à rechercher les éléments de culpabilité, c’est une démarche inverse. Lorsque l’on arrête, cela veut dire que l’on a quelques indices sérieux de culpabilité et très vite dans le respect des règles de procédure on déferre les personnes devant le juge compétent qui peut effectivement juger leur culpabilité ou non. Ici, la démarche est totalement biaisée. On est dans la logique de recherche d’éléments qu’on ne trouve pas pour arriver à justifier cette détention. Il n’y a pas d’autre explication. »

Sit-in, affiches, les membres de Lucha à Goma promettent de continuer à se mobiliser pacifiquement pour défendre l’alternance politique dans leur pays et obtenir la libération de la dizaine de militants encore détenus à Kinshasa.

Source: RFI

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