Report des élections d’octobre: Un nouveau piège à cons ?

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Selon divers de nos informateurs, il découle, des négociations entre le pouvoir, la CENI et la CAP, que le principe du report des élections, initialement prévues le 12 octobre prochain, est acquis.

Les différentes parties continuent à discuter, non seulement, de sa durée mais, aussi, de ce qu’il faudrait mettre en œuvre pour arriver à des élections consensuelles ; en somme, accéder aux revendications et de la CAP/AP et la COD. Les réunions se poursuivent activement.

Toujours selon les mêmes sources, le comité de suivi et la CENI plancheraient sur des « mesures d’accompagnement ». Comme on le sait, c’est le président de la République lui-même qui a évoqué l’idée, lors du show de Néma, d’un report, en le limitant à trois semaines, mais c’est, peut-être, justement cette limite arrêtée par le Raïs qui rend ardue les négociations.

La majorité redoute, très certainement, de susciter l’ire de son chef, en acceptant de reporter les élections sine die, comme l’avait annoncé, il y a quelques jours et à la surprise générale, le secrétaire général de l’APP, Ladji Traoré. La déclaration rendue publique, dimanche, par ledit parti, est venu rectifier le tir. Elle ébauche les mesures d’accompagnement à mettre en œuvre, quand l’ensemble des acteurs se seront mis d’accord sur le délai.

Mais, au-delà de la controverse – le Président est-il habilité à faire telle annonce ? – force est de constater que le délai paraît fort court, au vu de l’ampleur des actions à réaliser. On se croirait en mai-juin 2009, avant les négociations de Dakar. Un report de quelques semaines avait conduit le FNDD de l’époque de participer à la présidentielle de juillet.

Mais, comme l’a, d’ailleurs et à juste titre, fait observer Yahya Ould Wagf, président d’ADIL, il est matériellement impossible de réaliser, en moins de trois mois, l’audit du travail effectué depuis bientôt trois ans, par l’agence d’état-civil ; revoir le travail du RAVEL ; ouvrir la CENI à la COD, si jamais celle-ci était intéressée par les élections, et fonder un observatoire des élections, sans même parler de mettre en place un gouvernement d’union…

En réalité, il n’y a qu’une unique question, de fond : la gestion concertée du processus électoral. La COD et le pôle CAP/AP sont d’accord là-dessus. Certains observateurs de la place se demandent si le pouvoir n’est pas en train de tendre un piège à l’opposition, comme il avait réussi à le faire, en 2009.

Une chose est, en tout cas, certaine : si l’opposition se hasarde à accepter ce délai officieux qui circule depuis quelques jours, elle se fera, une fois encore, laminer par la majorité dont le chef et son gouvernement sont en campagne depuis plus d’une année. Dans une déclaration, au cours d’un meeting de la COD, le 18 août, à l’ancienne Maison des jeunes, Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP, a prévenu :

« L’opposition n’acceptera plus de tomber dans le piège, ni de se faire mordre deux fois dans le même trou ». Ould Maouloud, qui était des négociations de Dakar, rappelle : « En 2009, nous nous sommes trompés, en participant aux élections. Nous l’avons fortement regretté et, nous rendant compte que nous étions tombés dans un piège dangereux, nous nous en sommes mordus les doigts. On ne nous y reprendra plus. »

Si l’on s’en tient à ses déclarations, la COD reste donc, à ce jour, sur sa position de boycott. Par contre, le pôle CAP/AP paraît déterminé à arracher des garanties sérieuses, de la part du pouvoir, pour permettre, à tous les acteurs politiques, de participer aux prochaines élections. Faute de quoi, Messaoud et les soutiens de son initiative emboîteraient le pas à la COD, ce qui entamerait, lourdement, la crédibilité démocratique du pays. Un résultat qui n’arrangerait, évidemment, personne.

Dès lors, il appartient, aux uns et aux autres, de faire des sacrifices, pour permettre, aux Mauritaniens, de renouveler, dans la sérénité, leurs représentations. Il y va de l’intérêt de tous.

Dalay Lam
Source : Le Calame

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