Rôle des médias en période électorale : Se former d’abord!


Quel rôle pour les médias en période électorale ? Au-delà de l’invite lancée par la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (Hapa) pour situer les responsabilités, dans une telle atmosphère de libre jeu démocratique, à l’occasion d’un atelier organisé les 5 et 6 décembre 2012, la thématique a fait ressortir d’énormes défis de professionnalisation et de crédibilité des acteurs des médias nationaux.

L’heure n’était certainement pas au mea-culpa de la part d’une presse qui se cherche encore dans un environnement -paradoxalement -des plus propices depuis l’indépendance du pays avec la libéralisation effective de l’audiovisuel. Outre son importance dans un système qui se veut démocratique, à la faveur des réformes politiques engagées, les médias mauritaniens restent cependant un couteau à double tranchants du fait d’une diversité qui a gangrené le secteur. Et ceci est particulièrement valable en période électorale où le rôle de ce quatrième pouvoir est cité comme crucial dans l’observation de la transparence des scrutins.

Un atelier à point nommé !

Organisé par la Hapa, avec l’appui du Programme des Nations-Unies pour le développement, l’atelier a tenu ses promesses sur l’importance voire l’urgence de la régulation dans un secteur totalement extraverti ou l’autorégulation n’est pas toujours à l’heure. Une urgence qui n’échappe pas au président de la Hapa qui souligne que:  » ce séminaire, nous le voulons avant tout un forum qui nous aidera tous, régulateurs, médias publics et privés, journalistes, à répondre à des questions pratiques qui se poseront à nous à tout instant, et aussi à une meilleur compréhension de notre rôle et de l’action que nous devrons mener ». Le même souci est partagé par la représentante du système des N.U qui précise, que l’importance de qualité et de l’exactitude des informations fournies en de telles circonstances, que » le thème retenu (…) illustre à mon avis la volonté et le besoin d’impliquer les journalistes (…) des témoins privilégiés et des observateurs perspicaces ». L’atelier organisé par la Hapa se voulait donc une contribution à sensibiliser les médias publics et privés sur leur rôle en période électorale. Ceci est d’autant plus nécessaire que le contrôle et l’impartialité entre les belligérants, surtout au niveau des médias publics, ont toujours été égrenés en termes d’égalité de temps de paroles pendant les consultations électorales. Mais ce défi est aujourd’hui accentué par l’émergence de nouvelles stations radios et télévisions privées dans notre espace médiatique mais aussi et surtout par le déficit de formation des journalistes.

Sortir de l’amateurisme, à la professionnalisation

Si donc l’atelier s’inscrit dans la perspective de la couverture médiatique des futures élections, il va sans dire qu’il a permis de mettre à nue le trop plein médiatique qui, non seulement, a noyé une certaine presse dans la diversité réalisée mais il a, par ailleurs, montré combien la formation était indispensable dans un secteur où manquent tous les garde-fous ; où les acteurs sont souvent des amateurs. Une situation exacerbée par l’existence pléthorique de sites électroniques favorisée par la révolution numérique à laquelle notre pays n’a pas échappé.
L’atelier de deux jours nourris par plusieurs exposés sur le code et le processus électoraux, l’expérience sénégalaise en matière de régulation et celle des médias publics lors des précédentes consultations a mis en exergue le revers de la médaille de la libéralisation. «Face au blackout total, nous sommes contraints de créer les faits » lance naïvement, lors des débats, un jeune rédacteur en chef pensant ainsi s’affranchir des difficultés d’accès aux sources. Ceci en dit long de la diversité anarchique servie par la libéralisation. On en viendrait presque à regretter le temps du musèlement où, au moins, la sympathie des lecteurs comblait la tyrannie du Prince. De plus l’expérience de cette libéralisation anarchique et la responsabilité sociale opposée aux médis montrent combien il est tout aussi urgent pour la Hapa de trouver un tamis pour séparer la graine de l’ivraie. Enfin, la dernière libéralisation trahit que de Médias « muselés», les médias se sont transformés en « médias cause-toujours» dont les révélations ne sont jamais prises en compte ni par l’Opposition encore moins par le Pouvoir en place. Cette banalisation repose la question de leur impact dans un système qui se veut démocratique. On est donc encore loin du rôle attendu des médias dans un système démocratique!
Jedna DEIDA

Source : Lequotidien de Nouakchott

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