Remaniement : Il arrivera, au moment le moins attendu

Le gouvernement bénéficie, lui aussi, d’une sorte de « repos biologique ». Depuis quelques semaines, personne n’en parle. Ni en bien, ni en mal.

A croire que les pronostiqueurs, ceux qui ont souvent joué au « il part, il reste », ont finalement compris que le fait de suggérer

au président Aziz de renvoyer l’équipe actuelle aux vestiaires produit exactement l’effet contraire de ce qui est recherché.

Il y a aussi que le sort du gouvernement actuel est fatalement lié à celui du président Aziz. Un président en convalescence, c’est forcément pour les ministres une période d’incertitude et de flottement qui ne prendra fin qu’avec le retour du rais. Alors on saura vraiment s’il est en mesure de continuer son quinquennat ou s’il va jeter l’éponge, comme on dit. Dans un cas, comme dans l’autre, la question du changement d’équipe reste posée.

Aziz qui a changé le gouvernement deux fois en un an (il a été remanié fin mars 2011) ne l’a plus fait depuis. Et on était parti pour croire qu’il ne le ferait plus jusqu’à la tenue des prochaines élections municipales et législatives qui devraient déterminer les nouveaux rapports de force.

Mais l’incident de « Tweïla » ne peut pas avoir laissé la perception des choses en l’état. Il y aura, forcément, un avant et un après. Sur tous les plans. Il n’est plus question maintenant d’interpréter un éventuel changement comme un signe d’échec ou d’instabilité caractérielle d’un pouvoir qui n’inscrit rien dans la durée. Ce ne sera plus une telle vision qui empêcherait Ould Abdel Aziz de faire le changement (chambardement ou léger remaniement) qu’il pense nécessaire. S’il a choisi de laisser encore Ould Mohamed Laghdaf en place, c’est qu’il juge que l’homme peut encore lui être utile. Une réflexion présidentielle, universellement établie, veut qu’on s’assure toujours qu’un second a d’abord pour rôle essentiel de servir de fusible quand les choses commencent à se gâter. L’on apprécie largement que le président de la République prenne les choses en main lui-même. Tous les responsables vous le disent aujourd’hui : rien n’est plus comme avant. La prudence est de mise pour ne pas être limogé ou même jeté dans le gnouf. Les ministres, eux-mêmes, « pâtissent » de cet excès de contrôle présidentiel puisqu’ils ne peuvent plus user – et abuser – de leurs prérogatives gouvernementales pour distribuer les faveurs à leurs parents, amis et proches. Ce qui pouvait donc amener Ould Abdel Aziz à pousser vers la porte son actuel PM, avec une bonne partie de son équipe, se trouvait ailleurs. Dans cette incapacité du gouvernement à donner une lisibilité à son action économique et sociale.

La question qui se pose maintenant est de savoir si le président qui nous reviendra de Paris, étant capable de continuer, aura atteint le seuil de conviction pour se dire qu’il faut « rebeloter ».

 

Source:Elhourriya

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