Recherche scientifique nationale : un nouveau pas décisif sur la voie de sa promotion

Sidi El Moctar Ahmed TalebDans le cadre du développement de la science, de la technologie et de l’innovation en Mauritanie, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la recherche scientifique(MESRS), et le CNECSavec l’appui du Bureau régional de l’Unesco auCaire, ont organisé, le 16 novembre à l’hôtel T’feila, un atelier de présentation du projet de stratégie nationale de la recherche scientifique ou « la recherche scientifique en Mauritanie à l’horizon 2025 ».
Cet atelier auquel a été convié un large public dominé par les représentants des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, a étudié le projet de stratégie cité ci-dessus, préparé par un expert de l’Unesco sous la supervision de la Direction de la recherche scientifique de notre MESRS.
En dehors d’un avant-propos et des termes de références, ledit document de stratégie s’articule autour des quatre chapitres suivants :
1. Contexte géographique, historique, politique et socio-économique ;
2. Etat de lieu de la recherche scientifique ;
3. Propositions d’une stratégie nationale d’une recherche scientifique ;
4. Conclusions et Recommandations.
De façon générale, le document a été largement apprécié par les intervenants. La diversité des données qu’il comporte, le temps record de sa réalisation et l’importance de ses recommandations pour l’élaboration ultérieure d’un document final, seraient, à mon sens, les principaux critères d’appréciation.
Concernant les observations faites par les participants, je prends la responsabilité de dire que le format général du document le rapproche d’un rapport plus qu’une stratégie dans sa forme définitive.
Aussi, le mode de présentation des données au sein de chaque chapitre a fortement affecté, en plus de l’architecture générale, la lisibilité du document : des textes, des tableaux et des figures sont présentés (en français et en anglais par fois) sans articulation ou sans être traités sous des chapeaux (titres et sous-titres).
A mon avis, l’expert s’est surtout préoccupé de faire sortir les mots-clés cités dans les termes de références, peu importe la logique de l’ordre et la pertinence même du contenu.
Dans le chapitre relatif au diagnostic, il est difficile de saisir les forces et les faiblesses de la recherche scientifique dans notre pays ou les atouts et opportunités sur lesquels on peut s’appuyer dans cet exercice de promotion d’un domaine qu’aucun pays moderne ne peut aujourd’hui ignorer dans ses choix et orientations.
Comme cette stratégie est spécifique à la recherche scientifique, j’aurais d’abord souhaité la concentration des efforts de l’expert sur un diagnostic de la recherche universitaire, conduite dans les différents établissements d’enseignement supérieur et celle menée dans des établissements relevant de la tutelle technique d’autres départements ministériels (recherche extra-universitaire ou sectorielle comme on la désigne génériquement) ou dans le secteur privé.
Ensuite, ma deuxième préoccupation aurait la proposition de solutions aux problèmes spécifiques à chacun des deux domaines de la recherche (universitaire et extra-universitaire) et ce dans le cadre d’une vision qui consacre leur caractère complémentaire (recherche fondamentale et recherche appliquée), favorise la mutualisation des moyens, facilite la valorisation des résultats et enfin, plaide ou montre la voie d’avoir plus de clients publics et privés, nationaux et étrangers pour ces deux types de recherche.
La voie pour un financement suffisant, devrait trouver une solution dans une telle proposition. Cette approche aurait conduit à la nécessité de revoir l’actuel arsenal juridique régissant d’un côté, l’enseignement supérieur et de l’autre, la recherche scientifique.
La priorité serait accordée à l’adoption de deux lois référentielles, l’une pour l’enseignement supérieur et l’autre pour la recherche scientifique. Cette dernière devra servir de base pour les statuts particuliers des institutions qui mènent la recherche sectorielle et ce selon leurs particularités respectives (éviter de recopier la nature ou la nomenclature des primes et indemnités du décret 2006-126 qui mérite d’être revu à la lumière de la présente réflexion).
Un détail très important lié à cette révision du cadre réglementaire serait, à mon avis, une redéfinition du concept ‘’enseignant-chercheur’’ pour distinguer la mission et les avantages à accorder à un enseignant dans un établissement d’enseignement supérieur par rapport à un enseignant qui fait obligatoirement la recherche à côté des cours dispensés.
Au niveau institutionnel, on a besoin de structures appropriées de par leurs natures, leurs missions et leur ancrage administratif afin d’assurer efficacement la mise en œuvre de la stratégie en cours d’élaboration, la coordination de l’action des différents parties impliquées et le suivi-évaluation des programmes, des institutions et des personnels de recherche.
Tout ceci devrait se réaliser dans le cadre d’une stratégie habilement conçue autour de 2 ou 3 objectifs globaux, valables sur une longue période et d’un nombre limité d’axes stratégiques.
Ces derniers doivent être déclinés en un ensemble plus large d’objectifs spécifiques pouvant être détaillés, eux aussi, en actions prioritaires et activités à caractère répétitif ou continu. Là, un axe gouvernance, serait incontournable.
Par ailleurs, je reconnais que tous les participants à l’atelier du lundi étaient unanimes sur le fait que le projet de stratégie présenté constitue, de par la quantité et la qualité des données qu’il rassemble, une base solide qu’il convient soumettre à l’ensemble des acteurs concernés ; le but étant de l’enrichir par des contributions répondant aux préoccupations propres à ces acteurs. Serait-ce ainsi là un pas décisif sur la voie de la promotion de la recherche scientifique nationale.
Enfin, je suppose que tous les mauritaniens souhaitent que la stratégie en perspective puisse réellement impulser la recherche scientifique nationale de manière à accroitre davantage ses contributions au développement économique et social du pays, au décodage des énigmes de son histoire ainsi qu’à son rayonnement culturel. Amin !

Source : Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb

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