Remaniement ministériel : Véritable réajustement ou simple substitution ?

Chef de l'Etat1Alors que les tractations entre le pouvoir et le FNDU au sujet d’un hypothétique dialogue étaient toujours en cours, et au moment où personne ne s’y attendait plus, le Président de la République a procédé à un réaménagement du gouvernement de Yahya Ould Hademeine, dont la portée, le sens et les soubassements font l’objet de commentaires divergents de la part des analystes.
Ainsi, certains refusent de parler d’un remaniement et évoquent un léger réajustement et une simple substitution entre des hommes. Toujours est-il que quatre ministres – et non des moindres – ont fait leurs valises sans que l’on ne sache véritablement pour quelles raisons ils ont été débarqués.
Si pour certains on peut penser à « l’usure du pouvoir » ou à « l’espérance de vie moyenne » pour un ministre chez nous, qui est souvent courte, pour d’autres, cette explication ne tient pas.

Des explications tirées par les cheveux

Ainsi, Bâ Ousmane (Éducation nationale), Ould Rayess (Affaires économiques et du Développement) ont été assez longtemps aux affaires pour qu’on puisse imaginer qu’ils soient « victimes » de la lassitude du boss, qui a jugé nécessaire de promouvoir de nouvelles têtes.
Pour Ould Jelvoun (Santé), c’est moins évident dans la mesure où sa longévité n’était pas aussi remarquable. Par contre, on comprend moins le limogeage du Ministre des Affaires étrangères, Ould Meimou, qui est arrivé d’Addis-Abeba il y a à peine cinq mois.
Certains ont évoqué un malaise au niveau des cadres de ce département qui se plaindraient de la promotion de fonctionnaires venus d’autres horizons ; mais il est évident qu’un ministre qui n’a même pas encore fini de prendre ses marques n’a rien à voir avec cette situation qui, de toutes manières, n’est pas de la responsabilité des ministres qui se sont succédé.
Les nominations aux hautes fonctions relevant du seul Président de la République, surtout au département des affaires étrangères, qui est sa chasse gardée. En tout état de cause, cette instabilité à la tête de notre diplomatie n’est pas de nature à rassurer nos partenaires.
A l’ex-ministre de l’Education Nationale, on semble reprocher un prétendu scandale au sujet d’une équipe de football scolaire (école Nessiba 1) qui a raté un tournoi organisé par une chaîne de télévision qatari. « Parce qu’au ministère des fonctionnaires véreux ont cherché, semble-t-il, à soustraire 33 000 dollars à cette télévision ».
Là aussi, il faut avouer que l’explication est très légère pour justifier le déparquement d’un ministre. Surtout qu’il y a eu quand-même, par le passé, des scandales autrement plus graves, comme la fuite des épreuves du baccalauréat, par exemple. A moins qu’il ne s’agisse d’un simple prétexte. Comme on dit, « qui veut tuer son chien, l’accuse de rage ».
L’ex-ministre de la santé, Ould Jelvoune, serait lui « victime » de la fièvre du Rift, dont on parle plus depuis longtemps ! Une explication d’autant moins convaincante, qu’il y a eu un remaniement au mois de septembre dernier, au plus fort de la crise de cette fièvre, sans que le ministre ne soit inquiété.

Ould Raïss a-t-il démissionné ?

Le cas de Ould Raïss semble plus « logique ». On évoque en effet des frictions avec le ministre des Finances. Ould Diay n’aurait pas supporté que quelqu’un lui fasse ombrage dans son rôle de bouffon du Roi !
Certaines informations font même état d’une démission de Ould Raïsss ; ce qui aurait amené le Chef de l’Etat à carrément supprimer son ministère pour confier ses missions à Ould Diay !

Au-delà de ces explications peu convaincantes, ce qu’on peut retenir de ce remaniement c’est qu’il aura consacré la « victoire » du Premier Ministre Yahya Ould Hademine dans la guéguerre qui l’oppose à Moulaye Ould Mohaed Laghdaf, Minsitre Secrétaire Général de la Présidence, dont les deux derniers fidèles, en l’occurrence Bâ Ousmane et Ould Jelvoune, viennent d’être débarqués.
Autre enseignement, on est revenu, en le confortant, sur le principe des « quotas ». Chaque ministre a en effet été remplacé par son cousin le plus proche, pour maintenir les équilibres tribalo-ethniques. Ce faisant, le pouvoir reste aux mains des mêmes familles !
Et si toute cette histoire n’était qu’une simple diversion pour nous faire oublier le dossier de la drogue ?

Sikhousso

Source : L’Eveil Hebdo

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