Sa patronne l’accuse de vol et la justice l’innocente

Une jeune femme de 25 ans, Fatou Athié, a été déferrée au Parquet de la République. Une dame pour laquelle elle travaillait l’a accusée de vol, alors que la bonne était venue réclamer ses deux jours de travail, 1.500 UM.

Tout commence quand Fatou Athié est engagée par une dame de la place. Au départ, les termes du travail étaient arrêtés, cuisine et linge. Mais selon la dame, les choses ne se passèrent pas comme convenu dès le premier jour. La dame l’avait surchargée de travail. Au deuxième jour, elle lui annonce sa décision de quitter.

Elle réclame alors ses deux jours de travail, arrêtés à 1.500 UM. La patronne lui dit revenir le lendemain. Quand la bonne se présenta pour prendre son argent, elle tombe sur des policiers qui l’embarquent au commissariat de Teyarett 3. La jeune femme ne saura ce dont elle est accusée qu’une fois sur place. Là, elle sut que sa patronne l’accusait de lui avoir volé 200.000 UM. La jeune femme faillit sauter sur le cou de la dame qu’elle traita de menteuse, soutenant que tout cela c’est pour éviter de lui payer ses 1.500 UM.

L’affaire est transférée au Parquet. Devant les arguments de la bonne et de la dame, l’un des Substituts du procureur qui traita le dossier demanda à la femme comment la bonne peut-elle retourner à la maison pour récupérer 1.500 UM si elle a déjà 200.000 UM ? Il renvoya la femme de son bureau pour affabulation et lui demanda de payer à la bonne ses deux jours de travail. Le visage inondé de larmes, la bonne qui soutient n’avoir jamais volé de sa vie, déclare qu’elle ne veut plus des 1.500 UM, qu’elle la lui laisse en attendant le Jugement Dernier. Le Substitut classa le dossier sans suite.

A sa sortie, ses proches étaient soulagés, car dans des cas similaires, les bonnes s’en sortent peu. Ils se sont félicités de la droiture et de la clairvoyance du magistrat qui a judicieusement démêlé la bonne graine de l’ivraie dans les déclarations. « C’est ce genre de personne qui nous donne une mauvaise réputation  » déclara un vieux Maure. D’autres soutinrent que la dame devait être envoyée en prison pour diffamation et fausse accusation. Plusieurs cas de bonnes, traînées au Parquet pour vol par leur patronne, se sont achevés avec des fortunes diverses.

Certaines ont été directement jetées en prison, sur le simple témoignage de la plaignante et souvent sans preuves, d’autres s’en sont bien tirées. Comme ce fut le cas de Fatou Diallo, une Sénégalaise de 23 ans que sa patronne avait également accusé de vol pour ne pas lui payer les deux mois de salaire que sa bonne lui réclamait alors qu’elle devait rendre visite ses parents. Elle vivait au domicile de ses employeurs. Le lendemain de sa réclamation, elle fut conduite au commissariat, sa patronne l’ayant accusée d’avoir volé sa montre en or et son portable. La jeune a passé trois jours au commissariat avant d’être déférée au parquet. Mais le Substitut du procureur qui hérita du dossier décela rapidement le mensonge de la plainte et le fit savoir à la patronne. Mieux, il obligea la femme à verser les deux mois de salaires que réclamait la bonne plus des dommages et intérêts. Ce que son avocat lui convaincra d’accepter au cours d’un arrangement à l’amiable.

Le Ghanéen Kofi ne lâche pas prise

L’homme d’affaire ghanéen Prospère Kofi Annan Gally, spoliés de son chargement de poisson par le trio Dia Amadou Saidou, Boudha Ould Brahim et Abdoulaye Traoré est toujours sur son dossier. Son avocat, qui avait désisté, lui a remboursé 170.000 UM sur les 200.000 UM d’honoraire qu’il lui a versé. Il lui a indiqué que les 30.000 UM sont allés dans ses déplacements, ce à quoi Prospère lui a répondu « tu n’a rien fait donc comment tu peux prétendre avoir fait des déplacements ». Puis il s’est adressé à un autre avocat. Ce dernier lui a demandé d’aller voir le Laboratoire d’Inspection Sanitaire, qui avait signé le document par lequel le trio l’avait spolié, et exiger l’invalidité de la note de saisie qui lui a été remise, et qui lui a été signifié verbalement par les responsables.

A sa grande surprise, Prospère trouve sur place les trois individus en question, alors que lors de son passage, les responsables avaient déclaré que ses trois n’ont aucune relation avec le Laboratoire qui ne les connaissait pas. Ce qui fit dire à Prospère qu’il y avait une complicité en l’air. Et de se rappeler que ses trois là se sont présentés à lui alors qu’il venait de charger un camion de poisson séché qu’il allait importer, et lui brandirent une note de saisie à la faveur de laquelle ils emportèrent la cargaison. Ni le maire de Sebkha, encore moins le préfet que les responsables du Laboratoire à l’époque des faits n’avait déclaré être au courant d’une quelconque saisie. Alors, la cargaison est allée où ? continue à se demander Prospère qui écume le Palais de justice et les administrations depuis des mois sans trouver de réponse.

D’ailleurs il affirme que le trio en question lui a signifié qu’il ne peut rien contre eux, d’abord parce qu’il est étranger et qu’il n’a pas droit de faire le commerce de poisson. Ce à quoi, Prospère hors de ses gongs leur a rétorqué : « et les centaines de Mauritaniens qui travaillent dans mon pays, dans le commerce, les affaires…  » Las, Prospère déclare tout de même qu’il ne lâchera pas prise tant qu’il n’ a pas récupéré son bien ou son équivalent. Il est surtout offusqué de voir ses boureaux impunis et nullement inquiets.

Selon des témoignages sur place, là où opèrent quelques étrangers, ce n’est pas la première fois que le groupe fait des coups pareils. Cela se passe toujours à Kouva. Ils se présentent avec une note de saisie, embarque le fautif à la police, le temps de transporter la cargaison, puis retourne souvent demander à ce que leurs victimes soient relâchés.

Cela est arrivé à un Malien du nom de Nouhou Traoré qui a perdu une cargaison de 1.300.000 UM. Un des membres du groupe, Abdallahi Traoré serait ainsi en prison, après avoir dépouillé une Malienne par la même astuce avant d’aller liquider sa saisie à Kaédi. Sur le chemin du retour, il a été épinglé par la gendarmerie qui découvrit dans ses bagages du chanvre indien.

Abou Cissé .

Source: lauthentique


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