Scène politique : Une CAP déçue et une COD blasée

Tout indique que la parenthèse ouverte après l’incident de Tweila, est en train de se refermer. L’opposition alliée rue dans les brancards et se dit de moins en moins convaincue par la version officielle relative au drame dont le Chef de l’Etat a été victime, alors que l’opposition dite radicale affûte ses armes pour une reprise des hostilités.

En voulant en faire trop, le pouvoir qui avait décidé de livrer en vrac sa version à la télévision nationale, semble avoir mal négocié son scénario. Résultat, le doute sur les véritables circonstances ayant causé les blessures par balles du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, n’a fait que se renforcer.

Selon le président en exercice de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP), Abdessalam Ould Horma, les leaders de ce regroupement de trois partis de l’opposition dite dialoguiste, Sawab, APP et El Wiam, lors d’une réunion tenue en début de semaine, se disent attachés à la proposition de sortie de crise lancée par MessaoudOuld Boulkheïr. La CAP pense ainsi que la solution politique en Mauritanie doit passer par la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Cependant, des divergences de point de vue semblent fissurer la belle entente au sein de la CAP. En effet, certains de ses leaders tiennent au respect des clauses conclues à l’issue du dialogue mené solitairement avec la majorité présidentielle sans leurs autres collègues de l’opposition, en ce qui concerne la tenue d’élections législatives et municipales dans les temps, sous la supervision de la CENI, alors que d’autres demandent le report de ces dites élections jusqu’à la fin de l’enrôlement et avec l’accord de l’ensemble des partis politiques. L’unanimité est par contre grande par rapport à l’incident survenu samedi dernier. Les leaders de la CAP disent en effet douter de la version officielle selon laquelle le président Mohamed Ould Abdel Aziz aurait été blessé par erreur lors de son passage près de la base militaire de Tweïla. Ces couacs dans la belle entente entre les dialoguistes d’hier, la majorité présidentielle et trois formations politiques de l’opposition, augurent ainsi d’une nouvelle redéfinition de la carte politique nationale. Ainsi, cette troisième voie centriste que le leader Boïdiel Ould Houmeïd aime décrire comme celle de « l’opposition responsables  » risque tout simplement d’obliger ses concepteurs à revoir leurs prétentions à la baisse, et revenir dans le camp des irréductibles. Cela d’autant plus que les résultats du dialogue qu’ils avaient conclu avec leurs alliés atypiques de la majorité ne semblent pas avoir tous été appliqués selon la Coordination de l’opposition démocratique (COD) qui préfère elle parler d’un dialogue de compromission qui n’a pas visé l’essentiel.

D’ailleurs, la COD qui avait décidé de geler ses activités politiques jusqu’au prompt rétablissement de Mohamed Ould Abdel Aziz et son retour au pays, semble avoir changé d’avis. Selon des sources proches de cette opposition, les leaders étudieraient actuellement les modalités d’une reprise des activités, sous forme de marches populaires, de sit-in et d’autres formes de protestations pour accélérer la chute pacifique du régime. Le doute de plus en plus grand sur la version officielle relative aux blessures du président Mohamed Ould Abdel Aziz lui fait reprendre encore davantage ses exigences pour une enquête approfondie et crédible sur les circonstances qui entourent ce drame national. L’opposition est surtout inquiète de la panne qui touche aujourd’hui l’ensemble des institutions constitutionnelles du pays.

MOMS

Source : L’authentique


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