Résister ou Périr


La crise multiforme que vit actuellement notre pays prend de l’ampleur, jour après jour. A propos de cette crise, le citoyen Lambda a tendance à Oumar Tafsir Bocoumlui donner la seule dimension politique. C’est une erreur. Au-delà des divergences de vues entre le pouvoir et l’opposition sur le système de gouvernance politique, d’autres crises viennent compliquer la situation.

 1 – Crise morale

 Depuis quelques temps des évènements nous rappellent que nous nous installons dans un contexte de crise morale grave dénoncée par le discours des hommes politiques (de l’opposition), soit dans leurs états-majors, soit dans la rue, mais aussi par les médias indépendants, les mouvements associatifs, les ONG etc….

 Ces évènements concernent surtout la recrudescence de la violence urbaine dont le pic est atteint par le crime de sang froid dont sont victimes de paisibles citoyens triés au hasard dans les zones périurbaines de Nouakchott et Nouadhibou.

 Ce qui est triste, c’est que le phénomène fait peu d’écho et d’émotion dans le camp de l’administration. On a même l’impression que le vacarme des sirènes des forces de sécurité entendu chaque soir entre 19h et 20h a pour but de clouer les gens dans leurs maisons pour permettre aux malfrats de commettre leurs forfaits sans témoin.

 Qui sont-ils justement ces tueurs ?

 Selon des recoupements que je me suis amusé à faire en lisant  la presse sur deux semaines, tous  journaux confondus, il s’agirait de criminels connus et fichés par les services de sécurité et de la justice, ce qui explique alors la gravité de la situation. Plusieurs questions se bousculent alors dans ma tête :

 Où est l’Etat ?

Que fait – il ?

A quoi servent ces moyens humains, financiers et logistiques destinés à assurer la sécurité du citoyen (premier devoir régalien de tout Etat) ?

Je finis par me résoudre à retenir une seule idée, c’est que notre puissance publique se donne peu de souci pour la sécurité du citoyen, du moins pour celui qui habite dans ces zones là.

 Prenons à l’inverse, le scénario d’un crime qui serait commis quelque part à Tevragh-zeina et dont serait victime la famille d’un haut dirigeant ou celle d’un puissant homme d’affaires. La réaction de l’Etat serait, à n’en pas douter, non seulement immédiate mais surtout énergique. Les éléments affectés à la sécurité de la ville ne quitteraient plus de leur regard le mouvement de chaque personne, ni l’entrée de chaque maison là-bas, 24h/24. Cela voudrait dire donc que nous avons une sécurité à deux vitesses.

L’autre aspect de la crise morale est cette information reçue comme une douche froide, relayée par les différents sites électroniques et faisant état, à tort ou à raison, de l’implication dans le blanchiment d’argent, voire de la drogue, de notre actuel Président, au temps où il assurait le commandement du BASEP, le tout via une collaboration avec un consultant en sécurité de nationalité malienne, un citoyen Irakien, un citoyen Ghanéen et une citoyenne Mauritanienne de haut rang administratif.

 Ces faits, si troublants et gravissimes, méritent de faire l’objet d’un déballage public et en toute urgence.

 VRAI ! Les accusateurs doivent alors le prouver

FAUX ! Les accusés doivent réagir et se défendre

 En effet, il s’agit de défendre nos valeurs, notre grandeur, notre dignité, notre foi islamique.  Cette situation, que je qualifie d’eau souillée, n’est pas seulement versée sur la figure de notre Président mais aussi sur celle de toutes les  composantes de la nation.

 TROP C’EST TROP !

Suffit, la disparition mystérieuse des 20 millions d’euros sur les accords de pêche avec l’Union Européenne, suffit les balles données et reçues au sein de la famille présidentielle, suffit le harcèlement fiscal sur les opérateurs économiques, suffit la désintégration des avions militaires Tucano au dessus de nos têtes, suffit les tracasseries endurées par les citoyens pour accéder aux documents d’identification biométriques, suffit enfin la psychose générale et quotidienne vécue par la population chaque jour que Dieu fait, à la tombée de la nuit, du fait des crimes qu’on signale çà et là.

 Cette série noire qui a atteint maintenant la ligne rouge et le point de déshonneur doit enfin s’arrêter.

 2- Crise sociale

 Elle englobe plusieurs aspects :

-         Le désarroi des ménages face à la montée exponentielle des prix des denrées de première nécessité.

-         Les séquelles de la pratique esclavagiste, réprimée dans les textes mais qui continue à faire libre cours dans nos campagnes et même en milieu urbain.

-         L’exclusion et la stigmatisation de la composante négro-africaine, en particulier l’abandon à mi parcours à leur propre sort des revenants de la déportation, contre promesses peu ou non tenues des autorités nationales.

-         L’absence de vision, ni de solution face au chômage dont le taux est considéré comme l’un des plus élevés d’Afrique.

 Le grand paradoxe est que cette crise sociale alimente chaque jour le débat politique entre les deux pôles antagonistes que sont le pouvoir et l’opposition sans que tous les deux ne puissent parvenir à une évaluation consensuelle, ni une solution appropriée.

Quel malheur ! Pour un pays ne comptant que quatre ethnies seulement, un pays de moins de 5 millions d’habitants, un pays à 100% musulman et de surcroit, un pays dont le sous sol et la surface regorgent de richesses qui aiguisent tous les appétits.

 J’accuse le régime militaire qui a rompu le contrat social avec le peuple depuis qu’il a trahi son engagement de se retirer de la scène politique après la période de transition.

 Le préjudice subi par le peuple par la mise à l’écart du seul Président démocratiquement élu de notre histoire ne peut être réparé que par le retrait pour de bon de ces militaires de la sphère politique et le bannissement de tout accès au pouvoir par la force des armes.

 Malheureusement le mal est maintenant très profond. L’épine devient donc difficile à retirer du pied. Mais l’histoire d’un peuple ne se résume pas au destin que veut lui donner un régime militaire. Il n’échappe en effet à personne que ce peuple souffre en ce moment, discrètement et dignement.

 Les clignotants rouges s’allument de toutes parts. Les messages de détresse arrivent de partout et nos dirigeants s’obstinent à  ne pas regarder dans le rétroviseur pour constater les dégâts et rectifier les méthodes.

 En tout cas, si ce scénario perdure, il ne restera à ce peuple que deux choix :

Résister ou Périr.

 Oumar Tafsir Bocoum

Parti de la Convergence Démocratique Nationale                

 

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