[Reportage] Avec l’armée tchadienne, sur les traces de Boko Haram

Un soldat tchadienRFI: Mardi 24 février au soir, l’armée tchadienne annonçait avoir repoussé un aussaut des éléments de Boko Haram qui tentaient d’attaquer ses positions à Gambaru en territoire nigérian. Les Tchadiens indiquaient avoir perdu un homme et tué 207 éléments de Boko Haram. Reportage de notre envoyé spécial sur les positions de l’armée tchadienne, à proximité des zones de conflit.

L’armée tchadienne a tenu à montrer les matériels récupérés sur l’ennemi lors de la bataille de Wurgé et ramenés sur ses positions installées à l’écart de la ville nigériane de Gambaru. La base de l’armée tchadienne a été installée sur un espace dégagé, parsemé d’arbustes.

Par petites unités, les soldats se sont installés en cercle autour de la place centrale où on aperçoit, posée sur un gros porteur, une automitrailleuse. « C’est une automitrailleuse légère Panhard, nous l’avons récupérée sur l’ennemi pendant la bataille de Wurgé », explique le colonel Azem Bermandoa, porte-parole de l’armée tchadienne.

Pris par surprise

Plus loin sont exposés des véhicules pick-up, des motos, des armes de divers calibres. « Les motos sont les engins de prédilection des BH [Boko Haram]. Ils se transportent à deux ou trois pour mener des opérations. Il y a le conducteur et les deux autres, armés de kalachnikov, vous canardent », explique un jeune soldat ayant pris part à la bataille de Wurgé. « En les pourchassant, nous en avons assez détruits », ajoute-t-il. On aperçoit aussi deux prisonniers dont l’un a avoué, selon les soldats, avoir égorgé lui-même plusieurs personnes.

La bataille de Wurgé a été une surprise pour les islamistes qui essayaient de se rapprocher des positions tchadiennes, situées à une dizaine de kilomètres plus loin. Ce sont des informateurs nigérians qui ont alerté les forces tchadiennes parties au-devant de l’ennemi. L’effet de surprise a fonctionné, provoquant la débandade dans les rangs des islamistes qui ont laissé sur le champ plus de deux-cents hommes.

On quitte la base en direction de Wurgé en traversant la ville de Gambaru, désertée de toute sa population. On distingue ici une maison désertée, là une station-service occupée par Boko Haram qui y a peint son effigie, là un poste de contrôle de police des islamistes, détruit lors de l’assaut des forces tchadiennes sur Gambaru le 2 février 2015.

En sortant de Gambaru, on s’engage dans une vaste plaine parsemée d’épineux. On croise de temps en temps des villageois, des femmes et des enfants pour la plupart, qui reviennent dans les villages désertés pour récupérer des vivres. Ils saluent la colonne au passage.

Brève escarmouche avec des guetteursBH

On arrive à Wurgé, désertée après les combats de mardi dernier. Un village aux rues désertes où l’on aperçoit des carcasses de véhicules détruits. Un gros porteur, chargé de sacs de sucres, est abandonné. De centaines de chèvres sont regroupées à l’ombre d’épineux dans une vallée. Un chevreau l’air désemparé poursuit la colonne. Des soldats s’arrêtent pour l’abreuver.

La tête de la colonne tombe sur des guetteurs de Boko Haram revenus sur les lieux. Echange de tirs et course-poursuite. Deux islamistes sont tués et leurs motos détruites
Les chefs militaires ordonnent la fin de la poursuite. Retour à la base parce que le Nigeria n’a pas donné d’autorisation pour aller plus loin. Du moins pour le moment.

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