République Informelle : Bouillon d’humeurs et d’opinions

République-informelleOn prête à l’ancien Président Maouya, d’avoir une fois, lors de l’une de ses fréquentes sautes d’humeurs, confié à l’un de ses rares confidents, qu’il dirigeait « un pays qui marche par hasard« . Comme si les pays pouvaient marcher ainsi. Un pays marche quand il est bien dirigé, et correctement géré. Et gérer, c’est prévoir. C’est aussi, ce qu’on appelle de nos jours, la bonne gouvernance. Il existe différents types de régime politiques. Le notre, est difficilement apte à la catégorisation. Les derniers événements du nord, en font un système d’une originalité atypique.

La République Islamique de Mauritanie devient donc la République Informelle des Maires. Apparemment, les choses sérieuses se règlent à l’informel ! Pour ce qui est de la crise de la SNIM (société nationale industrielle et minière), aucune structure officielle (Présidence, Primature, Ministère de tutelle, société en crise, médiateur de la République) ne s’est occupée, durant deux mois, du sort de plus de 3000 employés (et leurs familles), ainsi que du devenir d’une institution à l’apport indispensable au budget de la République informelle.

D’abord, il faut le reconnaître, il y a eu l’arrivée d’une importante délégation ministérielle. Son discours s’était limité, avant de rentrer précipitamment à Nouakchott, à donner aux grévistes, le choix entre le néant et le non-être : mourir ou crever. Aussi, une délégation du parti du au pouvoir s’était rendue sur place. Elle en était revenue sourde et muette.

Peu après, il y a eu Ba Yahya, le bouillonnant ministre et non moins tonitruant et prétentieux député, qui avait commencé des négociations avec les grévistes. Selon certaines rumeurs -ici on ne communique pas- il était mandaté par le Président de la République en personne. Ce dernier, s’en était démarqué, lorsqu’il était, dit-on, à un empan de conclure un compromis avec les mineurs. Le Chef avait alors, signe de désintéressement, et de minimisation méprisante, enclenché son marathon vers l’est.

Ensuite, étaient venues les déclarations assez tranchées du Président, lui-même, au cours de son historique conférence de presse du jeudi 26 mars, selon lesquelles aucune concession n’était envisageable.

Plus tard, on va apprendre l’entrée en scène de l’Homme du Président, le maire de Zouerate, et fraîchement Président de l’association des maires de Mauritanie, dont il n’est pas exclu qu’il devienne, sous peu, le président de tous les Pères aussi.

L’homme, que je ne connais pas du tout, ne passerait pas inaperçu, et ne laisserait pas indifférent. Je sais, quand même, qu’il est direct et franc. C’est mieux que de dire qu’il est direct et €. Je l’avais vu évoquant les fameux 48% que la loi de la République lui avait accordés en compensation de sa sueur et son dur labeur. Il avait même joint le geste à la parole, en essuyant son front qui m’a semblé tout à fait sec. Il ne pouvait en être autrement, pour un homme « climatisé », au sens d’acclimatation. Mouna Mint Ennass avait d’ailleurs consacré un brillant article à ce sujet sous le titre « Je sue et je suis..« .

Je n’ai rien contre le Monsieur, et la loi, c’est la loi, comme on dit dans notre chère Afrique. Si elle donne même 100 %, en compensation des sueurs de quelqu’un en hibernation chez les esquimaux, elle sera toujours la loi, et il faut l’appliquer. Ce n’était d’ailleurs, parait-il, que 60% avant que le taux ne soit ramené, selon le Président au cours de sa tumultueuse conférence de presse, marquée par cet envahissant et particulièrement coriace et tenace journaliste Wedia. Le Président avait même émis un sérieux doute sur le fait que Le MAIRE ait vraiment tenu ces propos. Pourtant, la vidéo avait fait le tour des réseaux sociaux. Vous savez, disait-il, « durant les discours de campagnes électorales, on dit n’importe quoi!« . A en déduire, que lui-même, au cours des mêmes occasions, il nous disait tout ce qui passait par son singulièrement éclairé d’esprit. 

Au maire de la cité minière, nous sommes redevables aujourd’hui, une nouvelle fois. Selon la Télé-vide télé-rien télé-qui, dans son journal de ce 02 avril 2015, il aurait arrangé le problème des mineurs. Il mérite qu’on lui innova une loi, pour lui accorder, en contrepartie de sa salive et sueur, 75% du chiffre d’affaires de la SNIM, actualisable à effet rétroactif, lorsque les prix du minerai de fer grimperont de nouveau.

Nous devons aussi organiser, dans les meilleurs délais, un référendum pour lui accorder des avantages constitutionnels à hauteur de 82 % (comme le score du président) des revenus de la ressource halieutique. Il parait, malgré qu’il ne soit plus fonctionnaire, qu’il demeure le principal négociateur avec la CE (Commission Européenne) pour les juteux accords de pêche.

Dans l’histoire des peuples, il y a toujours eu de grands hommes dont les intérêts se sont confondus et ont fondu dans ceux de leur pays. Notre homme me rappelle Karim Wade, du temps où on l’appelait, à tort ou à raison, le Ministre du ciel et de la terre. J’espère que le couronnement de leurs « œuvres » ne sera pas identique.

C’est ça les vaillants fils du peuple de héros.
C’est ça aussi les compétences au service de soi, et de la nation (moi je me suis enrichi, et le pays aussi. Lui, avant le pays, comme un associé majoritaire.) (cf vidéo).
C’est ça la sous-traitance des affaires de l’Etat.
C’est ça la maltraitance de la chose publique.
C’est ça la déliquescence de l’Etat, par la démission, du service public.
Mais nous devons breveter notre innovation de régime politique Informel.
Ne pensez-vous pas qu’on prépare cet honorable citoyen, à des missions nettement plus importantes ?
Je pense que si ! Wait and see !

Debellahi Abdeljelil

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge