Remaniement : pourquoi ce souhait de le voir se produire aujourd’hui, avant demain ?

DR-Sidi-El-Moctar-Ahmed-TalebDans les vieux temps, chacun souhaitait le changement du gouvernent. Deux raisons principales étaient dernière l’envie traditionnelle de voir se produire, tous les quelques mois, un remaniement partiel ou avec le changement de Premier Ministre.

D’abord, presque tout mauritanien était ministrable pour lui-même, pour ses amis et pour son entourage proche. Fils d’une grande tente ou case, d’un ancien fonctionnaire de l’administration coloniale, ou d’un érudit ou détenteur d’un diplôme supérieur, étaient les principaux atouts sur lesquels misaient les postulants ou aspirants-rêveurs.

Ensuite, l’instabilité des gouvernements était souvent comprise comme l’une des voies privilégiées pour une sorte de répartition de la richesse. Elle revêtait aussi un grain d’équité puisque les équilibres étaient plus ou moins observés à l’échelle des régions, des tribus, des ethnies et parfois même des courants et sensibilités politiques.

A cette époque là, le souci principal du Premier Responsable du pays était la préservation du pouvoir le plus longtemps possible. Et au lieu de chercher à s’y maintenir ou s’y éterniser par le biais de réalisations à impacts général sur le maximum de la population, il était plus facile de corrompre les leviers ou intermédiaires politiques, sociaux, religieux et autres pour faire reste du peuple en des moutons de panurge ou assurer sa loyauté.

Pour les théoriciens du système, l’argent facile se dépense de manière facile et donne l’impression générale que l’Etat est riche, distribue l’argent et crée, en conséquence, une opinion publique favorable au Pouvoir.

Un clin d’œil jeté sur le nombre des anciens ministres et leur classification sur la base des critères évoqués plus haut, feraient voir ou découvrir ces aspects de l’histoire politique du pays.

Dans l’ère d’Aziz, la stabilité est la devise, la politique d’équilibre est révolue, les alliances et le choix des hauts responsables, répondent à une nouvelle logique. Dans la pratique, le système de gouvernance de Son Excellence, se caractérise par la promotion des préalables de développement et de projets et initiative ayant des impacts directs sur les conditions de vie des populations : la généralisation des infrastructures de transport, de communication, d’eau et électricité, de santé, d’éducation, de projets de génération de revenus et d’autres initiatives du genre« Solidarité 2011″ et « Emel de 2012″ qui continue ses services d’aide aux populations les plus nécessiteuses sur toute l’étendue du territoire national.

Mais, la catastrophe est que les collaborateurs jusqu’ici choisis, ne semblent pas saisir que la réalisation qualitative de ces ambitions présidentielles est étroitement liée à la rupture avec les anciennes pratiques de gestion des deniers publics.

Quant aux rumeurs persistantes au sujet d’un remaniement ministériel et du souhait grandissant de le voir se produire aujourd’hui, avant demain, plusieurs explications sont abordées dans les salons de la capitale et partagées par une certaine clientèle.

Pour beaucoup d’observateurs, cette envie obsédante d’un remaniement serait attribuable à l’absence d’harmonie supposée entre les membres de l’équipe gouvernementale en place et aux manœuvres des alliés ou supportaires des« ailes du pouvoir ».

D’autres soupçonnent la vielle garde qui espère encore un retour maquillé à un système à la confection duquel elle avait finement contribué avec la complicité de beaucoup d’acteurs actifs ou influents aujourd’hui sur la scène nationale.

Il y a enfin, mais rares, ceux ayant l’espoir de voir tout nouveau remaniement concrétiser ce qui devrait être le programme d’un deuxième mandat présidentiel et comprendre les hommes capables d’une tâche aussi délicate que complexe.

Partir des réalités de la Mauritanie et des mauritaniens, être pragmatique et tenir compte de la conjoncture sous-régionale et internationale, feraient partie des conseils que nos vieux sages auraient à prodiguer tant à notre Majorité qu’à notre opposition, toutes tendances confondues.

En substance, ce conseil attire l’attention sur la nécessité de concevoir un système de gouvernance hybride, c’est-à-dire un système qui capitalise les expériences vécues de 1960 au 29 Juin 2015 par notre pays, intègre les évolutions récentes de notre société et tient compte des nouveaux facteurs de déstabilisation issus, entre autres, du soi-disant printemps arabe et des conséquences probables de tels facteurs.

Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb

Source : Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb

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