Remaniement en Mauritanie : Scandales, parité et disparités

disparitésUne fois encore, le président Aziz a pris de cours tout le monde. Alors qu’on marchait à Nouakchott contre Charlie Hebdo et qu’on devisait sur un possible dialogue entre la majorité et l’opposition, il décide tout d’un coup de « reconfigurer » l’équipe gouvernementale pourtant formée il y a à peine quatre mois. Y avait-il urgence à cela? On peut dire, sans risque de se tromper, oui et non.

La série de scandales ayant secoué le ministère des Finances et la Somelec (Société mauritanienne d’électricité) rendait hypothétique le maintien à son poste de l’argentier du pays Thiam Diombar. Certes, l’homme n’a très probablement rien à voir avec les milliards d’ouguiyas que l’Etat est obligé aujourd’hui de passer en pertes et non profits mais on peut croire qu’il ne tenait plus suffisamment fort la baraque. Et cela fait mal à un pouvoir qui, on le sait, a bâti une bonne partie de sa renommée sur la lutte contre la gabegie.

Le limogeage, coup sur coup, du gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie, de l’Inspecteur général d’Etat (IGE) ainsi que du Directeur général de la Caisse de Dépôt et de Développement (CDD) annonçait une bourrasque sur le gouvernement du Premier ministre Yahya Ould Hademine.

La première remarque qui s’impose est que Thiam Diombar, pourtant artisan de l’embellie économique de ces trois dernières années, avec le gouverneur de la BCM, Sid’Ahmed Ould Raiess, lui aussi débarqué, suite au dépôt de bilan de la Maurisbank, et le ministre des Affaires économiques, Sidi Ould Tah, maintenu, paye pour les erreurs des autres : l’ancien Trésorier général (aujourd’hui conseiller technique), qui assure la tutelle directe sur les trésoriers régionaux, les walis eux-mêmes et l’IGE. Il a peut être également été sacrifié sur l’autel de la guerre entre les puissants lobbies économiques qui ont su mobiliser contre lui, plusieurs semaines durant, tous les  (photo) flibustiers de la presse. Thiam Diombar cède sa place à Moctar Ould Diay qui, jusqu’à sa nomination, était à la tête de la direction générale des Impôts, la « terreur » des hommes d’affaires et des entreprises. Ceux qui ne l’aimaient pas disaient même qu’il était l’arme du pouvoir pour casser les hommes d’affaires qui ne se pliaient pas à sa volonté en les frappant de lourds impôts synonymes de mise à mort certaine.

Plus de femmes au gouvernement

Elles sont maintenant sept au gouvernement : Affaires étrangères, Affaires sociales, Culture et artisanat, Elevage, Jeunesse et sports, Secrétariat général du Gouvernement et Mauritaniens de l’étranger. Certes, ce n’est pas encore la parité appliquée dans certains pays comme la France, mais c’est tout de même le double des postes que les pouvoirs précédents consacraient à la gent féminine. Les femmes accaparent aujourd’hui 25% du gouvernement avec le retour à un ministère de souveraineté, celui des Affaires étrangères dévolu à Mint Soueyne’e. D’aucuns pensent que cette « offrande » politique est faite pour apaiser un peu les esprits, au sein d’une communauté dont l’un des fils vient d’être condamné pour apostasie. Est-ce également la même logique qui a présidé à l’octroi d’un portefeuille de plus à la communauté haratine, après la condamnation à deux ans de prison ferme de Biram Ould Dah Ould Abeid et de Brahim Bilal Ramdane, respectivement président et vice-président de l’Initiative pour la Résurgence d’un mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA) ? On n’est pas loin de le penser.

Mais la sensation du changement passée, on se demande si le « contingent » féminin du gouvernement remanié d’Ould Hademine va tenir la route. Le sort de la pauvre ministre de la Jeunesse et des Sports, Houleymata Sao, sortie au bout de quatre mois, on ne sait pourquoi, plane comme une épée de Damoclès sur la tête des nouvelles élues. Elles savent quand elles sont entrées dans la cour des grands mais n’ont aucune idée du moment où elles seront éjectées de leurs moelleux fauteuils de ministres. Alors elles feront comme tout nouveau « ministré » : jouir pleinement du moment présent, car, dans la conjoncture politique actuelle, les changements sont imprévisibles.

Source : Elhourriya

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