Reprise des audiences de la Cour Correctionnelle.

Après 45 jours d’absence pour vacances, le Président de la Cour Correctionnelle Numéro 2, Ahmed Vall Ould Lezgham, n’a pas traîné. Trois jours après repris service, il a entamé les audiences du 31 Octobre dernier pour la plus grande joie des familles des détenus, des prévenus eux-mêmes, notamment ceux de la prison de Dar Naïm et du Centre des Mineurs d’El Mina.


La salle était bondée de monde ce jour-là. Plusieurs dossiers ont été étudiés, certains âprement défendus, avec toujours ces réquisitoires sévères du Parquet. Un seul des nombreux verdicts de cette audience vous est donné ici, en attendant la suite dans notre prochaine édition. Il s’agit du cas de Khalifa Ould Mahmoud, 40 ans, condamné à 10 jours pour violence conjugale. Le couple a deux enfants.

L’un d’eux était tombé malade et Khalifa avait intimé l’ordre à son épouse de ne pas aller au travail, qu’il allait dire son patron de la renvoyer si elle venait. Mais cette dernière lui avait dit qu’elle ne sèchera pas son boulot, c’est avec ça, lui aurait-elle dit qu’elle gagne de l’argent pour subvenir aux besoins de ses gosses.

Elle lui a clairement dit qu’il pouvait lui-même s’occuper de l’enfant jusqu’à son retour, comme de toute façon, l’état de la maladie n’était pas grave. Mais Khalifa campa sur sa position, lui interdisant de franchir le seuil de la porte. Malgré elle, la femme qui travaille comme bonne se rendit à son lieu de travail. Fou de rage, Khalifa la suivit, criant sa colère à haute voix, s’en prenant même aux patrons de sa femme.

Excédée, la patronne lui demanda de dégager, sinon elle allait faire appel à la police, le trouvant impoli et mal éduqué pour s’engouffrer comme ça chez les gens. Elle lui dit que s’il a des problèmes à régler avec sa femme, il faut qu’il le fasse chez lui et non ailleurs. N’écoutant rien de ce qu’on lui disait, Khalifa se précipita dans le salon où sa femme s’affairait et commença à la rouer de coups. Le patron et la patronne vinrent à la rescousse et le rouèrent de coups.

Comme un fou, Khalifa parvint à trainer sa femme dehors où il continua à la bastonner. Le temps que les passants excédés n’interviennent, il avait déjà embarqué sa femme dans un taxi. Une fois sur place, il s’enferma avec elle dans la chambre.

Mais les parents de la jeune femme étaient déjà alertés. Ils arrivent en tombe, pour entendre les cris de la femme et forcèrent la serrure. L’affaire se termina devant le Commissariat d’El Mina 1. Là, Khalifa prit les devants pour accuser sa belle-famille de l’avoir violenté. Déferré devant le Procureur de la République, Khalifa fut déposé en prison.

A présent, la famille n’exige qu’une seule chose, que Khalifa se sépare de la jeune femme de 24 ans qu’il frappe régulièrement. Le jour du procès, toute la famille était présente, heureuse tout de même que Khalifa ait croupi en prison pendant tout ce temps et espérant encore plus. Le Substitut, au cours de l’audience, décrivit Khalifa comme une brute sans cœur et qu’il devait prendre au moins 10 ans pour apprendre à vivre en société. Mais la Cour fut indulgente en le condamnant à 10 jours d’emprisonnement.

Aminétou Mint Moctar, la Présidente de l’ONG (Association des femmes chefs de famille) y était. Elle voulait que Khalifa soit condamné entre 10 à 15 ans de prison pour qu’il ne brutalise plus une femme, qui selon elle, constitue une grande importance dans tous les pays du monde et que les hommes en principe devraient respecter les femmes dans tous les domaines. Khalifa devra sortir le Dimanche, 11 Novembre prochain. Sa belle-famille l’attend de pied ferme pour lui exiger le divorce de leur file.

 

Source:Cridem

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