Réponses de Son Excellence le Ministre de l’Environnement et du Développement Durable aux questions posées par Mr Dianfa Traoré (…)

Mr Dianfa TraoréQuestion 1 : Excellence Monsieur le Ministre, vous venez de prendre part à la Conférence de Paris sur le Climat(COP21), au terme de laquelle, un accord dit « historique » a été adopté par l’ensemble des pays de la planète. Quelle lecture faites-vous de celui-ci ?
Merci pour cette question, mais avant d’y répondre permettez moi tout d’abord de remercier l’ensemble des médias nationaux et internationaux qui ont couvert cette importante rencontre.
La COP21 était, en effet, un rendez-vous mondial qui a vu la communauté internationale plancher sur le devenir du climat et donc de la planète. Je dois dire, d’entrée de jeu, que notre pays, de par sa participation à tous les échelons de la Conférence, a été fortement remarqué aussi bien par l’envergure de sa délégation que par la qualité de ses contributions.
Le Président de la République, Son Excellence Mohamed Ould Abdel Aziz qui a pris part au sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement a particulièrement rehaussé le prestige de la délégation nationale conduite par moi-même et composée d’un segment technique fortement pourvu et diversifié.
Tous les secteurs concernés par le changement climatique y sont significativement représentés. Les élus parlementaires et locaux, la Société Civile, le secteur privé, les Médias étaient également fortement représentés.
Pour revenir à votre question, permettez-moi de préciser que l’accord de Paris sur le climat qui vient d’être adopté constitue une étape importante dans le processus de négociations du régime climatique mondial.
Il a la particularité de prendre en compte un paquet de mesures qui touchent les préoccupations des différents pays à savoir : l’adaptation des écosystèmes fragiles au changement climatique, l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre notamment dans les pays développés et émergents, le transfert des technologies résilientes au changement climatique des pays développés aux pays en voie de développement, le renforcement des capacités et surtout la mobilisation des financements.
Le financement qui a été un des points les plus âprement discutés et qui doit permettre l’atteinte des objectifs d’adaptation et d’atténuation a pu faire l’objet d’un consensus et devrait conduire à un flux financier mondial devant atteindre 100 Milliards de Dollars à compter de 2020, date d’entrée en vigueur de l’Accord de Paris.
Nous pouvons dire que cet Accord peut être considéré comme ambitieux en ce sens qu’il se donne l’objectif de maintenir la hausse de la température mondiale à 2°C maximum d’ici à 2050. Il est équilibré puisqu’il prend en compte l’adaptation au même titre que l’atténuation, il est également équitable dès lors que le principe du pollueur payeur est consacré. Enfin, il est global parce que les 189 pays membres de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique y adhèrent.

Question 2 : la Mauritanie, par la voix du Président de la République, s’engage à réduire les émissions des gaz à effet de serre de 22,3% à l’horizon 2030. Quels mécanismes, comptez vous utiliser pour arriver à un tel objectif ?
La Mauritanie, à l’instar des pays africains, contribue très faiblement dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit moins de 0,0016 %. D’ailleurs, toute l’Afrique réunie ne contribue qu’à hauteur de 4%.des émissions mondiales.
Mais puisque nous nous sommes engagés à réduire le taux de nos émissions, nous comptons aller encore plus loin en vue d’atteindre l’objectif fixé à travers la politique, déjà en cours, de promotion des énergies renouvelables que sont le solaire, l’éolien et l’hydrique.
Le potentiel national de ces énergies est assez significatif et les efforts en ce sens sont déjà considérables avec un objectif de 100 Méga Watt /heure, durant les mois à venir ce qui conduirait à la couverture de plus de 25% de nos besoins énergétiques par des énergies propres.
Parallèlement à l’effort de promotion des énergies renouvelables, la Mauritanie poursuivra sa politique de restauration des écosystèmes tels que les reboisements, la régénération et la conservation des forêts des mangroves et des herbiers marins ce qui aura pour effets de rendre plus important la capacité de séquestration de carbone et donc de l’atténuation au changement climatique.

Question 3 : Quels sont les volets qui intéressent la Mauritanie dans le cadre de cet Accord ?
Ce qui intéresse la Mauritanie, au premier chef, c’est la réponse apportée à la question d’adaptation au changement climatique, à celle de renforcement des capacités nationales d’adaptation y compris le transfert des technologies mais aussi et surtout celle du financement.

Question 4 : Concrètement qu’attend la Mauritanie des engagements pris par la COP21 ?
Cet accord prévoit un engagement fort des pays développés à accompagner les pays vulnérables aux effets du changement climatique comme le nôtre. Nous attendons donc pouvoir bénéficier de toutes les opportunités qu’offre cet Accord en termes de financements pour mieux s’adapter en préservant nos écosystèmes, et davantage promouvoir nos énergies renouvelables qui constituent un axe prioritaire de la politique nationale de développement.

Question 5 : Pour lutter contre le réchauffement climatique, nombre de pays misent sur les énergies propres. Quelles sont les projections de la Mauritanie dans ce domaine ?
Comme je l’ai déjà indiqué dans mes réponses aux questions précédentes, la Mauritanie s’est engagée dans une politique ambitieuse de promotion des énergies renouvelables.
D’abord le solaire qui est une énergie dont regorge notre pays et en second lieu les énergies hydriques et éoliennes. La capitalisation de toutes ces énergies devrait emmener à l’objectif à court terme de 100 Méga Watt /heure, soit une couverture de 25% de nos besoins énergétiques par des énergies propres.

Question 6 : Il est établi que la Mauritanie possède une expérience réussie dans le domaine de la lutte contre la désertification, au niveau de la sous région sahélienne. Cette expérience, a-t-elle été évoquée dans la COP21 ? Si oui, va-t-elle bénéficier de nouveaux soutiens des bailleurs de fonds ?
Il est vrai que l’expérience de la Mauritanie en matière de lutte contre la désertification, est citée parmi les plus intéressantes de la région sahélienne et bien au-delà, dans le monde.
Durant cette Conférence, grâce à une bonne couverture spatiale et thématique de ses activités, par notre délégation, le profil environnemental global de notre pays, en particulier dans les secteurs comme celui de la désertification et ses corollaires, a été significativement mis en évidence.
Je dois, en ce sens souligner la participation réussie de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte à cette Conférence, en marge de laquelle elle a tenu un sommet extraordinaire, sous la Présidence de Son Excellence Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République et en présence des chefs d’État membres, du Président Français François Hollande et de plusieurs organisations techniques et financières régionales et internationales.
À l’issu de ce sommet extraordinaire, la France s’est engagée à apporter une aide financière de 6 milliards d’Euros entre 2016 et 2020 et la Banque Africaine pour le Développement (BAD) à consentir un financement à hauteur de 2,5 milliards de Dollars. Ces financements contribueront sans doute à combattre la désertification dans l’espace de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte et d’y recréer les conditions de régénération des écosystèmes naturels et donc, à terme, la promotion d’un développement intégré au service des populations locales.
Dans le même sens, les financements attendus dans le cadre de l’Accord de Paris devraient, en grande partie, servir à la lutte contre le fléau de la désertification et les conséquences qu’il engendre.

Question 7 : Monsieur le Ministre, quelles sont les idées maitresses que vous vouliez dire pour mettre les mauritaniens en confiance avec leur environnement ?
Il faut dire que la Mauritanie est un pays dont l’environnement est fortement dégradé. Qu’il s’agisse de la faune ou de la flore, des écosystèmes continentaux ou marins et côtiers, des efforts ardus doivent encore être menés afin que les équilibres soient maintenus.
Je dois rappeler que l’environnement est l’affaire de tous. Chaque mauritanien doit être conscient que l’environnement est un tout intégré et qu’il en est lui-même un maillon essentiel.
Au-delà de notre environnement immédiat, nous avons le devoir et la responsabilité vis-à-vis de nous-mêmes et de celle des générations futures d’assurer une gestion durable de nos ressources naturelles.

Source : Communication Cop21

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