Scandale financier: Les autorités judiciaires « marginalisées » par l’armée

Les milieux du pouvoir judiciaire mauritanien se sentent « marginalisés » dans toutes les affaires relatives à l’Armée laquelle est secouée depuis des semaines par un scandale financier portant sur 1.5 millions Euros, selon des sources judiciaires bien informées.

ghazwaniCes sources, s’exprimant sous l’anonymat, se disent inquiètes de la « tradition » consistant à régler ces affaires par « compromis et à huis clos et dans une logique militaire négligeant totalement la justice et des lois en vigueur ».

Toutes les procédures judiciaires pour garantir un procès normal ont été violées dans le scandale récent au sein de la trésorerie de l’Armée, affirment-t-ils.
Ould Khoumani, le jeune commerçant origine du scandale a été arrêté sans aucun mandat et sans aucune accusation. Il n’a fait l’objet d’aucune plainte dûment déposée. De même, pour être enquêté, il a été remis à la Gendarmerie au lieu de la Police.

D’autres arrestations dans le même dossier ont eu lieu, comme celle d’El-Kory Ould Addad, sans que le Parquet soit formellement saisi, affirment ces sources.

Ould Khoumani avait disparu avec l’argent de l’Armée avec avec la complicité de responsables militaires. Lorsqu’il a refusé de le rendre, l’Armée devait déposer une plainte auprès du Parquet et prendre les mesures légales pour l’arrêter. Les responsables militaires complices devaient, eux-aussi, rendre des comptes.
Etant civils et se trouvant à Nouakchott, les prévenus non militaires devaient être arrêtés par la Police et non par la Gendarmerie. Mais, selon ces sources, la marginalisation du Parquet et des juges et de la Police dans l’affaire serait pour couvrir les hautes personnalités militaires mêlées dans le scandale. On voudrait donc garder en secret les contours du scandale quelques soient les violations juridiques résultantes.
Par ailleurs, les sources rappellent que la manière dont a été ce dossier des biens de l’Armée est similaire à celle de l’incident du 13 octobre 2012 dans lequel le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a été gravement blessé par un tir ami selon la version officielle. Cet incident a été clos sans enquête ou suite de procédures judiciaires.

Source : Alakhbar

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