Rencontre régionale sur la sécurité nationale et la liberté d’information :Élaborer une vision commune pour une société ouverte.

Dakar abrite, depuis le lundi 1er octobre et jusqu’au 3 courant, une rencontre régionale sur la sécurité nationale et la liberté d’information en Afrique de l’Ouest et du Centre à l’initiative d’Open Society initiative for West Africa (OSIWA) et Open Society Justice Initiative (OSJI).

Cette consultation vise, selon les organisateurs,  » à contribuer au débat actuel sur la mise en place de relations, solides et viables, entre la sauvegarde des intérêts légitimes de la sécurité nationale et la promotion du droit du public à la liberté d’information, en donnant l’occasion, à des intervenants, plus particulièrement issus de la société civile, à des décideurs des institutions du secteur de la sécurité, à des représentants des institutions nationales des droits de l’Homme, à des universitaires, à des parlementaires, à des responsables politiques et à des représentants des gouvernements d’Afrique de l’Ouest et du Centre, de proposer une perspective régionale sur les conditions politiques et juridiques dans lesquelles s’insèrent les questions de liberté de l’information et de sécurité nationale « .

Ces perspectives apporteront, espèrent les organisateurs,  » une valeur et une dimension importantes aux rédacteurs des principes sur la sécurité nationale et la liberté d’information, dans leur travail de révision des principes préliminaires, et permettront d’établir une comparaison intéressante avec les résultats des consultations régionales qui se sont déroulées aux Etats- Unis, en Europe, en Amérique latine et en Asie, ainsi qu’avec la consultation régionale de l’Afrique de l’Est « .

Les pays identifiés pour cette réunion sont le Bénin, le Cameroun, le Congo (Brazzaville), le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, la République du Congo, le Sénégal et la Sierra- Léone.

Pour les besoins de cette consultation et afin de veiller à ce qu’il y ait le maximum de contributions de l’Afrique de l’Ouest, chacun des pays procèdera à une évaluation nationale dans le domaine de la sécurité (législation, procédures, pratiques et décisions politiques), qui restreignent ou garantissent le droit à l’information. Cette évaluation sera utilisée comme matériel supplémentaire de référence, lors de la consultation.

En Afrique de l’ouest, ‘’la promulgation de toutes les lois relatives à l’accès à l’information est encore très embryonnaire, avec seulement quatre pays ayant des lois sur la liberté, ce, en dépit du fait que tous les pays de la région ont ratifié la Charte africaine qui prévoit le droit à l’accès à l’information en son article 9’’, révèle la même source.

Equilibre entre la liberté d’information et la sécurité territoriale

La consultation régionale de trois jours a pour but de trouver des possibilités d’arriver à ‘’un juste équilibre entre la liberté d’information et la sécurité nationale dans la région africaine’’.

Pour rappel, un certain nombre de consultations se sont déroulées (essentiellement aux Etats-Unis, en Europe, en Amérique latine et en Asie), depuis le lancement du projet en 2010, et les recommandations qui en sont issues vont dans le sens de la poursuite des recherches et des consultations régionales, afin de renforcer les principes qui doivent refléter la dimension locale des politiques, législations, pratiques et défis de la sécurité nationale, quant à la promotion et la protection du droit du public à la liberté d’information.

Vue la différence des niveaux de développement et de sophistication, en matière de liberté de l’information, entre les pays africains sur le continent, les fondations régionales de l’Open Society en Afrique (OSIWA, OSIEA et OSISA) ont convenu que des consultations sous-régionales seraient les plus appropriées pour inscrire les principes dans leur contexte sous-régional puis régional. La réunion consultative régionale de l’Afrique de l’Ouest est la deuxième de ce type, après son homologue de l’Afrique de l’Est (sous l’égide d’OSIEA et d’OSJI) qui s’est déroulée en mai 2012, à Dar-es- Salam, en Tanzanie. Celle de l’Afrique australe (organisée par OSISA et OSF-Afrique du Sud, en collaboration avec OSJI), est prévue pour novembre 2012.

On a assisté, récemment, à une recrudescence de l’intérêt international, sur la façon de trouver un équilibre, entre le droit à la liberté de l’information et les intérêts de la sécurité nationale.

Au cours de ces dernières années, Open Society Justice Initiative (OSJI) a oeuvré à l’élaboration d’un ensemble de principes internationaux des meilleures pratiques permettant de relever les enjeux que représente la balance, nécessaire, entre les intérêts de la sécurité nationale et la liberté d’information (FOI), dans le cadre de la promotion et de la protection du droit à savoir du public.

Ces principes sont destinés à servir de guide/ressource, pour les personnes engagées dans la rédaction ou la révision de la classification de la législation ou des lois connexes prévoyant des dispositions sur le pouvoir du gouvernement à ne pas divulguer des informations, pour des raisons de sécurité nationale, et à imposer leur observation à une vaste palette de parties prenantes. Les principes préliminaires sont basés sur des normes juridiques, des procédures et des pratiques évolutives internationales et nationales.

Des suggestions sur les meilleurs principes de la liberté d’information et de la sécurité nationale seront formulées à l’issue de cette rencontre. Les participants élaboreront une vision commune pour une société ouverte et responsable. Signalons, enfin, que la Mauritanie est représentée, à cette rencontre, par une importante délégation composée d’universitaires, de parlementaires, de journalistes, de membres de la société civile et de la sécurité.

THIAM MAMADOU

ENVOYÉ SPÉCIAL À DAKAR

Source: LECALAME


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