RFD et UPR :Le combat des titans…

aziz-dadaC’est désormais la guerre ouverte entre le RFD et l’UPR. En réaction au pamphlet publié la semaine dernière par le parti d’Ahmed Ould Daddah contre le président Ould Abdel Aziz et son gouvernement, l’UPRn’est pas allé avec le dos de la cuillère.

En plus de déclarations intempestives contre son vis-à-vis, publiées par voie de presse et par courriers à l’opinion nationale et internationale, voilà qu’elle se prépare à investir le pays pour porter à l’attention des populations sa réplique qui soutient en substance qu’il s’agit là du cri vain d’une formation politique « désespérée, jalouse et qui bat de l’aile ».

La scène politique mauritanienne s’enflamme. Après les vacances hivernales marquées par un profond marasme de l’échiquier politique, voilà que le débat reprend ses droits. Cette fois avec une virulence de propos jamais égalée entre les protagonistes !

Tout a commencé par une déclaration publiée il y a une semaine, jour pour jour, par le RFD d’Ahmed Ould Daddah qui se penche sur la gestion économique du pays depuis le coup d’état du 06 août 2008. Dans cette note largement diffusée dans les médias, au sein de l’opinion publique et dans les réseaux sociaux, le RFD décrit une réalité qui se caractérise par « une pauvreté endémique, une flambée vertigineuse des prix, une étatisation poussée et anarchique de l’économie, et une forte dégradation du climat des affaires.

Le constat

Pour le RFD, la situation économique nationale est « incompréhensible d’autant plus que le pays a bénéficié d’importantes ressources financières au cours des dernières années.

El le parti de rappeler « les revenus enregistrés au cours de la période 2010/2014 notamment un montant global de 17,24 milliards de dollars us, dont 12,049 milliards de dollars de recettes d’exportations, 3,729 milliards de dollars d’Investissements Directs Étrangers (IDE) et 1,462 milliards de dollars de financements extérieurs.

« Un plafond historique ! » selon le RFD qui a fait ressortir que durant la même période, « les ressources budgétaires de l’Etat ont atteint un montant cumulé de 1897,6 milliards d’ouguiyas ».

Et le RFD de s’interroger sur la destination de toutes ces ressources financières, non sans trouver la réponse à ses questions : pour le parti de Ahmed Ould Daddah, les seuls bénéficiaires sont le président Ould Abdel Aziz, son entourage familial et ses soutiens.

Selon ce parti, ce mouvement d’enrichissement est le pire jamais enregistré dans le pays puisqu’en même temps qu’il coopte une minorité, il a appauvri le peuple non sans éjecter au passage, de l’activité économique du pays les milieux d’affaires, dont certains ont grandement contribué à l’œuvre de construction nationale depuis l’indépendance.

Un appauvrissement fait sciemment qui a consisté à « la mise en place d’un matraquage fiscal ciblé rendant l’exercice toute activité privée nationale ou étrangère périlleuse et engendrant la délocalisation des activités des entreprises et la fuite des capitaux ».

Le parti d’Ahmed Ould Daddah précise en fin que le pays vit une catastrophe économique sans précédent et que l’écroulement est proche, justifiant cela essentiellement par le recul du niveau de développement du pays en 2015 à 2% et la chute des recettes fiscales.

Réponse du berger à la bergère

L’UPR n’a pas trop attendu pour réagir. D’abord ce fut par la voix du ministre porte parole du gouvernement qui s’et d’emblée saisi de la question, soulignant en substance que le pays ne vit pas de crise économique particulière, mieux que « le pays va dans le meilleur des mondes possibles ».

L’intervenant qui a estimé il y a six jours que le document du RFD » n’a rien apporté de nouveau » juge au contraire que son seul objectif est de chercher « à brouiller l’opinion publique nationale et de détourner son attention ». Et le ministre de présenter un répertoire des acquis du pouvoir en place : les centrales électriques réalisées, le magnifique aéroport international de Nouakchott Oumtounsy, les hôpitaux équipés de haute technologie et la prometteuse Zone Franche deNouadhibou.

Dans on point de presse de jeudi dernier, le ministre porte parole du gouvernement est de nouveau revenu sur la question. S’inscrivant en faux contre l’accusation népotiste faite par le RFD au Président Ould Abdel Aziz dans son document, l’intervenant s’est demandé, qui sont ces proches du Chef de l’Etat, qui se sont enrichis et certains s’étant vus la mission de construire l’aéroport, les réseaux routiers, les hôpitaux …

Le coup d’envoi était manifestement donné, pur une campagne inédite qui veut des plus agressives contre le RFD ! Lors de la conférence de presse tenue dans la foulée, l’UPR va qualifier le document du RFD « d’acte de propagande visant à justifier le siège vide et l’absence de toutes les activités de ses auteurs » Pour l’UPR, « il n’y a de crise dans le pays que ce que les camarades d’Ahmed Ould Daddah gardent dans leur esprit.

La crise n’est autre que celle des leaders du RFD dont les comportements, le style et les souhaits sont commandés par un mélange de peurs de haine et d’égoïsme ». « Contrairement à ce qu’affirment les leaders de ce part, dira le président du RPR, le pays connait plutôt une embellie économique toute particulière.

Pour preuve, « les indicateurs économiques des institutions internationales spécialisées annoncent le développement économique pour l’année en cours à plus de 4%. Dans le même temps il est prévu une chute du déficit budgétaire à moins 1% ».

Le week-end durant, les médias audiovisuels ont été investis par les défenseurs du pouvoir qui ne ménagent aucun effort pour dénoncer les faits portés par le communiqué du RFD. La semaine durant, cette campagne dite d’explication, devrait se poursuivre aussi bien dans la presse qu’à l’intérieur du pays où les fédéraux du RPR devraient assurer le relais.

Il s’agit pour le parti d’occuper toute la scène politique aux fins de « démentir » son vis-à-vis. Déjà, on soupçonne que tous les moyens seraient utilisés pour parvenir à cet objectif qui consisterait in fine, à « détruire » le parti d’Ahmed Ould Daddah, considéré comme la formation qui gêne le plus le pouvoir de Ould Abdel Aziz. En témoigne les dernières accusations portées par l’UPR contre des « fortunes qui financeraient le RFD »

Y a -t-il de fumée sans feu ?

Il faut reconnaître que la déclaration du RFD a profondément bouleversé l’UPR qui ne se donne depuis, plus de répit. Un acharnement dans l’ouvrage qui a amené d’aucuns à se poser la question « qu’est-ce que a donc piqué un pouvoir habitué au mutisme et à une banalisation des critiques, à une telle réaction ? »
Les interrogations ont ainsi nombreuses qui consistent à trouver les explications d’un tel état de fait: est-ce pour refaire son retard dans sa réplique, un retard qui a permis au communiqué du RFD d’avoir été largement partagé, finissant par avoir un impact certain sur les populations qui ont semblé trouver dans l’analyse de ce parti, les raisons de leur difficile quotidien , que l’UPR a sorti ses gongs ?

Est-ce du fait de l’écho favorable que cette déclaration a eu au niveau de la grande masse des populations, des partenaires internationaux et des chancelleries étrangères ? Est-ce plutôt parce que la description de la situation faite par le RFD a été exagérée et qu’il faudrait pour se faire, lui apporter la plus virulente des réactions ? Pour nombre d’observateurs, l’agressivité sans précédent de l’UPRn’est pas fortuite. Le parti – comme le régime- qui est loin de bénéficier d’une situation favorable du fait de la situation de détresse des ménages, ne compte pas s’arrêter à mi-chemin. La guerre est annoncée. Adieu donc le dialogue.

MOMS

Source : L’Authentique

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