RDC: trois employés de l’ONU enlevés près de Goma

Une patrouille de la Monusco dans la forêt de KilamboEn RDC, jeudi soir trois employés de la mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco) ont été enlevés à une trentaine de kilomètres de la capitale de la province Goma par des hommes non identifiés. Ces derniers jours des habitants ont dénoncé des mouvements de soldats accusés d’être venus du Rwanda dans cette zone. Les deux évènements ne sont pas liés, mais reflètent en tout cas d’une nouvelle vague d’insécurité dans la zone.

C’est juste avant la tombée de la nuit vers 17h30 que les trois agents de l’ONU ont été enlevés, leur véhicule abandonné sur le bord de la route. Les employés de l’unité de déminage de la Monusco, deux Congolais et un Zimbabwéen étaient venus déminer un site qui leur avait été signalé la veille. Ils s’apprêtaient à rentrer à Goma. Jeudi soir les assaillants étaient toujours en fuite et n’avaient pas été identifiés.

Cet enlèvement de personnel onusien est une première même si ces dernières semaines les attaques sur des véhicules de particuliers et les vols dans la zone se sont multipliés, preuve d’une insécurité grandissante dans le Nord-Kivu. Une insécurité dont témoignent aussi les habitants de la zone. Depuis dimanche dernier, les signalements de mouvements de troupes accusés de venir du Rwanda et de se diriger vers le parc des Virunga se sont multipliés. Aucun d’entre eux n’a pu être confirmé de source indépendante. Mais mercredi le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku a confirmé l’incursion d’éléments de l’armée rwandaise et un accrochage avec des soldats congolais, ayant fait un blessé côté congolais un peu plus au nord de Goma.

Hervé Ladsous, le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, reste lui aussi prudent : « Les inquiétudes sont toujours là, mais la présence d’une force armée officielle n’est pas avérée. Je pense qu’il y a eu des mouvements y compris d’ailleurs un mouvement de troupes des Nations unies dans ce secteur donc on continue à enquêter, mais rien n’est démontré. Je crois que cela démontre surtout la persistance dans toute cette région de l’est du Congo de menaces sécuritaires qui sont bien réelles. Elles sont le fait de groupes armés congolais mais aussi le fait de groupes armés non congolais. C’est la raison pour laquelle cela a été une priorité pour les Nations unies ces dernières années que d’essayer de prévenir l’expansion des groupes armés, les neutraliser et les désarmer. » De passage à Kinshasa, il doit se rendre ce vendredi à Goma.

Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku a également avancé qu’une nouvelle rébellion, « fomentée de l’extérieur », serait en gestation en Ouganda. Il se ferait appeler le Mouvement chrétien pour la reconstruction du Congo et serait composé d’ex-combattants du M23 et du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), un groupe armé jadis dirigé par le général « déchu » Laurent Nkunda. « Des informations que nos services sont encore en train de vérifier », a cependant tenu à relativiser le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé.

Preuve d’une certaine peur qui règne parmi les habitants, jeudi devant l’université de Goma, les étudiants avaient accroché une affiche proclamant « nous étudiants demandons au gouvernement congolais d’assurer la sécurité de la population et de protéger l’intégralité territoriale de la RDC. »

Source: RFI

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