RFD : Déclaration sur la situation politique et sociale actuelle adoptée par le Bureau Exécutif lors de sa session tenue du 28/12/ 2014 au 06/01/2015

rfd Personne ne peut contester que l’unité nationale et la cohésion entre les différentes composantes de notre peuple se fissurent de jour en jour et se lézardent. La désunion, la haine et l’aigreur entre les composantes ethniques et sociales sont devenues si fortes que les appels à la balkanisation du pays et à l’insurrection armée deviennent des mots d’ordre et des slogans portés au grand jour.
Cette situation n’est que l’inéluctable conséquence du mépris, du manque de discernement et de la politique de courte vue avec lesquels Mohamed O. Abdel Aziz conçoit la chose publique et exerce son pouvoir.
Elle découle aussi des manœuvres politiciennes – faites au grand jour ou dans l’opacité – auxquelles il s’adonne cultivant la désunion des composantes de notre peuple, les dressant les unes contre les autres et offrant aux extrémistes les plus grandes opportunités pour développer à travers les médias d’Etat leurs discours de haine et de discorde.
Le régime a rejeté les propositions et recommandations faites par le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) consignées dans son programme national et dans tous les documents issus de ses congrès et instances exécutives traitant de l’unité nationale dont, en premier lieu, son appel à l’abolition définitive de l’esclavage et à l’enterrement de toutes ses séquelles.
A cet égard, le RFD a fait appel à un sursaut national véritable où l’ensemble des énergies et ressources seront mobilisées pour réparer les innombrables torts subis par nos concitoyens déshérités et marginalisées qui ont souffert le martyr.
Les saints préceptes de l’Islam, les règles et fondements du droit et de l’équité, l’instruction civique et citoyenne feront bon ménage et constitueront avec les moyens dont dispose la puissance publique un outil efficace permettant de mettre fin rapidement à cette tare.
Le pouvoir a fait également la sourde oreille aux appels lancés, pour faire face à ce fléau social, par plusieurs partis politiques et organismes de la société civile, notamment dans la Charte pour les Droits Politiques, Economiques et Sociaux des Haratines, lui préférant la politique de la poudre aux yeux qu’il mène par des projets mal articulés, conçus pour des objectifs de propagande, sans que les populations cibles y soient associés, dont la gestion est confiée à des hommes connus pour leur qualité de thuriféraires. Il use ainsi de son procédé classique, chaque fois que des situations de tension menace son pouvoir.
Le traitement du douloureux passif humanitaire s’est fait dans l’improvisation, le manque de rigueur et le défaut du sérieux. Plusieurs milliers de rapatriés mauritaniens n’ont pu, jusqu’à présent, recouvrer leurs droits fondamentaux de citoyens ; le harcèlement, les brimades des autorités et le refus de l’accès à l’enrôlement, sont le lot de milliers de nos citoyens ressortissants de la Vallée alors que des non mauritaniens sont naturalisés en grand nombre, frauduleusement.
Parallèlement à cette gestion politique dévastatrice, le système éducatif s’effondre à vue d’œil ; il est incapable d’accomplir, tant soit peu, sa mission salvatrice de facteur d’unité nationale et d’instrument de promotion sociale pour les couches déshéritées.
Présumée lieu d’égalité des chances entre pauvres et riches (ou moins pauvres) où l’épanouissement se fait sur la base du seul mérite, l’école publique a été remplacée par deux « systèmes éducatifs » parallèles, fréquentées par deux mondes entre lesquels n’existe aucune passerelle mais qui, néanmoins, en partagent l’échec lamentable dû aux piètres performances, au manque de moyens et à l’absence de sérieux dans les méthodes…
La situation des institutions militaires et de sécurité, dont la mission première est censée être la consécration du principe de l’égalité en tant que creuset d’unité entre ses membres, n’est guère plus reluisante.
Le recrutement, le déroulement des carrières et l’accession aux hautes fonctions se font sur des bases de clientélisme et de tribalisme, loin de toute considération objective de compétence, d’aptitude au commandement ou d’expérience, entrainant plus de marginalisation pour leur personnel issu de condition modeste.
L’état piteux des services de santé n’échappe à personne. Acquis moyennant des commissions allouées à certains proches des hautes sphères du pouvoir, les équipements hospitaliers, souvent défectueux, ne tardent pas à tomber en panne quelques semaines après leur réception.
La Société publique CAMEC a perdu prés d’un milliard d’ouguiya, déposé, sur ordre supérieur, auprès d’une banque privée en faillite. Dans le domaine de la santé, les disparités entre pauvres et riches (ou moins pauvres) est manifeste : les premiers sont pensionnaires d’établissements publics dont l’état est pitoyable et où les conditions minimales d’hygiène font défaut ; les seconds se soignent dans des cliniques privées, sur lesquelles aucun contrôle n’est exercé par la tutelle, ou vont se faire traiter, à grand frais, à l’étranger.
Au plan économique, le déficit pluviométrique augure malheureusement d’une année de sécheresse des plus graves pour certaines régions du pays. L’année 2015 sera également marquée par la baisse du prix des exportations minières, en particulier du fer dont le cours mondial ne cesse de baisser, compromettant la capacité de la SNIM à maintenir son rythme actuel de production avec l’impact négatif que cela aura, immanquablement, sur l’économie nationale dans son ensemble.
A cet égard, le RFD n’a cessé de dénoncer la lapidation des excédents de recettes générés ces six dernières années, grâce à la hausse sensible du cours du fer sur le marché international, et l’utilisation de ces excédents dans des projets n’ayant aucune relation avec les missions et l’objet social de la SNIM qui, aujourd’hui, est dans l’incapacité de faire face à la crise aigüe dans laquelle elle se débat, de l’avis des observateurs économiques avertis et même de ses propres dirigeants.
Le secteur de la pêche, quand à lui, continue d’être géré par des groupes d’intérêt et personnes totalement étrangères au Département ministériel qui définissent, à leur gré, la politique du Gouvernement en la matière, règlent par les moyens de la puissance publique leurs comptes personnels avec tous ceux qui osent défier leur volonté ou porter préjudice à leurs intérêts et se targuent, ouvertement, de s’être vertigineusement enrichies en détournant les biens de l’Etat, dans l’impunité.
S’agissant des denrées de première nécessité, leurs prix connaissent une hausse vertigineuse. Le programme dit « Emel » n’est qu’un subterfuge mis en place pour détourner, à volonté, les deniers publics au profit de l’entourage immédiat du chef de l’Etat.
Le prix des hydrocarbures demeure exorbitant malgré la baisse, de deux tiers, enregistrée dans les cours mondiaux du pétrole ; le pouvoir fait fi de l’impact évident du prix des hydrocarbures sur les biens et services.
La paupérisation massive que l’on constate sur toute l’étendue du territoire national et l’absence d’une volonté politique réelle d’y faire face ne peuvent que conduire à l’accroissement du taux de pauvreté dans le pays, faisant ainsi voler en éclats le slogan du « Président des pauvres » dont se targuait, non sans un voile d’ironie, Mohamed O. Abdel Aziz
Sur le plan environnemental, si le long cycle de sècheresse qui a frappé et frappe encore la zone sahélienne a conduit – en partie – à la disparition dans notre pays d’espèces telles les autruches, les antilopes, les cerfs et chevreuils, les éléphants, les lions, une entreprise méthodique de destruction de la faune et de la flore est entreprise par le déboisage systématique, la sape des projets de ceintures vertes notamment celle de Nouakchott, le braconnage exercé en toute impunité et la pêche d’espèces prohibées.
Après avoir décimé le petit gibier, des milieux nantis s’adonnent, dans l’indifférence des pouvoirs publics, à la chasse au chacal – dont la viande serait prisée dans ces milieux – exposant notre pays à des épidémies analogues à celle d’Ebola. Le Code de l’environnement et celui de l’hygiène restent lettre morte.
C’est dans cette situation que résident les racines de la grave détérioration de la situation sécuritaire, du développement du narcotrafic, de la banalisation des meurtres et des viols qui se perpètrent au quotidien, de la présence de milliers de jeunes diplômés, en chômage, vivants dans le désespoir et n’ayant comme perspective que l’émigration ou parfois, pire encore, l’enrôlement dans des organisations terroristes qui s’installent à nos frontières et menacent notre sécurité nationale.
Il est certain que les pratiques de Mohamed O. Abdel Aziz, son exercice solitaire du pouvoir, sa vision patrimoniale de l’Etat, de ses potentialités et de ses ressources, qu’il considère comme sa propriété personnelle, conduisent à une dilapidation à grande échelle des deniers publics, inédite dans notre pays, se chiffrant à des dizaines de milliards d’ouguiya.
Soustraction de montants faramineux du trésor public ou des sociétés à capitaux publics, par l’entremise de banques en état de cessation de paiement, détournements des biens d’entreprises d’Etat dont la gestion est volontairement confiée à de simples marionnettes…, il est fait recours à tous les procédés de malversation.
La spoliation du domaine public de l’Etat n’émeut plus personne ; le domaine de l’Ecole de Police, celui du stade olympique ou encore des casernes militaires, rien n’est épargné…
Cette campagne pourrait bientôt s’étendre aux propriétés privées comme le marché de la capitale. Les scandales financiers se font jour dans l’impunité totale, à l’instar de celui avoué, publiquement, par l’actuel maire de Zouerate dont la proximité avec Mohamed O. Abdel Aziz est notoire.
Il est écœurant de constater qu’à la suite de ces déclarations aucune information judiciaire ne soit ouverte et que l’intéressé se voit promu président de la ligue des maires de Mauritanie ! Dans ce contexte, le mot d’ordre de « la lutte contre la gabegie » est vidé, par les faits têtus, de toute sa substance et devient, tout simplement, la risée de tous…
L’état de déliquescence dans lequel se trouve le service public judiciaire, la défiance des justiciables par rapports aux décisions des juges sont, hélas, d’une évidence qui crèvent les yeux. L’administration publique est incapable d’assurer les missions essentielles de l’Etat.
Ses postes vitaux et échelons sensibles sont confiés à des personnes nommées sur la base de leur seule allégeance personnelle à Mohamed O. Abdel Aziz, n’ayant, dans leur grande majorité, aucune compétence, ni expérience et, encore moins, la probité morale requise pour assumer de telles fonctions. Les fonctionnaires, ayant reçu la formation professionnelle et acquis l’expérience, sont, pour la plupart, mis à la marge et n’exercent plus.
Cette situation est d’autant plus inquiétante que les institutions dites constitutionnelles, disposant de mécanismes juridiques leur permettant d’y faire face, sont décrédibilisés et incapables de prendre toute initiative.
Censés être l’expression de la volontaire populaire et issus d’élections libres et transparentes, la Présidence de la République et le Parlement ne sont, en réalité, que les produits d’opérations de fraude massive, d’achat de consciences et d’exploitation abusive de deniers publics.
Le jugement rendu récemment par un tribunal de Londres, condamnant la société Smith & Ouzman pour avoir versé des pots-de-vin aux responsables mauritaniens chargés de la préparation du matériel électoral, est à cet égard révélateur.
Les autres institutions comme le conseil constitutionnel, le conseil économique et social, le haut conseil islamique, le conseil islamique pour la fatwa et les doléances, l’observatoire des élections sont des coquilles vides dont la seule finalité est de justifier l’octroi de postes juteux à ceux qui se soumettent à la volonté du pouvoir.
Ainsi, au lieu de nommer des personnes sur la base de leur compétence, de leur probité morale, de leur sens élevée de la chose publique, de leur dévouement au service de l’Etat et de la Collectivité nationale, le pouvoir choisit ceux qui acceptent de renoncer à toute valeur morale contre des subsides. Dans cette logique, les postes de président de conseil d’administration dans toutes les entités publiques sont désormais réservés exclusivement aux notables à la retraite.
La conjugaison de tous ces facteurs a fini par discréditer notre pays auprès des opérateurs économiques qui, perdant toute confiance en nos institutions, renonce les uns après les autres à y investir. C’est le cas des sociétés Tullow Oil, Xstrata et Tom Brown. D’autres opérateurs ont eu même recours à l’arbitrage international ou devant les tribunaux nationaux contre l’Etat mauritanien, comme les sociétés Bumi, BB Energy, Pizzorno et bien d’autres.
Devant ces défis majeurs qui menacent l’existence même du pays et la pérennité de l’Etat sur son territoire, le RFD :
– Salue l’engagement constant de ses militants et apprécie les sacrifices énormes qu’ils n’ont cessé de consentir au service de la patrie ;
– Loue l’action du Forum National pour la Démocratie et l’Unité qui s’attèle à unir et à mobiliser les mauritaniens pour parvenir à un changement démocratique et pacifique permettant de rompre, définitivement, avec la gabegie ;
– Rappelle que le salut ne pourra être que dans l’unité nationale et que pour y parvenir il est urgent de mettre un terme aux énormes disparités sociales en édifiant un Etat démocratique, fort, respectueux des valeurs islamiques véritables, gouverné par des hommes dévoués, intègres, à l’abri de toute corruption matérielle ou morale quelle qu’en soit l’origine ;
– lance un appel à l’ensemble du Peuple mauritanien et à ses forces vives pour s’unir, en vue de réaliser cet objectif suprême par la lutte opiniâtre, démocratique et pacifique.

Source : Communication RFD

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